D’après Abou Hurayra, qu’Allah l’agrée, le Messager d’Allah – paix et bénédictions d’Allah sur lui – a dit :
« Quiconque prend un chien – sauf un chien destiné au bétail, à la chasse ou aux cultures – verra sa récompense diminuée chaque jour d’un qirât. »
Az-Zouhrî rapporte que l’on fit part à Ibn ‘Umar de la parole d’Abou Hurayra. Il dit alors : « Qu’Allah fasse miséricorde à Abou Hurayra ! Il possédait des terres cultivées. »
La Sunna authentique atteste ainsi qu’il est permis de posséder un chien pour la chasse, les cultures et le bétail. La diminution de la récompense vise celui qui le détient pour un autre usage, soit parce que le chien effraie les musulmans et les importune par ses aboiements, soit parce qu’il empêche les anges d’entrer dans la maison, soit en raison de son impureté – comme l’estime ach-Châfi‘î –, soit encore parce qu’on transgresse la défense de garder ce qui n’apporte aucun profit. Allah est plus savant.
Dans l’une des deux versions du hadith il est dit « deux qirâts », dans l’autre « un qirât ». Cela peut s’expliquer par l’existence de deux types de chiens, l’un plus nuisible que l’autre – ainsi du chien noir que le Prophète, paix sur lui, ordonna de tuer, sans l’inclure dans les exceptions lorsqu’il interdit de les mettre à mort, comme cela est textuellement rapporté dans le hadith de Ḏjâbir consigné dans le Ṣaḥîḥ. Il a dit : « Tuez le noir profond, celui qui porte deux taches, car il est un démon. »
On peut aussi comprendre cette différence par la diversité des lieux : celui qui le tient à Médine ou à La Mecque verrait sa récompense réduite de deux qirâts, ailleurs d’un seul. Quant au chien qu’il est permis de posséder, il n’entraîne aucune diminution, à l’instar du cheval ou du chat. Allah est plus savant.
Troisièmement, pour Mâlik, le chien du bétail dont l’acquisition est licite est celui qui accompagne le troupeau dans les pâturages, non celui qui le garde à la ferme contre les voleurs. Le chien des cultures est celui qui les protège des bêtes sauvages, de nuit ou de jour, et non des voleurs. D’autres qu’Imâm Mâlik ont toutefois autorisé de le prendre aussi contre les voleurs de bétail et de récoltes. Dans la sourate « Al-Mâʾidah » nous avons déjà exposé, louange à Allah, ce qui suffit concernant les règles relatives aux chiens.
Quatrièmement, Ibn ‘Aṭiyya rapporte : « Mon père – qu’Allah l’agrée – m’a raconté avoir entendu Abou l-Faḍl al-Jawharî, dans la grande mosquée d’Égypte, prêcher en l’an 469 de l’Hégire : “Celui qui aime les gens de bien obtient une part de leurs bénédictions ; un chien aima des gens vertueux, les accompagna, et Allah le mentionna dans Son Livre infaillible.” »
Je dis : si certains chiens ont atteint ce rang éminent pour avoir fréquenté et côtoyé les pieux et les saints – au point qu’Allah Très-Haut en informa dans Son Livre glorieux –, que penses-tu alors des croyants monothéistes qui les fréquentent ?