[Sourate al-Kahf (18), versets 17-18]
17 – «Et tu verrais le soleil, lorsqu’il se lève, s’écarter de leur caverne vers la droite, et lorsqu’il se couche, les frôler vers la gauche, tandis qu’eux se trouvent dans un vaste espace en son sein. Voilà bien là des signes d’Allah. Celui qu’Allah guide est assurément le bien-guidé; quant à celui qu’Il égare, tu ne trouveras pour lui aucun allié qui le conduise.»
18 – «Et tu les aurais cru éveillés tandis qu’ils dormaient; Nous les retournions tantôt sur le flanc droit, tantôt sur le flanc gauche, alors que leur chien était étendu les pattes déployées sur le seuil. Si tu les avais observés, tu aurais pris la fuite, saisi d’effroi.»
Parole du Très-Haut : «Et tu verrais le soleil, lorsqu’il se lève, s’écarter de leur caverne vers la droite…»
Autrement dit : ô toi qui es interpellé, si tu avais assisté à la scène, tu aurais vu le soleil, au moment de son lever, se détourner de leur caverne. Le sens est : «Si tu les avais vus, tu les aurais vus ainsi», et non que l’interpellé les aurait réellement vus.
«tatazâwaru» signifie : se déplacer, se détourner, dériver; il provient de l’«izwâr» (inclinaison). «az-zawr» signifie l’inclinaison; «azwar» appliqué à l’œil désigne un regard oblique, et l’on emploie ce terme pour d’autres choses que l’œil, comme l’a dit Ibn Abî Rabî‘a :
«Et mon flanc, par crainte du peuple, se détourne.»
De ce même vocable, ‘Antara a dit :
«Il s’écarte, sous l’impact des lances, avec sa poitrine.»
Dans le hadith relatif à la bataille de Mu’ta, il est rapporté que le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – remarqua que la couche d’Abd-Allah ibn Rawâha était légèrement décalée par rapport à celles de Ja‘far et de Zayd ibn Hârithah.
Les lecteurs des Deux Sanctuaires ainsi qu’Abû ‘Amr ont prononcé «tazzâwar» en assimilant le tâ à la zâ; la forme originelle est «tatâzâwar». Quant à ‘Âsim, Hamzah et al-Kisâ’î, ils ont lu «tatâzâwar» avec zâ légère.