Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Portant des colliers et des bracelets d’or, dotés de longues tresses, ils étaient d’origine byzantine et avaient adopté la religion de ‘Issâ (paix sur lui).
On a toutefois dit qu’ils vécurent avant ‘Issâ ; – Allâh est plus Savant.

Ibn ‘Abbâs rapporte qu’un roi, nommé Diqliyânous, s’imposa un jour à une cité des contrées romaines appelée Afsous – certains disent : Tarsous – ; c’était après l’époque de ‘Issâ (paix sur lui). Il ordonna alors le culte des idoles et enjoignit aux habitants de les adorer. Se trouvaient dans cette ville sept jeunes gens qui adoraient Allâh en secret. Leur affaire fut portée à la connaissance du roi ; craignant pour eux-mêmes, ils prirent la fuite de nuit.

Ils passèrent près d’un berger accompagné de son chien ; celui-ci les suivit, et tous se réfugièrent dans la caverne. Le roi les poursuivit jusqu’à l’entrée de la grotte ; il trouva la trace de leur entrée mais aucune trace de sortie. Ses hommes y pénétrèrent, mais Allâh leur voile la vue ; ils ne virent rien. Alors le roi ordonna : « Obstruez-leur l’ouverture du gouffre, qu’ils y périssent de faim et de soif ».

Mujâhid rapporte également d’après Ibn ‘Abbâs que ces jeunes gens vivaient sous l’autorité d’un roi idolâtre qui sacrifiait à ses statues et reniait Allâh ; les habitants de la ville l’avaient suivi dans ces pratiques. Les jeunes, ayant reçu la science d’un des disciples de ‘Issâ – selon le récit d’an-Naqqâch – ou de croyants antérieurs, crurent en Allâh. Par la clairvoyance de leurs cœurs, ils discernèrent la laideur des actes de leur peuple et s’obligèrent à la fidélité à la religion et à l’adoration d’Allâh.

Leur cas fut dénoncé au roi : « Ils ont quitté ta religion, méprisé tes divinités et les ont reniées ». Le roi les fit comparaître à son tribunal, leur intima l’ordre d’embrasser sa croyance, de sacrifier à ses idoles, et les menaça de mort s’ils persistaient.

Ils lui répondirent, ainsi qu’il est rapporté : « Notre Seigneur est le Seigneur des cieux et de la terre…» jusqu’à la parole divine : « Et lorsque vous vous serez éloignés d’eux… ». Il est aussi dit qu’ils tinrent un propos de même teneur, sans être exactement ces mots.

Le roi leur dit : « Vous n’êtes que de jeunes novices sans jugement. Je ne veux point me hâter ; je vous accorde un délai. Retournez à vos demeures, réfléchissez, puis revenez vers mon ordre ». Il leur fixa donc un terme précis.

Pendant ce répit, les jeunes se consultèrent sur la fuite pour préserver leur foi. L’un d’eux dit : « Je connais, dans telle montagne, une caverne où mon père enfermait son troupeau ; allons-y et cachons-nous jusqu’à ce qu’Allâh nous ouvre une issue ». Ils sortirent – rapporte-t-on – jouant au mail et à la balle, qu’ils roulaient dans la direction de leur chemin afin de ne pas éveiller les soupçons. D’après une autre version, ils étaient de noble éducation ; à l’occasion d’une fête, ils montèrent à cheval au milieu des gens, puis s’adonnèrent au jeu du polo jusqu’à pouvoir s’esquiver.

Wahb ibn Munabbih rapporte encore que le début de leur histoire remonte à l’arrivée, dans leur ville, d’un disciple de ‘Issâ ibn Maryam. Voulant y entrer, il se loua auprès du propriétaire d’un bain public où il travailla. Ce dernier constata dans son œuvre une bénédiction immense.

مُطَوَّقِينَ مُسَوَّرِينَ بِالذَّهَبِ ذَوِي «١» ذَوَائِبَ، وَهُمْ مِنَ الرُّومِ وَاتَّبَعُوا دِينَ عِيسَى. وَقِيلَ: كَانُوا قَبْلَ عِيسَى، وَاللَّهُ أَعْلَمُ. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: إِنَّ مَلِكًا مِنَ الْمُلُوكِ يُقَالُ لَهُ دِقْيَانُوسُ ظَهَرَ عَلَى مَدِينَةٍ مِنْ مَدَائِنِ الرُّومِ يُقَالُ لَهَا أَفْسُوسُ. وَقِيلَ هِيَ طَرَسُوسُ وَكَانَ بَعْدَ زَمَنِ عِيسَى عَلَيْهِ السَّلَامُ فَأَمَرَ بِعِبَادَةِ الْأَصْنَامِ فَدَعَا أَهْلَهَا إِلَى عِبَادَةِ الْأَصْنَامِ، وَكَانَ بِهَا سَبْعَةُ أحداث يعبدون سِرًّا، فَرُفِعَ خَبَرُهُمْ إِلَى الْمَلِكِ وَخَافُوهُ فَهَرَبُوا لَيْلًا، وَمَرُّوا بِرَاعٍ مَعَهُ كَلْبٌ فَتَبِعَهُمْ فَأَوَوْا إِلَى الْكَهْفِ فَتَبِعَهُمُ الْمَلِكُ إِلَى فَمِ الْغَارِ، فَوَجَدَ أَثَرَ دُخُولِهِمْ وَلَمْ يَجِدْ أَثَرَ خُرُوجِهِمْ، فَدَخَلُوا فَأَعْمَى اللَّهُ أَبْصَارَهُمْ فَلَمْ يَرَوْا شَيْئًا، فَقَالَ الْمَلِكُ: سُدُّوا عَلَيْهِمْ بَابَ الْغَارِ حَتَّى يَمُوتُوا فِيهِ جُوعًا وَعَطَشًا. وَرَوَى مُجَاهِدٌ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ أَيْضًا أَنَّ هَؤُلَاءِ الْفِتْيَةَ كَانُوا فِي دِينِ مَلِكٍ يَعْبُدُ الْأَصْنَامَ وَيَذْبَحُ لَهَا وَيَكْفُرُ بِاللَّهِ، وَقَدْ تَابَعَهُ عَلَى ذَلِكَ أَهْلُ الْمَدِينَةِ، فَوَقَعَ لِلْفِتْيَةِ عِلْمٌ مِنْ بَعْضِ الْحَوَارِيِّينَ- حَسْبَمَا ذَكَرَ النَّقَّاشُ أَوْ مِنْ مُؤْمِنِي الْأُمَمِ قَبْلَهُمْ- فَآمَنُوا بِاللَّهِ وَرَأَوْا بِبَصَائِرِهِمْ قَبِيحَ فِعْلِ النَّاسِ، فَأَخَذُوا نُفُوسَهُمْ بِالْتِزَامِ الدِّينِ وَعِبَادَةِ اللَّهِ، فرفع أمرهم إلى الملك وقيل لي: إِنَّهُمْ قَدْ فَارَقُوا دِينَكَ وَاسْتَخَفُّوا آلِهَتَكَ وَكَفَرُوا بِهَا، فَاسْتَحْضَرَهُمُ الْمَلِكُ إِلَى «٢» مَجْلِسِهِ وَأَمَرَهُمْ بِاتِّبَاعِ دِينِهِ وَالذَّبْحِ لِآلِهَتِهِ، وَتَوَعَّدَهُمْ عَلَى فِرَاقِ ذَلِكَ بِالْقَتْلِ، فَقَالُوا لَهُ فِيمَا رُوِيَ: " رَبُّنا رَبُّ السَّماواتِ وَالْأَرْضِ-" إِلَى قَوْلِهِ- " وَإِذِ اعْتَزَلْتُمُوهُمْ" . وَرُوِيَ أَنَّهُمْ قَالُوا نَحْوَ هَذَا الْكَلَامِ وَلَيْسَ بِهِ، فَقَالَ لَهُمُ الْمَلِكُ: إِنَّكُمْ شُبَّانٌ أَغْمَارٌ لَا عُقُولَ لَكُمْ، وَأَنَا لَا أَعْجَلُ بِكُمْ بَلْ أَسْتَأْنِي فَاذْهَبُوا إِلَى مَنَازِلِكُمْ وَدَبِّرُوا رَأْيَكُمْ وَارْجِعُوا إِلَى أَمْرِي، وَضَرَبَ لَهُمْ فِي ذَلِكَ أَجَلًا، ثُمَّ إِنَّهُ خِلَالَ الْأَجَلِ فَتَشَاوَرَ الْفِتْيَةُ فِي الْهُرُوبِ بِأَدْيَانِهِمْ، فَقَالَ لَهُمْ أَحَدُهُمْ: إِنِّي أَعْرِفُ كَهْفًا فِي جَبَلِ كَذَا، وَكَانَ أَبِي يُدْخِلُ فِيهِ غَنَمَهُ فَلْنَذْهَبْ فَلْنَخْتَفِ فِيهِ حَتَّى يَفْتَحَ اللَّهُ لَنَا، فَخَرَجُوا فِيمَا رُوِيَ يَلْعَبُونَ بِالصَّوْلَجَانِ وَالْكُرَةِ، وَهُمْ يُدَحْرِجُونَهَا إِلَى نَحْوِ طَرِيقِهِمْ لِئَلَّا يَشْعُرَ النَّاسُ بِهِمْ. وَرُوِيَ أَنَّهُمْ كَانُوا مُثَقَّفِينَ فَحَضَرَ عِيدٌ خَرَجُوا إِلَيْهِ فَرَكِبُوا فِي جُمْلَةِ النَّاسِ، ثُمَّ أَخَذُوا بِاللَّعِبِ بِالصَّوْلَجَانِ حَتَّى خَلَصُوا بِذَلِكَ. وَرَوَى وَهْبُ بْنُ مُنَبِّهٍ أَنَّ أَوَّلَ أمرهم إنما كان حوارى لعيسى بن مَرْيَمَ جَاءَ إِلَى مَدِينَةِ أَصْحَابِ الْكَهْفِ يُرِيدُ دُخُولَهَا، فَأَجَّرَ نَفْسَهُ مِنْ صَاحِبِ الْحَمَّامِ وَكَانَ يَعْمَلُ فِيهِ، فَرَأَى صَاحِبُ الْحَمَّامِ فِي أَعْمَالِهِ بركة. عظيمة،
(١). في ج هامش: حتى رؤسهم. (٢). في ج: في مجلسه.

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