D’autres jeunes gens – à qui advint ce qui advint aux Compagnons de la Caverne –, et Allah est plus Savant.
On a dit : « ar-Raqîm » est une vallée située avant la Palestine dans laquelle se trouve la Caverne ; le mot est tiré de « raqmat al-wâdî », c’est-à-dire l’endroit où se tient l’eau.
On dit encore : « Prends la direction de “ar-Raqma” et délaisse “aṣ-Ṣifah” » – propos rapporté par al-Ghaznawî.
Ibn ʿAṭiyya a déclaré : « Au Shâm, selon ce que m’ont rapporté de nombreuses personnes, il existe une Caverne renfermant des morts ; ceux qui demeurent à proximité prétendent qu’il s’agit des Compagnons de la Caverne. Sur l’emplacement s’élèvent une mosquée et un bâtiment appelé “ar-Raqîm”, et l’on y voit un chien réduit à l’état de débris.
En Andalousie, dans la région de Grenade, non loin d’un village nommé Lawsha, se trouve également une caverne contenant des morts auprès desquels gît un chien, réduit lui aussi à l’état de dépouille. La plupart des corps sont entièrement dénués de chair, tandis que certains demeurent encore intacts. Les siècles précédents se sont écoulés et nous n’avons trouvé aucun vestige de science qui renseigne sur leur affaire.
Certaines personnes prétendent pourtant qu’ils seraient les Compagnons de la Caverne ; je suis entré chez eux et les ai vus en l’an 504 H : ils étaient dans cet état, une mosquée avait été édifiée au-dessus d’eux, et non loin de là s’élevait une construction romaine nommée “ar-Raqîm”, sorte de palais délabré dont subsistent quelques murs, perdue dans une plaine désertique ravagée.
Dans la partie haute de Grenade, du côté de la qibla, on aperçoit les vestiges d’une antique cité romaine appelée “Madînat Daqyûs”, où nous avons rencontré d’étranges reliques, telles que des tombes et autres.
J’ai dit : ce qu’il rapporte de ce qu’il a vu en Andalousie concerne en réalité d’autres personnes, car Allah – Très-Haut – dit à propos des Compagnons de la Caverne : « Si tu les avais aperçus, tu te serais certainement enfui d’eux en tournant le dos et tu aurais été rempli d’effroi à leur sujet » (18/18).
Ibn ʿAbbâs dit d’ailleurs à Muʿâwiya, lorsque celui-ci voulut les voir : « Allah a empêché quelqu’un de meilleur que toi de le faire », comme on le verra à la fin du récit.
Mujâhid, au sujet de la parole divine : « Étaient-ils, parmi Nos signes, une chose étonnante ? » a dit : « Ils constituent certes une chose étonnante. » C’est ce qu’a rapporté Ibn Jurayj de lui, considérant qu’il s’agit d’un reproche adressé au Prophète – que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui – pour avoir trouvé leur histoire étonnante. Ibn Najîh l’a aussi rapporté de lui en disant : « Il veut dire : ils ne sont pas le plus étonnant de Nos signes. »
Sourate al-Kahf (18), verset 10 :
« Lorsque les jeunes gens se réfugièrent dans la caverne, ils dirent : “Ô notre Seigneur, accorde-nous de Ta part une miséricorde et dispose pour nous, en notre affaire, la droiture.” »
Il y a dans ce passage trois questions :
Premièrement – Sa parole, Exalté soit-Il : (Lorsque les jeunes gens se réfugièrent dans la caverne).
Il est rapporté qu’ils étaient les fils des notables de la cité de Daqyûs, le roi idolâtre – on dit également Daqlûs ou Daqniyûs –, et l’on a transmis qu’ils