Parmi ces interprétations :
Mujâhid a dit : « ar-Raqîm est une vallée. »
As-Suddi a dit : « ar-Raqîm est le rocher qui se trouvait à l’entrée de la caverne. »
Ibn Zayd a dit : « ar-Raqîm est un écrit dont Allâh nous a caché la réalité et dont Il ne nous a pas exposé l’histoire. »
Un autre groupe a affirmé : « ar-Raqîm est un texte gravé sur une tablette de cuivre. »
Ibn ʿAbbâs a déclaré : « Il s’agit d’une tablette de plomb sur laquelle le peuple mécréant – dont les jeunes gens se sont enfuis – a consigné leur récit et en a fait une sorte de chronique : ils y ont mentionné la date de leur disparition, leur nombre et l’identité de chacun d’eux. » De même, les lecteurs (al-qurrâʾ) ont dit : « ar-Raqîm est une tablette de plomb où furent inscrits leurs noms, leurs lignées, leur religion et ceux dont ils avaient fui. »
Ibn ʿAtiyya commente : « Il ressort de ces récits qu’ils étaient un peuple qui consignait les évènements, ce qui reflète la noblesse de leur royaume et constitue une pratique utile. Tous ces avis se rattachent à la racine “raqama” (inscrire) dont dérive l’expression : “kitâbun marqûm” (un livre inscrit). De là provient aussi le terme al-Arqam, parce qu’on y trace des lignes, ainsi que l’expression “raqmat al-wâdî” qui désigne le lit sinueux où coule l’eau. Les propos rapportés de Ibn ʿAbbâs ne se contredisent donc pas : la première opinion, il l’avait entendue de Kaʿb, tandis que la seconde peut provenir d’une information qu’il apprit par la suite au sujet d’ar-Raqîm. »
Saʿîd ibn Jubayr rapporte également de lui : « Ibn ʿAbbâs mentionna les Compagnons de la Caverne en ces termes : les jeunes gens disparurent ; leurs proches les cherchèrent sans les retrouver et l’affaire parvint au roi qui déclara : “Il leur arrivera sûrement un événement.” Il fit alors venir une tablette de plomb, y inscrivit leurs noms et la déposa dans son trésor. Cette tablette est ce qu’on appelle ar-Raqîm. »
On a dit encore : « Deux croyants se trouvaient dans le palais du roi ; ils écrivirent l’histoire des jeunes gens, leurs noms et leurs généalogies sur une tablette de plomb, la placèrent dans un coffret de cuivre qu’ils insérèrent dans l’édifice ; Allâh est plus savant. »
D’après une autre version attribuée à Ibn ʿAbbâs : « ar-Raqîm est un écrit inscrit contenant la législation à laquelle ils s’étaient attachés de la religion de ʿÎsâ – paix sur lui. »
An-Naqqâsh rapporte de Qatâdah : « ar-Raqîm désigne leurs pièces d’argent. »
Anas ibn Mâlik et ash-Shaʿbî ont dit : « ar-Raqîm est leur chien. »
ʿIkrimah a dit : « ar-Raqîm est l’encrier. »
On a également dit : « ar-Raqîm est une tablette d’or placée sous le mur que Khadir a redressé. »
D’autres ont affirmé : « ar-Raqîm désigne les compagnons de la grotte dont l’entrée fut obstruée par un rocher, et chacun d’eux mentionna alors l’œuvre pie la plus sincère qu’il avait accomplie. »
Je (l’auteur) dis : ce récit est bien connu et authentique, rapporté par les deux Ṣaḥîḥs, et c’est l’opinion qu’a retenue al-Bukhârî.
Un groupe a encore déclaré : « Allâh a informé (dans le Coran) au sujet des Compagnons de la Caverne mais n’a rien mentionné concernant les Compagnons d’ar-Raqîm. »
Ad-Ḍaḥḥâk a dit : « ar-Raqîm est une localité chez les Byzantins ; on y trouve une grotte contenant vingt-et-une personnes qui semblent endormies, disposées comme les Compagnons de la Caverne ; selon cette opinion, il s’agirait donc d’eux… »