Premièrement – Sa parole – qu’Il soit exalté : « Nous avons certes placé ce qui est sur la terre comme parure pour elle. »
Le terme « mâ » ainsi que « zînah » y jouent tous deux le rôle de compléments d’objet. La parure comprend tout ce qui se trouve à la surface de la terre ; c’est donc une formulation générale puisqu’elle renvoie à Celui qui l’a créée.
Ibn Jubayr rapporte d’après Ibn ‘Abbâs qu’il entend par « parure » les hommes, propos confirmé par Mujâhid. ‘Ikrimah rapporte, toujours d’après Ibn ‘Abbâs, que la parure désigne les califes et les gouverneurs. Ibn Abî Najîh rapporte de Mujâhid, d’après Ibn ‘Abbâs, au sujet de la parole du Très-Haut : « Nous avons placé ce qui est sur la terre comme parure pour elle », qu’il s’agit des savants, véritables parure de la terre.
Un autre groupe a dit : la parure renvoie aux troupeaux, aux vêtements, aux fruits, à la verdure, aux eaux et à tout ce qui, de ce genre, présente un aspect d’ornement ; n’entrent pas dans cette catégorie les montagnes abruptes ni tout ce qui n’a rien d’ornemental, tels les serpents et les scorpions. L’avis le plus fondé demeure cependant l’interprétation englobante, à savoir que tout ce qui se trouve sur terre possède une part de parure du fait même de sa création, de sa confection et de la perfection qu’Allah y a mise.
Ce verset constitue pour le Prophète – paix et bénédictions sur lui – une ample consolation : « Ne te préoccupe donc pas, ô Muhammad, du bas-monde et de ceux qui l’habitent. Nous n’avons disposé tout cela que comme épreuve et examen pour ses gens : les uns méditent et croient, les autres mécroient. Puis, au Jour de la Résurrection, tout cela sera placé devant eux ; ne sois donc pas impressionné par leur mécréance, car Nous les rétribuerons. »
Deuxièmement –
Le sens de ce verset se comprend à la lumière de la parole du Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui : « Le bas-monde est verdoyant et doux ; Allah va vous y établir comme successeurs et observer comment vous agirez. » Et encore : « Ce que je crains le plus pour vous, c’est ce qu’Allah fera surgir pour vous des fleurs de la vie d’ici-bas. » – On demanda : « Quelles sont les fleurs de la vie d’ici-bas ? » – Il répondit : « Les bénédictions de la terre. » Ces deux hadiths ont été rapportés par Muslim d’après Abû Sa‘îd al-Khudrî.
Le sens en est que la vie d’ici-bas est agréable au goût et séduisante à la vue, semblable à un fruit délicieux et plaisant à regarder. Allah y éprouve Ses serviteurs afin de voir lequel d’entre eux est le meilleur en œuvres, c’est-à-dire le plus détaché d’elle et le plus enclin à l’abandonner. Or, les serviteurs ne sauraient se détourner de ce qu’Allah a embelli, qu’avec l’aide qu’Il leur accorde.
C’est pourquoi ‘Umar – qu’Allah l’agrée – disait, selon ce qu’a rapporté al-Bukhârî : « Ô Allah, nous ne pouvons que nous réjouir de ce que Tu as embelli pour nous ; ô Allah, je Te demande de me permettre de le dépenser selon Ton droit. » Il invoqua donc Allah afin qu’Il l’aide à l’employer comme il se doit.
Telle est aussi la signification de la parole du Prophète – paix et bénédictions sur lui : « Celui qui l’acquiert (la richesse) avec sérénité en sera béni ; mais celui qui l’acquiert avec avidité ressemble à celui qui mange sans jamais être rassasié. » Ainsi, celui qui multiplie les biens de ce bas-monde ne se satisfait pas de ce qu’il en obtient ; son ambition est de les accumuler toujours plus. Cela provient d’un manque de compréhension des enseignements d’Allah, Exalté soit-Il, et de Son Messager ; car l’épreuve liée aux biens y est certaine et l’absence de sécurité y domine.
A bel avenir, donc, celui qui s’est soumis (à Allah), qui a reçu une subsistance suffisante et à qui Allah a inspiré le contentement.