Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

« … du côté gauche, cependant que leur chien est étendu, les pattes déployées, à l’entrée ». – Ibn Hišâm déclare : « al-waṣîd » désigne la porte. L’‘Absite – il se nommait ‘Abd b. Wahb – a dit :
« En une terre déserte dont nul ne barre l’accès,
mon bienfait y demeure reconnu, non renié. »
Ce vers fait partie d’une série de ses poèmes. Le terme « al-waṣîd » signifie également la cour extérieure ; son pluriel est : waṣâʾid, wuṣud et wuṣdân.

« Si tu les avais aperçus, tu aurais tourné les talons en fuyant… » – jusqu’à Sa parole : « Ceux qui l’emportèrent dans leur affaire » ; il s’agit des détenteurs de l’autorité et du pouvoir parmi eux : « Nous édifierons assurément sur eux un lieu de prière. »

« Ils diront » : c’est-à-dire les rabbins juifs qui avaient poussé leurs coreligionnaires à t’interroger à leur sujet :
« Trois, leur chien étant le quatrième ; d’autres diront : cinq, leur chien étant le sixième – conjecture sans savoir ; d’autres encore : sept, leur chien étant le huitième. Dis : Mon Seigneur connaît mieux leur nombre ; nul ne les connaît, hormis un petit nombre. Ne discute donc point à leur propos… », c’est-à-dire : ne les contrarie pas,
« sinon par un débat apparent ; et ne sollicite à leur sujet l’avis d’aucun d’eux », car ils n’en ont aucune science.

« Et ne dis jamais, à propos de quelque chose : “Je le ferai demain”, sans ajouter : “Si Allah le veut”. Souviens-toi de ton Seigneur lorsque tu oublies et dis : “Il se peut que mon Seigneur me guide vers une voie plus proche de la rectitude que celle-ci”. » Autrement dit : ne t’engage pas, comme tu l’as fait ici, à répondre demain à une question qu’ils t’adressent, sans avoir énoncé la volonté divine ; rappelle-toi Allah si l’oubli te saisit, et dis : « Il se peut que mon Seigneur me dirige vers l’information juste au sujet de ce dont vous m’interrogez », car tu ne sais pas ce que Je déciderai à ce propos.

« Ils demeurèrent dans leur caverne trois cents années, auxquels ils en ajoutèrent neuf » : c’est ainsi, diront-ils.

« Dis : Allah sait mieux combien de temps ils ont demeuré. À Lui appartient l’inconnaissable des cieux et de la terre. Que Sa vue est perçante ! Que Son ouïe est parfaite ! Ils n’ont, en dehors de Lui, ni protecteur, ni associé dans Son jugement. » C’est-à-dire : rien de ce qu’ils t’ont demandé n’est caché à Allah.

Je (l’auteur) dis : voilà, tel que l’a rapporté la Sîra, le récit complet des Gens de la Caverne que nous avons reproduit selon son ordre. Vient ensuite l’histoire de Dhû l-Qarnayn. Puis nous reviendrons au début de la sourate pour dire :
Le sens de « Louange à Allah » a déjà été exposé. Al-Aḫfaš, al-Kisâ’î, al-Farâ’ et Abû ‘Ubayd, ainsi qu’une majorité d’exégètes, soutiennent qu’il y a, au commencement de cette sourate, inversion de l’ordre des propositions ; le sens serait donc : « Louange à Allah qui a fait descendre sur Son serviteur le Livre, rectiligne, et n’y a placé aucune déviation ». L’expression « qayyiman » est à l’accusatif comme circonstance.
Quant à Qatâda, il estime que le discours se suit sans transposition ; le sens en serait : « Il n’y a point mis de tortuosité, mais Nous l’avons fait droit ». L’avis de Ḍaḥḥâk est également pertinent, car

" الشِّمالِ وَكَلْبُهُمْ باسِطٌ ذِراعَيْهِ بِالْوَصِيدِ" قَالَ ابْنُ هِشَامٍ: الْوَصِيدُ الْبَابُ. قَالَ الْعَبْسِيُّ وَاسْمُهُ عَبْدُ بن وهب «١» : بأرض فلاة لا يسد وصيلاها ... عَلَيَّ وَمَعْرُوفِي بِهَا غَيْرُ مُنْكَرِ وَهَذَا الْبَيْتُ فِي أَبْيَاتٍ لَهُ. وَالْوَصِيدُ أَيْضًا الْفِنَاءُ، وَجَمْعُهُ وَصَائِدُ وَوُصُدٌ وَوُصْدَانٌ. لَوِ اطَّلَعْتَ عَلَيْهِمْ لَوَلَّيْتَ مِنْهُمْ فِراراً- إِلَى قَوْلِهِ- الَّذِينَ غَلَبُوا عَلى أَمْرِهِمْ أَهْلُ السُّلْطَانِ وَالْمُلْكِ مِنْهُمْ. " لَنَتَّخِذَنَّ عَلَيْهِمْ مَسْجِداً. سَيَقُولُونَ" يَعْنِي أَحْبَارَ الْيَهُودِ الَّذِينَ أَمَرُوهُمْ بِالْمَسْأَلَةِ عَنْهُمْ. " ثَلاثَةٌ رابِعُهُمْ كَلْبُهُمْ وَيَقُولُونَ خَمْسَةٌ سادِسُهُمْ كَلْبُهُمْ رَجْماً بِالْغَيْبِ وَيَقُولُونَ سَبْعَةٌ وَثامِنُهُمْ كَلْبُهُمْ قُلْ رَبِّي أَعْلَمُ بِعِدَّتِهِمْ مَا يَعْلَمُهُمْ إِلَّا قَلِيلٌ فَلا تُمارِ فِيهِمْ" أَيْ لَا تُكَابِرْهُمْ. " إِلَّا مِراءً ظاهِراً وَلا تَسْتَفْتِ فِيهِمْ مِنْهُمْ أَحَداً" فَإِنَّهُمْ لَا عِلْمَ لَهُمْ بِهِمْ. " وَلا تَقُولَنَّ لِشَيْءٍ إِنِّي فاعِلٌ ذلِكَ غَداً. إِلَّا أَنْ يَشاءَ اللَّهُ وَاذْكُرْ رَبَّكَ إِذا نَسِيتَ وَقُلْ عَسى أَنْ يَهْدِيَنِ رَبِّي لِأَقْرَبَ مِنْ هَذَا رَشَداً" أَيْ لَا تَقُولَنَّ لِشَيْءٍ سَأَلُوكَ عَنْهُ كَمَا قُلْتَ فِي هَذَا إِنِّي مُخْبِرُكُمْ غَدًا، وَاسْتَثْنِ مَشِيئَةَ اللَّهِ، واذكر ربك إذا نسيت وقل عسى أن يَهْدِيَنِي رَبِّي لِخَبَرِ مَا سَأَلْتُمُونِي عَنْهُ رَشَدًا، فَإِنَّكَ لَا تَدْرِي مَا أَنَا صَانِعٌ فِي ذَلِكَ. " وَلَبِثُوا فِي كَهْفِهِمْ ثَلاثَ مِائَةٍ سِنِينَ وَازْدَادُوا تِسْعاً" أَيْ سَيَقُولُونَ ذَلِكَ. " قُلِ اللَّهُ أَعْلَمُ بِما لَبِثُوا لَهُ غَيْبُ السَّماواتِ وَالْأَرْضِ أَبْصِرْ بِهِ وَأَسْمِعْ مَا لَهُمْ مِنْ دُونِهِ مِنْ وَلِيٍّ وَلا يُشْرِكُ فِي حُكْمِهِ أَحَداً" أي لم يخف عليه شي ما سَأَلُوكَ عَنْهُ. قُلْتُ: هَذَا مَا وَقَعَ فِي السِّيرَةِ مِنْ خَبَرِ أَصْحَابِ الْكَهْفِ ذَكَرْنَاهُ عَلَى نَسَقِهِ «٢» . وَيَأْتِي خَبَرُ ذِي الْقَرْنَيْنِ، ثُمَّ نَعُودُ إِلَى أَوَّلِ السُّورَةِ فَنَقُولُ: قَدْ تَقَدَّمَ مَعْنَى الْحَمْدُ لِلَّهِ. وَزَعَمَ الْأَخْفَشُ وَالْكِسَائِيُّ وَالْفَرَّاءُ وَأَبُو عُبَيْدٍ وَجُمْهُورُ الْمُتَأَوِّلِينَ أَنَّ فِي أَوَّلِ هَذِهِ السُّورَةِ تَقْدِيمًا وَتَأْخِيرًا، وَأَنَّ الْمَعْنَى: الْحَمْدُ لِلَّهِ الَّذِي أَنْزَلَ عَلَى عَبْدِهِ الْكِتَابَ قَيِّمًا وَلَمْ يجعل له عوجا. و " قَيِّماً" نُصِبَ عَلَى الْحَالِ. وَقَالَ قَتَادَةُ: الْكَلَامُ عَلَى سِيَاقِهِ مِنْ غَيْرِ تَقْدِيمٍ وَلَا تَأْخِيرٍ، وَمَعْنَاهُ: وَلَمْ يَجْعَلْ لَهُ عِوَجًا وَلَكِنْ جَعَلْنَاهُ قيما. وقول الضحاك فيه حسن، وأن
(١). في سيرة ابن هشام:" عبيد بن وهب". (٢). راجع سيرة ابن هشام ص ١٩٢ طبع أوروبا وج ١ ص ٣٢١ طبع مطبعة الحلي.

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