Comme si, à l’heure du ḍuḥā, il projetait sur la surface du sol… tel un dabbâba* dont le khurṭûm* s’enfonce jusqu’aux os du crâne.
(* Le mot dabbâba désigne ici le vin, et khurṭûm la partie la plus pure de la boisson.)
Ce vers appartient à une de ses qaṣîda.
Le terme «ṣaʿîd» signifie également : «la voie, le chemin». Il est rapporté dans le ḥadith : «Méfiez-vous de vous asseoir sur les ṣuʿadât», c’est-à-dire sur les routes.
Quant au mot «juruz», il désigne une terre qui ne fait pousser absolument rien ; son pluriel est «ajrâz». On dit aussi : «sanatun juruz» (une année juruz) et, au pluriel, «sunûnun ajrâz», c’est-à-dire une année sans pluie, marquée par la sécheresse, l’aridité et la dureté.
Dhû r-Rummah, décrivant des chamelles, a dit :
«Le naḥz et les ajrâz ont vidé ce qu’elles portaient dans leurs ventres,
il ne leur est resté que les côtes épaisses et saillantes.»
Ibn Isḥâq poursuit : Il aborda alors le récit au sujet duquel ils L’avaient interrogé – l’affaire des jeunes gens – et dit :
«Penses-tu que les Compagnons de la Caverne et du Raqîm aient été, parmi Nos signes, quelque chose d’étonnant ?»
C’est-à-dire : J’ai placé sur Mes serviteurs des preuves bien plus étonnantes encore que celle-là.
Ibn Hishâm dit : Le «Raqîm» est le feuillet sur lequel fut inscrit leur histoire ; son pluriel est «ruqum». Al-ʿajjâj a dit :
«… et l’emplacement du muṣḥaf mu-raqqam.»
Ce vers se trouve dans l’une de ses urjûza.
Ibn Isḥâq dit ensuite : Puis Allâh, Exalté soit-Il, déclara :
«Lorsque les jeunes gens se réfugièrent dans la Caverne, ils dirent : “Seigneur ! Accorde-nous, de Ta part, une miséricorde et dispose pour nous la droiture dans notre affaire.” Nous plaçâmes alors un sceau sur leurs oreilles, dans la Caverne, durant de nombreuses années ; puis Nous les ressuscitâmes afin de savoir lequel des deux groupes aurait le mieux compté la durée de leur séjour.»
Puis Il dit :
«Nous te contons leur récit en toute vérité.»
– c’est-à-dire avec véracité –
«Ce sont des jeunes gens qui ont cru en leur Seigneur et Nous leur avons accru la guidée. Nous avons fortifié leurs cœurs lorsqu’ils se levèrent pour dire : “Notre Seigneur est le Seigneur des cieux et de la terre ; jamais nous n’invoquerons, en dehors de Lui, une divinité, car nous aurions alors proféré un excès (shaṭaṭ).”»
C’est-à-dire : ils n’ont rien associé à Moi, contrairement à vous qui M’associez ce dont vous n’avez aucune science.
Ibn Hishâm précise : Le mot «shaṭaṭ» signifie l’exagération et le dépassement de la vérité. Al-Aʿshâ (Banû Qays b. Thaʿlaba) a dit :
«Voulez-vous interdire alors que nul n’interdit ceux qui commettent le shaṭaṭ,
semblable à un coup qui fait jaillir l’huile et la corde ?»