« Ô Jibrîl, tu t’es absenté au point que j’en suis venu à concevoir de mauvaises pensées. »
Jibrîl lui répondit : « Nous ne descendons que par ordre de ton Seigneur ; à Lui appartient ce qui est devant nous, ce qui est derrière nous et ce qui est entre les deux, et ton Seigneur n’est jamais oublieux. »
Le Très-Béni, le Très-Haut, ouvrit alors la sûrah par Sa louange et par la mention de la prophétie de Son Messager – qu’Allah prie sur lui et le salue – qu’ils avaient contestée ; Il dit :
« Louange à Allah qui a fait descendre sur Son serviteur le Livre », c’est-à-dire sur Muhammad ; « Tu es bien un Messager venant de Moi », confirmation de la question qu’ils avaient posée au sujet de ta prophétie.
« Et Il n’y a placé aucune tortuosité ; [Il l’a révélé] parfaitement droit », c’est-à-dire régulier, sans la moindre divergence.
« Pour qu’il avertisse d’un châtiment redoutable émanant de Lui », c’est-à-dire la peine immédiate en ce bas-monde et un tourment douloureux dans l’au-delà, venant de ton Seigneur qui t’a suscité comme Messager.
« Et qu’il annonce aux croyants qui accomplissent les bonnes œuvres qu’ils auront une belle récompense où ils demeureront éternellement », c’est-à-dire la demeure de l’éternité où ils ne mourront point – ceux qui t’ont cru en ce que tu as apporté, alors que d’autres t’ont traité de menteur, et qui ont œuvré selon ce que tu leur as ordonné.
« Et [pour qu’il] avertisse ceux qui disent : “Allah S’est pris un enfant.” » Il s’agit ici des Quraychites qui disaient : « Nous adorons les anges ; ce sont les filles d’Allah. »
« Ils n’en ont aucune science, pas plus que leurs pères », ces mêmes ancêtres qui avaient gravement rompu [avec la vérité] et décrié leur religion.
« Quelle énorme parole sort de leurs bouches ! » – c’est-à-dire leur prétention que les anges seraient les filles d’Allah – « ils ne profèrent qu’un mensonge. »
« Peut-être vas-tu te consumer de chagrin à leur suite s’ils ne croient pas à ce discours ? »
C’est à cause de la tristesse qu’il éprouvait pour eux, lorsqu’il vit s’éloigner de lui l’espoir qu’il nourrissait à leur égard ; autrement dit : ne le fais pas.
Ibn Hishâm dit : « te consumer » signifie « faire périr ta propre personne », selon ce qu’Abû ‘Ubaydah m’a rapporté.
Dhû-r-Rumma a dit :
« Ô toi qui te consumes, le cœur rongé de douleur,
pour une chose que les décrets, hors de ta portée, ont façonnée. »
Son pluriel est bâchi‘ûn ou bacha‘ah. Ce vers appartient à l’une de ses poésies.
Les Arabes disent : « J’ai consumé pour lui mon conseil et mon âme », c’est-à-dire : j’ai déployé pour lui tous mes efforts.
« Nous avons certes placé tout ce qui est sur la terre comme parure pour elle, afin de les éprouver [et de savoir] qui d’entre eux est le meilleur en œuvres. » Ibn Isḥâq dit : c’est-à-dire lequel d’entre eux suit le mieux Mon ordre et agit le plus conformément à Mon obéissance.
« Et Nous la réduirons certainement en un sol stérile et pelé. » Autrement dit : la terre ; tout ce qu’elle porte est voué à disparaître et à s’évanouir. Le retour est vers Moi et Je rétribuerai chacun selon son œuvre ; ne te chagrine donc pas et que rien de ce que tu vois ou entends en elle ne t’attriste.
Ibn Hishâm dit : aṣ-ṣa‘îd désigne la surface de la terre, son pluriel est su‘ud.
Dhû-r-Rumma a dit, décrivant un jeune faon :