Deuxième point – La parole du Très-Haut : « (Ils) pleurent » constitue une preuve de la licéité des larmes pendant la prière lorsqu’elles proviennent de la crainte d’Allah – exalté soit-Il – ou du regret d’avoir désobéi dans le domaine de la religion, et que cela n’annule pas la prière ni ne la vicie.
Ibn al-Mubârak a rapporté, d’après Ḥammâd b. Salama, d’après Thâbit al-Bunânî, d’après Muṭarrif b. ʿAbd Allâh b. al-Shikhkhîr, d’après son père, qu’il dit : « Je me rendis auprès du Prophète ﷺ alors qu’il priait ; j’entendis dans sa poitrine un bruit semblable au bouillonnement d’une marmite, tant il pleurait. »
Dans le recueil d’Abû Dâwûd on lit : « … et, dans sa poitrine, un gémissement comparable au grincement de la meule, dû au pleur. »
Troisième point – Les jurisconsultes ont divergé au sujet du gémissement (an-nîn) :
– Mâlik a dit : « Le gémissement ne rompt pas la prière du malade, mais je le réprouve pour la personne saine » ; tel est également l’avis d’Ath-Thawrî.
– Ibn al-Ḥakam rapporte de Mâlik : « La toux légère, le gémissement et le souffle bruyant ne rompent pas la prière. »
– Ibn al-Qâsim dit : « Cela l’annule. »
– Ach-Châfiʿî dit : « S’il comporte des lettres audibles et compréhensibles, la prière est rompue. »
– Abû Ḥanîfa dit : « S’il émane de la crainte d’Allah, il ne rompt pas la prière ; s’il est dû à la douleur, il l’annule. »
– Il est rapporté d’Abû Yûsuf que, dans tous ces cas, la prière demeure valable, car nul malade ou faible n’est exempt de gémissements.
Quatrième point – La parole du Très-Haut : « et cela ne fait qu’accroître leur humilité » : la question du khushûʿ a déjà été abordée dans la sourate al-Baqarah et reviendra plus loin.
﴾ Dis : « Invoquez Allah ou invoquez le Tout Miséricordieux ; quel que soit le Nom par lequel vous L’invoquez, à Lui appartiennent les Noms les plus beaux. Ne récite pas ta prière à voix trop haute, ni trop basse ; cherche plutôt une voie intermédiaire. » ﴿ (17 : 110)
La parole du Très-Haut : « Dis : “Invoquez Allah ou invoquez le Tout Miséricordieux… ” »
Cause de la révélation : les polythéistes entendirent le Messager d’Allah ﷺ invoquer : « Ô Allah ! Ô Rahmân ! » Ils dirent alors : « Muhammad nous ordonne d’appeler un Dieu Unique alors qu’il invoque, lui, deux divinités ! » – propos rapportés par Ibn ʿAbbâs.
Makhḥûl rapporte : Le Messager d’Allah ﷺ priait de nuit (tahajjud) et disait dans sa supplication : « Ô Rahmân ! Ô Rahîm ! » Un homme l’entendit