Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Muhammad – que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui – ; le pronom dans « قبله » (« avant lui ») renvoie au Coran, conformément au pronom employé dans Sa parole : « Dis : “Croyez-y” ». D’aucuns ont toutefois soutenu que les deux pronoms renvoient au Prophète – paix et salut sur lui –, puis que la mention du Coran reprend dans l’expression : « lorsqu’il leur est récité ».

[Sourate Al-Isrâ’ (17), verset 108]
« Et ils disent : “Gloire à notre Seigneur ! La promesse de notre Seigneur s’accomplira assurément.” »
Ce verset constitue une preuve de la licéité du tasbîḥ (prononcer « Subḥâna-Llah ») durant la prosternation.

Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim et ailleurs, ‘Â’isha – qu’Allah l’agrée – rapporte : « Le Messager d’Allah – qu’Allah le bénisse et le salue – répétait fréquemment, dans sa prosternation comme dans son inclinaison : “Subḥânaka-llâhumma [Rabbana] wa bi-ḥamdika, Allâhumma-ghfir lî.” »

[Sourate Al-Isrâ’ (17), verset 109]
« Ils tombent sur leurs mentons en pleurant, et cela accroît leur humilité. »

Il s’y trouve quatre questions.

Premièrement : La parole d’Allah – Exalté soit-Il – « Ils tombent sur leurs mentons en pleurant » est une hyperbole dans leur description et un éloge en leur faveur. Il appartient à quiconque s’est paré de science, même partiellement, de viser ce degré : se recueillir, s’humilier et s’abaisser à l’écoute du Coran.

Dans le Musnad d’Ad-Dârimî, Abû Muhammad rapporte d’après At-Taymî : « Quiconque a reçu une part de science sans que celle-ci ne le fasse pleurer mérite de ne pas être compté parmi les détenteurs du savoir », car Allah – Très-Haut – a dépeint les savants, puis il récita ce verset. At-Tabarî l’a également mentionné.

Al-adhqân (الأذقان) est le pluriel de dhqan (ذقَن)، la jonction des deux mâchoires. Al-Ḥasan a dit : « Les adhqân désignent les barbes », c’est-à-dire qu’ils les posent à terre au moment de la prosternation ; c’est là le comble de l’humilité. Dans ce contexte, la particule lâm signifie « sur ». Ainsi dit-on : « Il est tombé li-fîhi », c’est-à-dire « ‘alâ fîhi – sur sa bouche ».

Ibn ‘Abbâs a déclaré : « “Ils tombent sur leurs mentons, prosternés” » c’est-à-dire sur leurs visages. Le texte mentionne les mentons parce qu’ils sont la partie la plus proche du visage.

Ibn Ḫuwayz Mindâd a dit : « Il n’est pas permis de se prosterner directement sur le menton ; ici, le mot renvoie au visage dans son ensemble. Il arrive que l’on nomme une chose par ce qui lui est contigu, ou qu’une partie désigne le tout. Ainsi dit-on : “Il tomba prosterné sur son visage” alors même qu’il n’a pas posé sa joue ni son œil. Ne vois-tu pas cette expression : “Il tomba foudroyé sur son visage et ses mains” ? »

مُحَمَّدٌ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، وَالضَّمِيرُ فِي " قَبْلِهِ" عَائِدٌ عَلَى الْقُرْآنِ حَسْبَ الضَّمِيرِ فِي قَوْلِهِ " قُلْ آمِنُوا بِهِ" . وَقِيلَ: الضَّمِيرَانِ لِمُحَمَّدٍ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، وَاسْتَأْنَفَ ذِكْرَ الْقُرْآنِ في قوله: " إِذا يُتْلى عَلَيْهِمْ" . [[سورة الإسراء (١٧) : آية ١٠٨]] وَيَقُولُونَ سُبْحانَ رَبِّنا إِنْ كانَ وَعْدُ رَبِّنا لَمَفْعُولاً (١٠٨) دَلِيلٌ عَلَى جَوَازِ التَّسْبِيحِ فِي السُّجُودِ. وَفِي صَحِيحِ مُسْلِمٍ وَغَيْرِهِ عَنْ عَائِشَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهَا قَالَتْ: كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يُكْثِرُ أَنْ يَقُولَ فِي سجوده وركوعه " سُبْحَانَكَ اللَّهُمَّ [رَبَّنَا «١» ] وَبِحَمْدِكَ اللَّهُمَّ اغْفِرْ لِي" . [[سورة الإسراء (١٧) : آية ١٠٩]] وَيَخِرُّونَ لِلْأَذْقانِ يَبْكُونَ وَيَزِيدُهُمْ خُشُوعاً (١٠٩) فِيهِ أَرْبَعُ مسائل: الاولى- قوله تعالى: (وَيَخِرُّونَ لِلْأَذْقانِ يَبْكُونَ) هَذِهِ مُبَالَغَةٌ فِي صِفَتِهِمْ وَمَدْحٌ لَهُمْ. وَحُقَّ لِكُلِّ مَنْ تَوَسَّمَ بِالْعِلْمِ وَحَصَلَ مِنْهُ شَيْئًا أَنْ يَجْرِيَ إِلَى هَذِهِ الْمَرْتَبَةِ، فَيَخْشَعَ عِنْدَ اسْتِمَاعِ الْقُرْآنِ وَيَتَوَاضَعَ وَيَذِلَّ. وَفِي مُسْنَدِ الدَّارِمِيِّ أَبِي مُحَمَّدٍ عَنِ التَّيْمِيِّ قَالَ: مَنْ أُوتِيَ مِنَ الْعِلْمِ مَا لَمْ يُبْكِهِ لَخَلِيقٌ أَلَّا يَكُونَ أُوتِيَ عِلْمًا، لِأَنَّ اللَّهَ تَعَالَى نَعَتَ الْعُلَمَاءَ، ثُمَّ تَلَا هَذِهِ الْآيَةَ. ذَكَرَهُ الطَّبَرِيُّ أَيْضًا. وَالْأَذْقَانُ جَمْعُ ذَقَنٍ، وَهُوَ مُجْتَمَعُ اللِّحْيَيْنِ. وَقَالَ الْحَسَنُ: الْأَذْقَانُ عِبَارَةٌ عَنِ اللِّحَى. أَيْ يَضَعُونَهَا عَلَى الْأَرْضِ فِي حَالِ السُّجُودِ، وَهُوَ غَايَةُ التَّوَاضُعِ. وَاللَّامُ بِمَعْنَى عَلَى، تَقُولُ: سَقَطَ لَفِيهِ أَيْ عَلَى فِيهِ. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: " يَخِرُّونَ لِلْأَذْقانِ سُجَّداً" أَيْ لِلْوُجُوهِ. وَإِنَّمَا خَصَّ الْأَذْقَانَ بِالذِّكْرِ لِأَنَّ الذقن أقرب شي فمن وجه الإنسان. قال ابن خويز منداد: ولا يجوز السُّجُودُ عَلَى الذَّقَنِ. لَأَنَّ الذَّقَنَ هَاهُنَا عِبَارَةٌ عَنِ الْوَجْهِ، وَقَدْ يُعَبَّرُ بِالشَّيْءِ عَمَّا جَاوَرَهُ وَبِبَعْضِهِ عَنْ جَمِيعِهِ. فَيُقَالُ: خَرَّ لِوَجْهِهِ سَاجِدًا وإن كان لم يسجد على خده ولا عينه. ألا ترى إلى قوله: خر صريعا على وجهه ويديه.
(١). من ج وى. [ ..... ]

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