Il sied de la réciter avec tartîl, de l’embellir et de l’agrémenter d’une belle voix, autant que faire se peut, sans pour autant recourir à des mélodies ni à des modulations qui aboutiraient à altérer les paroles du Coran par ajout ou par retranchement ; cela, en effet, est illicite, comme nous l’avons indiqué au début de cet ouvrage.
Les maîtres de la récitation sont unanimes à prononcer la lettre mîm du mot « مُكْثٍ » avec la voyelle ḍamma, à l’exception d’Ibn Muḥayṣin qui le lit « مَكْثٍ » avec fatḥa. On relève d’ailleurs trois formes linguistiques : makth, makat et mikth.
Mâlik a dit : l’expression « ʿalâ mukthin » signifie avec pondération et lenteur mesurée.
Quant à la parole du Très-Haut : « Nous l’avons fait descendre graduellement » (wa-nazzalnâhu tanzîlâ), il s’agit d’une hyperbole et d’une insistance, par l’emploi du substantif verbal, sur l’idée déjà mentionnée, à savoir : Nous l’avons révélé fragment après fragment. En effet, s’ils avaient été astreints à toutes les prescriptions en une seule fois, ils se seraient détournés.
Dis : « Croyez-y ou n’y croyez pas ; ceux à qui le savoir a été donné avant sa révélation, lorsque celui-ci leur est récité, se prosternent, le visage contre terre » (al-Isrâ’, 17/107).
Le commandement « Dis : Croyez-y ou n’y croyez pas » concerne le Coran. De la part d’Allah – puissant et majestueux –, il s’agit d’une réplique destinée à les confondre et à les menacer, non d’une véritable latitude de choix.
« Ceux à qui le savoir a été donné avant lui » désigne, avant la descente du Coran et la mission du Prophète – paix et salut sur lui –, les croyants parmi les Gens du Livre, selon Ibn Jurayj et d’autres. Ibn Jurayj explique que l’expression « lorsqu’il leur est récité » renvoie à leur propre Livre ; d’autres y voient le Coran.
« Ils se prosternent, le visage contre terre » : on a dit qu’il s’agit d’un groupe issu des descendants d’Ismâʿîl qui sont restés attachés à la religion originelle jusqu’à ce qu’Allah suscît le Prophète – que la paix soit sur lui ; parmi eux : Zayd ibn ʿAmr ibn Nufayl et Waraqa ibn Nawfal. Dans ce cas, l’expression ne vise pas les Gens du Livre mais ceux qui avaient reçu la science de la religion.
Al-Ḥasan a dit : « Ceux à qui le savoir a été donné » désigne la communauté de Muḥammad – paix et salut sur lui.
Mujâhid a précisé qu’il s’agit de gens parmi les Juifs, ce qui est l’opinion la plus manifeste, eu égard à la formulation « avant lui ».
L’expression « lorsqu’il leur est récité », selon Mujâhid, renvoie au Coran : lorsqu’ils entendaient ce qu’Allah faisait descendre du Coran, ils se prosternaient et disaient : « Gloire à notre Seigneur ! La promesse de notre Seigneur s’est bel et bien réalisée. »
D’autres ont dit : lorsqu’ils récitaient leur propre Livre et entendaient ce qui était révélé du Coran, ils étaient saisis d’humilité, se prosternaient, proclamaient la gloire d’Allah et disaient : « Voilà celui dont la Torah a fait mention ; telle est sa description, et la promesse d’Allah à son sujet est inéluctable. » Ils s’inclinèrent alors vers l’islam ; c’est à leur propos que ce verset fut révélé.
Un autre groupe a encore affirmé que ce qui est visé par « ceux à qui le savoir a été donné avant lui » est