Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

La parole du Très-Haut :

« Dis : “Si vous possédiez les trésors de la miséricorde de mon Seigneur”… »,
c’est-à-dire les trésors des subsistances.
D’aucuns disent : les trésors des bienfaits, sens plus vaste.

« …vous les retiendriez alors par crainte de dépenser »,
par avarice ; telle est la réponse à leur parole : « Nous ne croirons pas en toi tant que tu n’auras pas fait jaillir pour nous de la terre une source », afin que nous jouissions d’aisance matérielle. Autrement dit : quand bien même vous seriez dans l’aisance, vous resteriez avares.

On a dit encore : le sens est que, si l’une des créatures détenait les trésors d’Allah, elle n’en userait pas avec la générosité d’Allah pour deux raisons :

  1. elle en retiendrait nécessairement une part pour ses dépenses propres et ce qui lui est profitable ;
  2. elle craindrait la pauvreté et redouterait la privation. Or Allah – Très-Haut – est, dans Sa munificence, au-dessus de ces deux états.

Dans ce verset, « l’infaq » (la dépense) signifie la pauvreté, selon Ibn ‘Abbâs et Qatâdah. Les maîtres de la langue disent que les verbes anfaqa, asrama, a‘dama et aqtara s’emploient quand la fortune diminue.

« Et l’être humain est certes qator »,
c’est-à-dire avare, resserrant sa main.
On dit : qatar ‘alâ ‘iyâlihî yaqteru wa yuqteru qatran wa qutûran lorsqu’il restreint la dépense envers les siens ; de même at-taqtîr et al-iqtâr, trois formes linguistiques.

Les exégètes divergent :
– selon al-Hassan, le verset vise exclusivement les polythéistes ;
– selon la majorité, il est d’application générale, avis rapporté par al-Mâwardî.

[Sourate al-Isrâ’ (17), verset 101]

« Nous avons certes accordé à Moïse neuf signes évidents – interroge donc les Fils d’Israël lorsque ceux-ci leur vinrent – et Pharaon lui dit : “Ô Moïse, je te crois ensorcelé.” »

La parole du Très-Haut :

« Nous avons certes donné à Moïse neuf signes évidents »

Les avis divergent quant à la nature de ces signes.
On a dit qu’il s’agit des versets de l’Écriture, ainsi que le rapportent at-Tirmidhî et an-Nasâ’î d’après Safwân ibn ‘Assâl al-Murâdî : deux Juifs dirent l’un à l’autre :
« Allons vers cet homme que l’on dit Prophète pour l’interroger. »
L’autre répondit : « Ne l’appelle pas Prophète ; s’il nous entend, il aura quatre yeux. »
Ils se rendirent donc auprès du Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – et l’interrogèrent au sujet de la parole divine : « Nous avons certes donné à Moïse neuf signes évidents. »

Le Messager d’Allah – paix et bénédictions sur lui – répondit :
« Ne donnez à Allah aucun associé ;
ne commettez pas la fornication ;
ne tuez pas l’âme qu’Allah a rendue sacrée, si ce n’est en droit ;
ne volez pas ;
ne pratiquez pas la sorcellerie ;
ne livrez pas un innocent au gouverneur pour qu’il le mette à mort ;
ne mangez pas l’usure ;
ne diffamez pas une femme vertueuse ;
et ne tournez pas le dos lors de la bataille » – Shu‘bah, le transmetteur, hésita sur ce dernier point – « et, quant à vous, ô communauté des Juifs, en particulier, ne transgressez pas le sabbat. »

Alors ils embrassèrent ses mains et ses pieds et dirent : « Nous attestons que tu es assurément un Prophète. »

Il dit :

قَوْلُهُ تَعَالَى: (قُلْ لَوْ أَنْتُمْ تَمْلِكُونَ خَزائِنَ رَحْمَةِ رَبِّي) أَيْ خَزَائِنَ الْأَرْزَاقِ. وَقِيلَ: خَزَائِنَ النِّعَمِ، وَهَذَا أَعَمُّ. (إِذاً لَأَمْسَكْتُمْ خَشْيَةَ الْإِنْفاقِ) مِنَ الْبُخْلِ، وَهُوَ جَوَابُ قَوْلِهِمْ: " لَنْ نُؤْمِنَ لَكَ حَتَّى تَفْجُرَ لَنا مِنَ الْأَرْضِ يَنْبُوعاً" حَتَّى نَتَوَسَّعَ فِي الْمَعِيشَةِ. أَيْ لَوْ تَوَسَّعْتُمْ لَبَخِلْتُمْ أَيْضًا. وَقِيلَ: الْمَعْنَى لَوْ مَلَكَ أَحَدُ الْمَخْلُوقِينَ خَزَائِنَ اللَّهِ لَمَا جَادَ بِهَا كَجُودِ اللَّهِ تَعَالَى، لِأَمْرَيْنِ: أَحَدُهُمَا- أَنَّهُ لَا بُدَّ أَنْ يُمْسِكَ مِنْهَا لِنَفَقَتِهِ وَمَا يَعُودُ بِمَنْفَعَتِهِ. الثَّانِي- أَنَّهُ يَخَافُ الْفَقْرَ وَيَخْشَى الْعَدَمَ. وَاللَّهُ تَعَالَى يَتَعَالَى فِي جُودِهِ عَنْ هَاتَيْنِ الْحَالَتَيْنِ. وَالْإِنْفَاقُ فِي هَذِهِ الْآيَةِ بِمَعْنَى الْفَقْرِ، قَالَهُ ابْنُ عَبَّاسٍ وَقَتَادَةُ. وَحَكَى أَهْلُ اللُّغَةِ أَنْفَقَ وَأَصْرَمَ وَأَعْدَمَ وَأَقْتَرَ إِذَا قَلَّ مَالُهُ. (وَكانَ الْإِنْسانُ قَتُوراً) أَيْ بَخِيلًا مُضَيِّقًا. يُقَالُ: قَتَرَ عَلَى عِيَالِهِ يَقْتُرُ وَيُقْتِرُ قَتْرًا وَقُتُورًا إِذَا ضَيَّقَ عَلَيْهِمْ فِي النَّفَقَةِ، وَكَذَلِكَ التَّقْتِيرُ وَالْإِقْتَارُ، ثَلَاثُ لُغَاتٍ. وَاخْتُلِفَ فِي هَذِهِ الْآيَةِ عَلَى قَوْلَيْنِ: أَحَدُهُمَا- أَنَّهَا نَزَلَتْ فِي الْمُشْرِكِينَ خَاصَّةً، قَالَهُ الْحَسَنُ. وَالثَّانِي- أَنَّهَا عَامَّةٌ، وَهُوَ قَوْلُ الجمهور، وذكره الماوردي. [[سورة الإسراء (١٧) : آية ١٠١]] وَلَقَدْ آتَيْنا مُوسى تِسْعَ آياتٍ بَيِّناتٍ فَسْئَلْ بَنِي إِسْرائِيلَ إِذْ جاءَهُمْ فَقالَ لَهُ فِرْعَوْنُ إِنِّي لَأَظُنُّكَ يا مُوسى مَسْحُوراً (١٠١) قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَلَقَدْ آتَيْنا مُوسى تِسْعَ آياتٍ بَيِّناتٍ) اخْتُلِفَ فِي هَذِهِ الْآيَاتِ، فَقِيلَ: هِيَ بِمَعْنَى آيَاتُ الْكِتَابِ، كَمَا رَوَى التِّرْمِذِيُّ وَالنَّسَائِيُّ عَنْ صَفْوَانَ بْنِ عَسَّالٍ الْمُرَادِيِّ أَنَّ يَهُودِيَّيْنِ قَالَ أَحَدَهُمَا لِصَاحِبِهِ: اذْهَبْ بِنَا إِلَى هَذَا النَّبِيِّ نَسْأَلْهُ، فَقَالَ: لَا تَقُلْ لَهُ نَبِيٌّ فَإِنَّهُ إِنْ سَمِعَنَا كَانَ لَهُ أَرْبَعَةُ أَعْيُنٍ، فَأَتَيَا النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَسَأَلَاهُ عَنْ قَوْلِ اللَّهِ تَعَالَى: " وَلَقَدْ آتَيْنا مُوسى تِسْعَ آياتٍ بَيِّناتٍ" فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: " لَا تُشْرِكُوا بِاللَّهِ شَيْئًا وَلَا تَزْنُوا وَلَا تَقْتُلُوا النَّفْسَ الَّتِي حَرَّمَ اللَّهُ إِلَّا بِالْحَقِّ وَلَا تَسْرِقُوا وَلَا تسحروا ولا تمشوا ببري إلى السلطان فَيَقْتُلَهُ وَلَا تَأْكُلُوا الرِّبَا وَلَا تَقْذِفُوا مُحْصَنَةً وَلَا تَفِرُّوا مِنَ الزَّحْفِ- شَكَّ شُعْبَةُ- وَعَلَيْكُمْ [يَا مَعْشَرَ] الْيَهُودِ خَاصَّةً أَلَّا تَعْدُوَا فِي السَّبْتِ" فَقَبَّلَا يَدَيْهِ وَرِجْلَيْهِ وَقَالَا: نَشْهَدُ أَنَّكَ نبى. قال:

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