Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

« Ton peuple t’a fait des propositions que tu n’as pas acceptées. Puis ils t’ont demandé, pour eux-mêmes, certains prodiges afin de connaître, grâce à eux, le rang qu’Allah t’a accordé – comme tu le prétends – de sorte qu’ils puissent te croire et te suivre, mais tu ne les as pas accomplis. Ensuite ils t’ont sollicité pour que tu acquières, à ton profit, quelque chose qui leur permettrait de constater ta supériorité sur eux et ton statut auprès d’Allah, et tu ne l’as pas fait non plus. Puis ils t’ont réclamé d’anticiper pour eux une part du châtiment dont tu les menaces, et tu ne l’as pas fait » – ou des paroles de ce genre –. « Par Allah, je ne croirai jamais en toi tant que tu ne t’érigeras pas un escalier menant au ciel, que tu n’y monteras pas sous mes yeux jusqu’à l’atteindre, puis que tu n’en descendras pas avec un parchemin accompagné de quatre anges attestant pour toi que tu es bien, comme tu le dis, le Messager (d’Allah). Par le serment d’Allah, même si tu accomplissais cela, je ne pense pas que je te croirais ».

Il se détourna alors du Messager d’Allah — que les bénédictions et la paix soient sur lui —, et le Messager d’Allah rentra auprès des siens, peiné et affligé de ce qu’il espérait obtenir de son peuple lorsqu’ils l’avaient convié, et de l’éloignement qu’il constatait de leur part. Tel est, mot pour mot, le récit d’Ibn Isḥāq.

Al-Wāḥidī rapporte, d’après ʿIkrima, lui-même d’après Ibn ʿAbbās : alors Allah Très-Haut fit descendre :
« Et ils dirent : “Nous ne croirons point en toi jusqu’à ce que tu fasses jaillir pour nous, de la terre, une source.” » (Al-Isrâʾ, 17 : 90).

Le terme « yanbûʿan » désigne les fontaines, selon Mujāhid. Il est sur le schème « yafʿūl », du verbe « nabaʿa, yanbuʿu ».

ʿĀṣim, Ḥamza et Al-Kisāʾī ont lu « tafjur lanā » avec assimilation (sans redoublement). Abū Ḥātim a préféré cette lecture parce que le mot « yanbûʿ » est au singulier. Tous s’accordent cependant pour lire, dans « tafaǧǧara l-anhār » (faire jaillir les rivières), avec redoublement, car l’intensif indique l’abondance.

Abū ʿUbayd dit : « La première est semblable (à la seconde). » Abū Ḥātim rétorqua : « Elle ne l’est pas, car la première est suivie de “yanbûʿ”, mot singulier, tandis que la seconde est suivie de “les rivières”, pluriel ; l’intensif marque donc la multiplicité. » On répondit que, même si « yanbûʿan » est singulier, c’est bien la collectivité qui est visée, comme l’a expliqué Mujāhid : « yanbûʿ » signifie « source d’eau », son pluriel étant « yanābīʿ ».

Qa­tāda a récité : « … ou qu’il te soit un jardin… »

L’expression « khilālahā » signifie : au milieu de celui-ci.

La lecture usuelle est : « … ou que tu fasses tomber le ciel… ». Mujāhid a lu : « … ou que le ciel tombe… », attribuant l’action au ciel lui-même.

Le mot « kisafan » (par morceaux) signifie « fragments », selon Ibn ʿAbbās et d’autres. « Kisaf », avec la voyelle ouverte sur le sīn, est le pluriel de « kisfa » ; telle est la lecture de Nāfiʿ, Ibn ʿĀmir et ʿĀṣim. Les autres lecteurs prononcent « kisfan » avec la sīn muette.

Al-Akhfash dit : celui qui lit « kisfan mina s-samāʾ » le considère comme un seul morceau, tandis que celui qui lit « kisfan » le traite comme un pluriel.

Al-Mahdawī ajoute : celui qui articule la sīn sans voyelle peut y voir le pluriel de « kisfa », ou bien un nom d’action (maṣdar) tiré de « kasaf­tu al-shayʾ » (j’ai couvert la chose).

C’est comme s’ils disaient : « Fais-la tomber sur nous en nappe compacte. »

Al-Jawharī précise : « La kisfa est un fragment d’une chose ; on dit : “Donne-moi une kisfa (un morceau) de ton vêtement.” Son pluriel est “kisaf” et “kisaf”. »

Ainsi, « kisfa » peut s’employer au singulier.

قَوْمُكَ مَا عَرَضُوا فَلَمْ تَقْبَلْهُ مِنْهُمْ، ثُمَّ سَأَلُوكَ لِأَنْفُسِهِمْ أُمُورًا لِيَعْرِفُوا بِهَا مَنْزِلَتَكَ مِنَ اللَّهِ كَمَا تَقُولُ، وَيُصَدِّقُوكَ وَيَتَّبِعُوكَ فَلَمْ تَفْعَلْ ثُمَّ سَأَلُوكَ أَنْ تَأْخُذَ لِنَفْسِكَ مَا يَعْرِفُونَ بِهِ فَضْلَكَ عَلَيْهِمْ وَمَنْزِلَتَكَ مِنَ اللَّهِ فَلَمْ تَفْعَلْ ثُمَّ سَأَلُوكَ أَنْ تُعَجِّلَ لَهُمْ بَعْضَ مَا تُخَوِّفُهُمْ بِهِ مِنَ الْعَذَابِ فَلَمْ تَفْعَلْ- أو كما قال له- فوالله لا أؤمن بِكَ أَبَدًا حَتَّى تَتَّخِذَ إِلَى السَّمَاءِ سُلَّمًا، ثُمَّ تَرْقَى فِيهِ وَأَنَا أَنْظُرُ حَتَّى تَأْتِيَهَا، ثُمَّ تَأْتِي مَعَكَ بِصَكٍّ مَعَهُ أَرْبَعَةٌ مِنَ الْمَلَائِكَةِ يَشْهَدُونَ لَكَ أَنَّكَ كَمَا تَقُولُ. وَايْمُ اللَّهِ لَوْ فَعَلْتَ ذَلِكَ مَا ظَنَنْتُ أَنِّي أُصَدِّقُكَ ثُمَّ انْصَرَفَ عَنْ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، وَانْصَرَفَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِلَى أَهْلِهِ حَزِينًا آسِفًا لِمَا فَاتَهُ مِمَّا كَانَ يَطْمَعُ بِهِ مِنْ قَوْمِهِ حِينَ دَعَوْهُ، وَلِمَا رَأَى مِنْ مُبَاعَدَتِهِمْ إِيَّاهُ، كُلُّهُ لَفْظُ ابْنِ إِسْحَاقَ. وَذَكَرَ الْوَاحِدِيُّ عَنْ عِكْرِمَةَ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ: فَأَنْزَلَ اللَّهُ تَعَالَى: (وَقالُوا لَنْ نُؤْمِنَ لَكَ حَتَّى تَفْجُرَ لَنا مِنَ الْأَرْضِ يَنْبُوعاً) "." يَنْبُوعاً " يَعْنِي الْعُيُونَ، عَنْ مُجَاهِدٍ. وَهِيَ يَفْعُولٌ، مِنْ نَبَعَ يَنْبَعُ. وَقَرَأَ عَاصِمٌ وَحَمْزَةُ وَالْكِسَائِيُّ" تَفْجُرَ لَنَا " مُخَفَّفَةً، وَاخْتَارَهُ أَبُو حَاتِمٍ لِأَنَّ الْيَنْبُوعَ وَاحِدٌ. وَلَمْ يَخْتَلِفُوا فِي تَفَجُّرِ الْأَنْهَارَ أَنَّهُ مُشَدَّدٌ. قَالَ أَبُو عُبَيْدٍ: وَالْأُولَى مِثْلُهَا. قَالَ أَبُو حَاتِمٍ. لَيْسَتْ مِثْلَهَا، لِأَنَّ الْأُولَى بَعْدَهَا يَنْبُوعٌ وَهُوَ وَاحِدٌ، وَالثَّانِيَةُ بَعْدَهَا الْأَنْهَارُ وَهِيَ جَمْعٌ، وَالتَّشْدِيدُ يَدُلُّ عَلَى التَّكْثِيرِ. أُجِيبَ بِأَنَّ" يَنْبُوعاً " وَإِنْ كَانَ وَاحِدًا فَالْمُرَادُ بِهِ الْجَمْعُ، كَمَا قَالَ مُجَاهِدٌ. الْيَنْبُوعُ عَيْنُ الْمَاءِ، وَالْجَمْعُ الْيَنَابِيعُ. وَقَرَأَ قتادة" أَوْ تَكُونَ لَكَ جَنَّةٌ ". (خِلالَها) أَيْ وَسَطَهَا. (أَوْ تُسْقِطَ السَّماءَ) قِرَاءَةُ الْعَامَّةِ. وَقَرَأَ مُجَاهِدٌ" أَوْ يَسْقُطَ السَّمَاءُ " عَلَى إِسْنَادِ الْفِعْلِ إِلَى السَّمَاءِ. (كِسَفاً) قِطَعًا، عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ وَغَيْرِهِ. وَالْكِسَفُ (بِفَتْحِ السِّينِ) جَمْعُ كِسْفَةٍ، وَهِيَ قِرَاءَةُ نَافِعٍ وَابْنِ عَامِرٍ وَعَاصِمٍ. الْبَاقُونَ" كِسَفاً" بِإِسْكَانِ السِّينِ. قَالَ الْأَخْفَشُ: مَنْ قَرَأَ كِسْفًا مِنَ السَّمَاءِ جَعَلَهُ وَاحِدًا، وَمَنْ قَرَأَ كِسَفًا جَعَلَهُ جَمْعًا. قَالَ الْمَهْدَوِيُّ: وَمَنْ أَسْكَنَ السِّينَ جَازَ أَنْ يَكُونَ جَمْعُ كِسْفَةٍ وَجَازَ أَنْ يَكُونَ مَصْدَرًا، مِنْ كَسَفْتُ الشَّيْءَ إِذَا غَطَّيْتُهُ. فَكَأَنَّهُمْ قَالُوا: أَسْقِطْهَا طَبَقًا عَلَيْنَا. وَقَالَ الْجَوْهَرِيُّ. الْكِسْفَةُ الْقِطْعَةُ مِنَ الشَّيْءِ، يُقَالُ: أَعْطِنِي كِسْفَةً مِنْ ثَوْبِكَ، وَالْجَمْعُ كِسَفٌ وَكِسْفٌ. وَيُقَالُ: الْكِسْفَةُ وَاحِدٌ.

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