du monde entier.
C’est que les Juifs lui dirent : « Est-ce nous que tu vises, ou bien ton peuple ? » Il répondit : « Tous, sans exception. » Et c’est dans ce sens qu’a été révélé le verset : « Quand bien même tous les arbres de la terre seraient des calames… » (1). Tel est le récit rapporté par At-Tabarî – qu’Allah lui fasse miséricorde.
On a également dit que ceux qui questionnèrent au sujet de l’Âme (ar-Rûḥ) étaient les Quraychites. Les Juifs leur avaient recommandé : « Interrogez-le au sujet des Gens de la Caverne, de Dhû l-Qarnayn et de l’Âme. S’il vous informe sur deux d’entre eux et s’abstient sur un, il est alors Prophète. » Il leur exposa donc l’histoire des Gens de la Caverne et celle de Dhû l-Qarnayn – comme cela sera rapporté – et, pour ce qui est de l’Âme, il dit : « Dis : l’Âme relève de l’Ordre de mon Seigneur », c’est-à-dire d’un ordre qu’Allah seul connaît. C’est ce qu’ont rapporté Al-Mahdawî et d’autres exégètes d’après Ibn ‘Abbâs.
[Coran, sourate Al-Isrâ’ (17), versets 86-87]
« Et si Nous voulions, Nous retirerions certes ce que Nous t’avons révélé ; alors tu ne trouverais pour toi aucun protecteur contre Nous (86), si ce n’est par miséricorde de ton Seigneur ; en vérité Sa faveur envers toi est immense (87). »
Le Très-Haut dit :
« Et si Nous voulions, Nous retirerions certes ce que Nous t’avons révélé »,
c’est-à-dire le Coran : de même que Nous avons pu le faire descendre, Nous sommes capables de le faire disparaître jusqu’à ce que les créatures l’oublient complètement.
Ce propos se rattache à Sa parole : « Et vous n’avez reçu que peu de science », c’est-à-dire : « Si Je voulais retirer même ce peu, J’en serais parfaitement capable. »
« Puis tu ne trouverais pour toi aucun protecteur contre Nous », autrement dit nul soutien qui te le restituerait.
« Si ce n’est par miséricorde de ton Seigneur », autrement dit, mais Il ne le fait pas afin de manifester Sa miséricorde ; il s’agit là d’une exception qui ne se rattache pas à la première proposition.
On a également dit : « Sauf si ton Seigneur te fait miséricorde et ne le retire pas. »
« En vérité Sa faveur envers toi est immense » : Il t’a désigné comme le maître des fils d’Âdam, t’a accordé la Station louable et t’a révélé ce Livre précieux.
‘Abd Allâh ibn Mas‘ûd a dit : « La première chose que vous perdrez de votre religion sera la confiance, et la dernière sera la prière ; quant à ce Coran, il vous sera comme arraché : viendra un matin où vous n’en posséderez plus rien. »
Un homme lui demanda : « Comment cela sera-t-il, ô Abû ‘Abd ar-Raḥmân, alors que nous l’avons ancré dans nos cœurs et inscrit dans nos feuillets, que nous l’enseignons à nos enfants, et que nos enfants l’enseigneront aux leurs jusqu’au Jour de la Résurrection ? »
Il répondit : « On l’emportera au cours d’une seule nuit : ce qui se trouve dans les feuillets et ce qui est dans les cœurs disparaîtra, et les gens se réveilleront pareils à des bêtes. » Puis ‘Abd Allâh récita : « Et si Nous voulions, Nous retirerions certes ce que Nous t’avons révélé… », le verset.
Abû Bakr ibn Abî Shaybah l’a rapporté dans des termes analogues : « Abû al-Aḥwaṣ nous a transmis d’après ‘Abd al-‘Azîz ibn Rufay‘, d’après… »
(1) Cf. vol. 14, p. 76 ; Coran 31 : 27 : « Quand bien même tous les arbres de la terre seraient des calames… ».