Parole du Très-Haut :
« Dis : chacun œuvre selon sa manière d’être. »
Ibn ʿAbbâs a dit : « selon son orientation » – et c’est aussi l’avis d’al-Ḍaḥḥâk.
Mujâhid : « selon sa nature. »
Selon une autre transmission de Mujâhid : « selon son tempérament vif. »
Ibn Zayd : « selon sa religion. »
Al-Ḥasan et Qatâdah : « selon son intention. »
Muqâtil : « selon son innéité. »
Al-Farrâ’ : « selon la voie et la doctrine sur lesquelles il a été façonné. »
Il a aussi été dit : « Dis : chacun agit selon ce qui, à ses yeux, est le plus clair et le plus juste dans sa croyance. »
On a encore soutenu que l’expression est tirée du mot shakl (forme). L’on dit : « Tu n’es pas de ma shakl ni de ma shâkilah » – c’est-à-dire : tu n’es pas de mon genre.
Le poète a dit :
« Tout homme se trouve reflété par son acte ;
Ce que fait l’homme, voilà ce qui le désigne. »
Ainsi, shakl renvoie au semblable, au pair, au type. Allah, exalté soit-Il, a dit :
« Et d’autres de même nature, par couples. » (1)
Avec la kasrah de la chîne, le terme shikl signifie la forme ; l’on dit : « une jeune fille à la belle shikl. »
Toutes ces explications sont voisines. Le sens général est que chacun agit selon ce qui correspond à son essence et à ses habitudes morales : blâme pour le mécréant, éloge pour le croyant. Cette noble Âyah et celle qui la précède furent révélées au sujet d’al-Walîd ibn al-Mughîrah, comme l’a rapporté al-Mahdawî.
« Votre Seigneur connaît mieux qui est le mieux guidé sur la voie. »
C’est-à-dire : Il connaît parfaitement le croyant et le mécréant et ce que chacun d’eux obtiendra. On a dit encore : « le mieux guidé », c’est celui qui accepte le plus promptement ; ou bien : celui qui possède la meilleure religion.
Il est rapporté que les Compagnons, – qu’Allah les agrée – , discutaient au sujet du Coran. Abû Bakr al-Ṣiddîq – qu’Allah l’agrée – déclara :
« J’ai récité le Coran du début à la fin et je n’y ai pas trouvé de verset plus porteur d’espérance ni plus beau que la parole du Très-Haut : “Dis : chacun œuvre selon sa manière.” Car rien ne correspond davantage au serviteur que la désobéissance, et rien ne correspond davantage au Seigneur que le pardon. »
ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb – qu’Allah l’agrée – dit :
« J’ai récité le Coran du début à la fin et je n’y ai pas trouvé de verset plus porteur d’espérance et plus beau que Sa parole – exalté soit-Il : “Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Hâ-Mîm. La révélation du Livre émane d’Allah, le Puissant, l’Omniscient, Pardonneur du péché, Accueillant le repentir, Dur dans la sanction, Détenteur de la grâce…” (2) – Il a placé le pardon des fautes avant l’acceptation du repentir ; c’est là un signe adressé aux croyants. »
ʿUthmân ibn ʿAffân – qu’Allah l’agrée – affirma :
« J’ai lu l’ensemble du Coran, du premier verset au dernier, et je n’ai rien vu de plus beau ni de plus plein d’espérance que Sa parole : “Informe Mes serviteurs que c’est Moi, certes Moi, le Pardonneur, le Très Miséricordieux.” (3) »
ʿAlî ibn Abî Tâlib – qu’Allah l’agrée – dit :