Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Les deux sourates protectrices (al-Muʿawwidhatayn), puis il crachait légèrement (tafala) ou soufflait sans salive (nafatha).

Abû Bakr Ibn al-Anbârî dit :
Les linguistes expliquent que « nafatha » signifie souffler un air léger sans qu’aucune salive ne l’accompagne, tandis que « tafala » désigne le fait de souffler en projetant une légère salive.

Le poète a dit :
« S’il guérit, ce n’est certes pas parce que j’aurai soufflé sur lui ;
et s’il périt, sa perte lui revient de plein droit. »

Et Dhû-r-Rumma a chanté :
« Du fond d’une eau que recouvre, toute l’année durant, une verdure flottante ;
lorsque le puisatier du clan y puise, il y crache (yattaful). »
Il voulait dire : il y souffle avec salive.

Ce que les savants ont mentionné au sujet du “souffle sans salive” (nafth) dans la sourate al-Falaq sera exposé, si Allah le Très-Haut le veut.

Troisièmement : Ibn Masʿûd rapporta que le Messager d’Allah – paix et salut sur lui – n’agréait les incantations (ruqiyah) qu’avec les deux sourates protectrices.

At-Tabarî commenta : « Ce ḥadith n’est pas apte à servir de preuve en religion, car parmi ses transmetteurs se trouve un inconnu. Quand bien même il serait authentique, il relèverait soit d’une erreur, soit d’un texte abrogé, du fait de sa parole – paix et salut sur lui – à propos de la Fâtiḥah : “Comment as-tu su qu’elle est une incantation ?” Or, si la ruqiyah au moyen des deux sourates – qui sont du Coran – est permise, la ruqiyah par le reste du Coran l’est à plus forte raison, puisque tout cela est parole d’Allah. »

Il est rapporté de lui – paix et salut sur lui – qu’il dit : « La guérison de ma communauté se trouve dans trois choses : un verset du Livre d’Allah, une cuillerée de miel, ou une saignée pratiquée au moyen de la ventouse. »

Et Rajâʾ al-Ghanawî affirma : « Celui qui ne cherche pas remède dans le Coran, nul remède ne lui profitera. »

Quatrièmement : Les savants ont divergé au sujet de la nushrah. Il s’agit d’écrire certains Noms divins ou des versets du Coran, puis de les laver dans de l’eau avec laquelle on frotte le malade ou qu’on lui fait boire. Saʿîd Ibn al-Musayyab la jugea permise.

On lui demanda : « Un homme ensorcelé et éloigné de son épouse peut-on le délier et recourir à la nushrah ? » – Il répondit : « Il n’y a aucun mal à cela ; tout ce qui est bénéfique n’a pas été proscrit. »

Mujâhid, pour sa part, n’agréait pas qu’on écrive des versets coraniques, qu’on les lave puis qu’on en fasse boire la personne en proie à la frayeur.

ʿÂʾishah, quant à elle, récitait les deux sourates protectrices sur de l’eau contenue dans un récipient, puis ordonnait qu’on la verse sur le malade.

Abû ʿAbd-Allah al-Mâzirî déclara : « La nushrah est une pratique connue chez les spécialistes d’exorcisme ; on l’appelle ainsi parce qu’elle “délie” (tanshur) le mal de celui qui la subit, c’est-à-dire le dénoue. »

Al-Ḥasan et Ibrâhîm an-Nakhaʿî l’ont interdite. An-Nakhaʿî dit : « Je crains qu’il ne lui advienne une calamité » – comme s’il estimait que tout ce qui est effacé du Coran pour être dilué

الْمُعَوِّذَتَيْنِ وَتَفَلَ أَوْ نَفَثَ. قَالَ أَبُو بَكْرِ بْنُ الْأَنْبَارِيِّ: قَالَ اللُّغَوِيُّونَ تَفْسِيرُ " نَفَثَ" نَفَخَ نفحا لَيْسَ مَعَهُ رِيقٌ. وَمَعْنَى " تَفَلَ" نَفَخَ نَفْخًا مَعَهُ رِيقٌ. قَالَ الشَّاعِرُ: فَإِنْ يَبْرَأْ فَلَمْ أُنْفِثْ عَلَيْهِ ... وَإِنْ يَفْقِدْ فَحَقَّ لَهُ الْفُقُودُ وَقَالَ ذُو الرُّمَّةِ: وَمِنْ جَوْفِ مَاءٍ عَرْمَضِ الْحَوْلِ فَوْقَهُ ... مَتَى يَحْسُ مِنْهُ مَائِحُ الْقَوْمِ يَتْفُلِ «١» أَرَادَ يَنْفُخُ بِرِيقٍ. وَسَيَأْتِي مَا لِلْعُلَمَاءِ فِي النَّفْثِ فِي سُورَةِ الْفَلَقِ «٢» إِنْ شَاءَ اللَّهُ تَعَالَى. الثَّالِثَةُ- رَوَى ابْنُ مَسْعُودٍ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كان يَكْرَهُ الرُّقَى إِلَّا بِالْمُعَوِّذَاتِ. قَالَ الطَّبَرِيُّ: وَهَذَا حَدِيثٌ لَا يَجُوزُ الِاحْتِجَاجُ بِمِثْلِهِ فِي الدِّينِ، إِذْ فِي نَقَلَتِهِ مَنْ لَا يُعْرَفُ. وَلَوْ كَانَ صَحِيحًا لَكَانَ إِمَّا غَلَطًا وَإِمَّا مَنْسُوخًا، لِقَوْلِهِ عَلَيْهِ السَّلَامُ فِي الْفَاتِحَةِ " مَا أَدْرَاكَ أَنَّهَا رُقْيَةٌ" . وَإِذَا جَازَ الرَّقْيُ بِالْمُعَوِّذَتَيْنِ وَهُمَا سُورَتَانِ مِنَ الْقُرْآنِ كَانَتِ الرُّقْيَةُ بِسَائِرِ الْقُرْآنِ مِثْلَهُمَا فِي الْجَوَازِ إِذْ كُلُّهُ قُرْآنٌ. وَرُوِيَ عنه عليه السلام أنه قال: " شفاء أمته فِي ثَلَاثٍ آيَةٍ «٣» ، مِنْ كِتَابِ اللَّهِ أَوْ لَعْقَةٍ مِنْ عَسَلٍ أَوْ شَرْطَةٍ مِنْ مِحْجَمٍ" . وَقَالَ رَجَاءٌ الْغَنَوِيُّ: وَمَنْ لَمْ يَسْتَشْفِ بِالْقُرْآنِ فَلَا شِفَاءَ لَهُ. الرَّابِعَةُ- وَاخْتَلَفَ الْعُلَمَاءُ فِي النُّشْرَةِ، وَهِيَ أَنْ يَكْتُبَ شَيْئًا مِنْ أَسْمَاءِ اللَّهِ أَوْ مِنَ الْقُرْآنِ ثُمَّ يَغْسِلُهُ بِالْمَاءِ ثُمَّ يَمْسَحُ بِهِ الْمَرِيضَ أَوْ يَسْقِيهُ، فَأَجَازَهَا سَعِيدُ بْنُ الْمُسَيَّبِ. قِيلَ لَهُ: الرَّجُلُ يُؤْخَذُ عَنِ امْرَأَتِهِ أَيُحَلُّ عَنْهُ وَيُنْشَرُ؟ قَالَ: لَا بَأْسَ بِهِ، وَمَا يَنْفَعُ لَمْ يُنْهَ عَنْهُ. وَلَمْ يَرَ مُجَاهِدٌ أَنْ تُكْتَبَ آيَاتٌ مِنَ الْقُرْآنِ ثُمَّ تُغْسَلُ ثُمَّ يُسْقَاهُ صَاحِبُ الْفَزَعِ. وَكَانَتْ عَائِشَةُ تَقْرَأُ بِالْمُعَوِّذَتَيْنِ فِي إِنَاءٍ ثُمَّ تَأْمُرُ أَنْ يُصَبَّ عَلَى الْمَرِيضِ. وَقَالَ الْمَازِرِيَّ أَبُو عَبْدِ اللَّهِ: النُّشْرَةُ أَمْرٌ مَعْرُوفٌ عِنْدَ أَهْلِ التَّعْزِيمِ، وَسُمِّيَتْ بِذَلِكَ لِأَنَّهَا تَنْشُرُ عَنْ صَاحِبِهَا أَيْ تَحُلُّ. وَمَنَعَهَا الْحَسَنُ وَإِبْرَاهِيمُ النَّخَعِيُّ، قَالَ النَّخَعِيُّ: أَخَافُ أَنْ يُصِيبَهُ بَلَاءٌ، وَكَأَنَّهُ ذهب إلى أنه ما محي «٤» به القرآن فهو
(١). العرمض: الخضرة التي تعلوا الماء وهى الرمض والعلق والطحلب. والمائح (بالهمز): الذي ينزل البئر فيملأ الدلو. والماتح (بالتاء): الذي يجذب الدلوا. (٢). راجع ج ٢٠ ص ٢٥٧ فما بعد. (٣). لم نقف على هذه الرواية، والمشهورة كما في البخاري وعيرة:" شفاء أمتي في ثلاث شرطة محجم أو شربة عسل أوكية نار .. "، (٤). كذا في ج، وفى أوح ووو ى: يجئ.

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