« Laissez-la, car elle est maudite. »
Il lui retira donc la propriété de cette chamelle, afin de donner une leçon à sa maîtresse et de châtier l’animal, en regard de l’imprécation que la femme avait prononcée contre lui. ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb – qu’Allâh l’agrée – fit, de même, répandre le lait qu’un homme avait coupé d’eau.
Troisièmement : l’exégèse du verset que nous avons citée s’éclaire à la lumière de la parole du Prophète – que les bénédictions et la paix d’Allâh soient sur lui :
« Par Allâh ! Il descendra certes, ʿÎsâ fils de Maryam, en tant que juge équitable ; il brisera assurément la croix, tuera le porc, abolira la jizyah, et l’on abandonnera les chamelles racées si bien que l’on ne se hâtera plus de les monter… » – hadith rapporté par les deux Ṣaḥîḥ.
Relèvent également de ce chapitre le fait que le Prophète – paix et bénédictions sur lui – déchira le voile où figuraient des images ; cela constitue, en outre, une preuve de l’obligation de détruire les images et les instruments de distraction, comme nous l’avons signalé. Tout cela interdit de les conserver et impose de les faire disparaître chez celui qui les possède.
Les auteurs de ces images seront tourmentés, le Jour de la Résurrection, et il leur sera ordonné : « Donnez vie à ce que vous avez créé ! » – Ce thème reviendra, si Allâh le veut, dans la sourate « an-Naml ».
Parole du Très-Haut : « Dis : la vérité est venue » – c’est-à-dire l’Islâm ; d’autres ont dit : le Coran (opinion de Mujâhid) ; d’autres encore : le jihâd. Quant à « et l’erreur a péri », on a dit : le polythéisme ; Mujâhid a dit : Satan. L’avis correct est de généraliser l’expression autant que possible : la législation est venue avec tout ce qu’elle renferme.
« Et l’erreur a péri » signifie : le faux s’est anéanti. De là, l’expression « l’âme s’est éteinte (zahaqat nafsuh) », c’est-à-dire son anéantissement. On dit : « sa vie s’est éteinte », « je l’ai fait périr ».
« En vérité, l’erreur est vouée à périr » : elle n’a point de permanence, tandis que la vérité demeure ferme.
[Sourate al-Isrâʼ (17), verset 82]
« Et Nous faisons descendre, du Coran, ce qui est guérison et miséricorde pour les croyants ; mais il n’accroît, pour les injustes, que leur perte. »
Ce verset comporte sept questions :
Premièrement – Sa parole, exalté soit-Il : « Et Nous faisons descendre (wa-nunazzilu) » : la majorité a lu avec le nûn de la première personne ; Mujâhid a lu « et Il fait descendre (wa-yunzilu) » à la troisième personne, lecture légère, rapportée par al-Marwazî d’après Ḥafṣ. La préposition « min » peut marquer le commencement de la portée, mais elle peut aussi être explicative du genre : c’est comme s’Il avait dit : « Nous faisons descendre, faisant partie du Coran, ce qui est guérison. » Dans le hadith : « Quiconque ne recherche pas la guérison par le Coran… »