Comme Il en a informé au sujet de Lui-même, sans en connaître le comment (« bilâ kayf »). Faire asseoir Muhammad sur le Trône ne lui confère nullement l’attribut de seigneurie, ni ne le fait sortir de la condition d’adorateur ; il s’agit plutôt d’une élévation de son rang et d’un honneur accordé au-dessus de toutes les créatures.
Quant à Sa parole, dans le hadith, où Il dit : « avec Lui », elle est du même ordre que Ses paroles : « Ceux qui sont auprès de ton Seigneur » [Coran 7 : 206], « Seigneur ! bâtis-moi, auprès de Toi, une maison au Paradis » [Coran 66 : 11], « Certes, Allah est avec les bienfaisants » [Coran 29 : 69], et autres expressions analogues. Tout cela renvoie au rang, à la position, à la faveur et au haut degré, et non au lieu.
Quatrièmement : par son intercession, il fera sortir du Feu ceux qui devront en sortir ; telle est l’opinion de Jâbir ibn ‘Abd Allâh, rapportée par Muslim. Nous l’avons exposée dans le « Kitâb at-Tadhkira », et Allah accorde la réussite.
Sixième point : les savants ont divergé quant à savoir si la prière nocturne constitue ou non une cause du « maqâm mahmûd » ; il existe deux avis :
- Le Créateur – exalté soit-Il – rend ce qu’Il veut de Ses actes cause de Sa grâce, que nous en connaissions ou non la sagesse.
- La prière nocturne offre une intimité exclusive avec le Créateur et une confidence à l’écart des gens ; ainsi lui fut accordée cette intimité et cette confidence durant son Qiyâm, et c’est là le « maqâm mahmûd ». Les créatures y connaissent des degrés divers : le plus éminent d’entre eux est Muhammad – que la prière et la paix d’Allah soient sur lui –, car il recevra ce que nul autre ne recevra et intercédera comme nul n’intercédera. Quant au mot « ‘asâ » (il se peut) venant d’Allah – Puissant et Majestueux –, il implique la certitude ; « maqâman » est à l’accusatif en tant que complément circonstanciel : « dans un stationnement » ou « vers un stationnement ».
At-Tabarî rapporte d’Abû Hurayra que le Messager d’Allah – que la prière et la paix d’Allah soient sur lui – a dit : « Le maqâm mahmûd est la position dans laquelle j’intercéderai pour ma communauté. » Le maqâm désigne donc le lieu où l’on se tient pour des affaires solennelles, comme les stations devant les rois.
Sourate al-Isrâ’ (17), verset 80 : « Et dis : Seigneur ! fais-moi entrer par une entrée de vérité et fais-moi sortir par une sortie de vérité, et accorde-moi de Ta part un pouvoir secourant. »
On a dit : le sens en est : « Fais-moi mourir d’une mort véridique et ressuscite-moi, le Jour de la Résurrection, d’une résurrection véridique », afin que cela se rattache à Sa parole : « Il se peut que ton Seigneur te ressuscite en une position louée. » Comme si, après lui avoir fait cette promesse, Il lui ordonnait d’invoquer afin qu’Il la réalise.