« Trois choses m’ont été rendues obligatoires, alors qu’elles constituent pour ma communauté des actes surérogatoires : la prière nocturne (qiyâm al-layl), la prière du witr et l’usage du siwâk. »
On a dit : la prière de nuit était, pour le Prophète, une pratique surérogatoire, mais elle avait d’abord été prescrite à tous comme une obligation ; puis cette obligation fut abrogée, si bien que le qiyâm al-layl devint un acte facultatif après avoir été obligatoire, comme l’a rapporté ʿÂʾicha – qu’Allah l’agrée –, ainsi qu’il sera expliqué, inshâ’Allâh, dans la sourate al-Muzzammil. Dans cette perspective, l’ordre de s’adonner aux œuvres surérogatoires a valeur de recommandation, et l’adresse divine vise le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue –, ses fautes lui ayant été pardonnées. Lorsqu’il accomplit donc un acte non obligatoire, cela accroît ses degrés. Quant aux autres membres de la communauté, leurs œuvres surérogatoires sont des expiations et viennent combler les manquements qui entachent les obligations, ainsi l’ont expliqué Mujâhid et d’autres.
On a encore dit qu’il s’agit d’un « don », car nul don n’est plus précieux pour le serviteur que le succès accordé dans l’adoration.
Troisièmement : Sa parole – exalté soit-Il – : « Peut-être que ton Seigneur te ressuscitera en une Station louée. » Le « maqâm mahmûd » a été interprété de quatre manières. La première – et la plus correcte – est qu’il désigne l’intercession en faveur des gens, au Jour de la Résurrection ; telle est l’opinion de Hudhayfa ibn al-Yamân.
Il est rapporté dans le Ṣaḥîḥ de al-Bukhârî, d’après Ibn ʿUmar : « Les gens seront, le Jour de la Résurrection, groupés en foules ; chaque communauté suivra son Prophète et dira : “Untel, intercède !” – jusqu’à ce que l’intercession arrive au Prophète, que la prière et la paix d’Allah soient sur lui ; ce jour-là, Allah l’élèvera à la Station Louée. »
Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, Anas rapporte que le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – a dit : « Lorsque viendra le Jour de la Résurrection, les gens se mêleront les uns aux autres ; ils iront auprès d’Âdam et lui diront : “Intercède pour ta descendance.” Il répondra : “Je n’en ai pas la charge ; allez plutôt auprès d’Ibrâhîm, l’ami intime d’Allah.” Ils se présenteront alors à Ibrâhîm, qui dira : “Je n’en ai pas la charge ; allez plutôt auprès de Mûsâ, l’interlocuteur d’Allah.” On viendra à Mûsâ ; il dira : “Je n’en ai pas la charge ; allez plutôt auprès de ʿÎsâ, l’esprit d’Allah et Sa parole.” On se rendra donc à ʿÎsâ, qui dira : “Je n’en ai pas la charge ; allez plutôt auprès de Muhammad.” On me fera alors venir, et je dirai : “Je suis habilité à cela.” » – puis il rapporta la suite du ḥadîth.
Al-Tirmidhî rapporte, d’après Abû Hurayra, que le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – fut interrogé au sujet de la parole divine : « Peut-être que ton Seigneur te ressuscitera en une Station louée ». Il répondit : « Il s’agit de l’intercession. » Et al-Tirmidhî de préciser : « Ce hadith est ḥasan ṣaḥîḥ. »