en particulier, à l’exclusion des autres prières, car le Coran y occupe la place la plus éminente ; sa récitation y est longue et l’on y récite à voix haute, ainsi que cela est connu et consigné. Tel est également l’avis rapporté d’az-Zajjāj.
J’ai dit : la pratique établie des habitants de Médine veut que l’on recommande de prolonger la récitation dans la prière de l’aube, dans une mesure qui ne porte pas préjudice à ceux qui se tiennent derrière l’imâm ; on y lit les longues sourates du « mufassal ». Viennent ensuite, dans cet ordre, la prière du ẓuhr et celle du vendredi. Quant au maghrib, la récitation y est allégée ; elle est moyenne dans le ‘aṣr et dans l‘ichâ’.
Il a même été dit, à propos du ‘aṣr, qu’elle devait être abrégée comme au maghrib. Quant aux récits authentiques rapportés par Muslim et d’autres, mentionnant une prolongation là où la pratique est désormais à l’allègement, ou un allègement là où la pratique est à la prolongation — tels que sa récitation, au fajr, des deux sourates protectrices (al-Muʿawwidhatayn), rapportée par an-Nasâ’î, ou sa récitation des sourates al-Aʿrâf, al-Mursalât et aṭ-Tûr dans le maghrib —, ces récits sont laissés de côté dans la pratique. Il en va de même de sa réprobation adressée à Muʿâdh lorsqu’il rallongea la prière en dirigeant les siens pour l‘ichâ’ et qu’il commença par Sûrat al-Baqarah ; ce hadith est rapporté dans les Ṣaḥîḥ.
De même, il ordonna aux imâms d’alléger en disant : « Ô gens ! Certains d’entre vous font fuir (les fidèles) ; que celui d’entre vous qui dirige les gens allège, car il y a parmi eux l’enfant, le vieillard, le malade, le souffrant, le faible et celui qui a une nécessité. » Il dit encore : « Lorsque l’un de vous prie seul, qu’il prolonge autant qu’il le souhaite. » Tout cela est consigné dans le hadith authentique.
Cinquième point : La parole du Très-Haut : « et le Coran de l’aube » constitue une preuve qu’il n’y a pas de prière sans récitation, puisqu’Il a appelé la prière « Coran ». Les savants ont divergé à propos de la récitation dans la prière : la majorité estime obligatoire pour l’imâm et celui qui prie seul de réciter la Mère du Livre (Umm al-Qur’ân) dans chaque rakʿa ; tel est l’avis le plus connu de Mâlik. D’après lui également, elle serait obligatoire dans la plus grande partie de la prière ; c’est l’opinion d’Isḥâq. Il est encore rapporté de lui qu’elle n’est obligatoire que dans une seule rakʿa, avis rapporté par al-Mughîrah et Sahnûn. Une autre version — la plus isolée — affirme qu’aucune récitation n’est obligatoire dans la prière. On rapporte aussi de Mâlik qu’elle est obligatoire dans la moitié de la prière, opinion que partage l’Awzâʿî. Selon l’Awzâʿî, ainsi qu’Ayyûb, elle est obligatoire en toutes circonstances pour l’imâm, le fidèle solitaire et le fidèle dirigé ; telle est l’une des deux positions d’aš-Šâfiʿî. Tout cela a été exposé de façon détaillée dans notre commentaire de la Fātiḥa.
Sixième point : Sa parole, exalté soit-Il : « … était l’objet d’un témoignage ». At-Tirmidhî rapporte d’Abû Hurayrah — qu’Allâh l’agrée — que le Prophète, ﷺ, au sujet de la parole divine : « et le Coran de l’aube ; certes, le Coran de l’aube est bien attesté », a dit : « Il est assisté (par les anges)… »