Il y a, dans ce passage, sept questions :
Première question –
Parole du Très-Haut :
« Accomplis la prière au déclin du soleil ».
Après avoir évoqué les ruses des polythéistes, Allah ordonne à Son Prophète – paix et salut sur lui – la patience et l’assiduité à la prière, celle-ci constituant une demande de victoire contre les ennemis. C’est le même sens que dans Sa parole : « Nous savons certes que ta poitrine se serre à cause de ce qu’ils disent ; alors, glorifie ton Seigneur par Sa louange et sois parmi ceux qui se prosternent ».
Le sens de l’expression « établir la prière » a été exposé au début de la sourate al-Baqarah. Par consensus des exégètes, ce verset fait allusion aux cinq prières obligatoires.
Les savants ont divergé au sujet du terme « duluk » (déclin) en deux avis :
- Il désigne le zénith, c’est-à-dire le moment où le soleil s’écarte du centre du ciel. C’est l’avis de ʿUmar, de son fils, d’Abû Hurayra, d’Ibn ʿAbbâs et d’un groupe de Tâbiʿîn et d’autres encore.
- Le « duluk » correspond au coucher du soleil. C’est l’opinion dʿAlî, d’Ibn Masʿûd, d’Ubayy b. Kaʿb et elle est également rapportée d’Ibn ʿAbbâs.
Al-Mâwardî dit : « Celui qui tient le “duluk” pour le coucher du soleil s’appuie sur le fait que l’homme se frotte (yadluku) les yeux avec la paume de ses mains afin de bien distinguer l’astre au moment où il disparaît. Celui qui le considère comme le zénith l’explique par le fait qu’il se frotte les yeux à cause de la vigueur de ses rayons. »
Abû ʿUbayda dit : « Son “duluk” c’est son coucher. » Il cite l’expression « dallakat barâḥ », c’est-à-dire : le soleil s’est couché. Qaṭrub a récité :
« Voici l’endroit où se tinrent les deux pieds de Rabâḥ ;
Il resta ferme jusqu’à ce que “Barâḥ” – le soleil – s’affaissa. »
“Barâḥ”, avec un “b” ouvert, sur le même schème que ḥazām et qaṭām, est l’un des noms du soleil. Al-Farrâ le rapporte avec un “b” cassé (« birāḥ »), qui est le pluriel de « râḥa » (paume) : il voulut dire que le soleil s’était couché tandis qu’il le regardait, la main placée en visière au-dessus du sourcil.
De même, al-ʿAjjāj a dit :
« Alors que le soleil allait presque tomber malade (c’est-à-dire se coucher),
Je le repoussais de la paume pour qu’il glisse plus bas. »
Ibn al-Aʿrabi explique : « La zuḥlûfa est un lieu en pente et lisse, parce qu’ils y glissent. » Il ajoute : « La “zahlafa” est comme le fait de faire rouler ou de pousser ; on dit : “j’ai zahlafté la chose, alors elle a glissé”. »
On dit également : « dalakat al-shams » – « le soleil s’est dalaka » – quand il s’est couché. Dhû l-Rumma a dit :
« Des lampes qui ne sont pas celles qu’animent les étoiles,
Et qui ne sont pas non plus les astres déclinants et glissants. »