Et Sa parole – qu’Il soit exalté – : « Alors Nous t’aurions fait goûter le double de la vie et le double de la mort ». Autrement dit : si tu avais penché (vers eux), Nous t’aurions infligé deux fois le châtiment dans ce bas-monde et deux fois le châtiment dans l’au-delà. Telle est l’explication donnée par Ibn ‘Abbâs, Mujâhid et d’autres. Il s’agit là du comble de la menace ; plus le rang spirituel est élevé, plus le châtiment encouru en cas de transgression est sévère.
Allah – Très-Haut – dit également : « Ô épouses du Prophète, celle d’entre vous qui commettra une turpitude manifeste, le châtiment lui sera doublé par deux fois. » Or, le « double » d’une chose correspond à son équivalent répété deux fois. Parfois, le terme « double » peut aussi signifier « part », comme dans Sa parole : « À chacun une part (ḍiʿf). » Cela a déjà été expliqué dans la sourate al-Aʿrâf.
[Coran 17/76] : « Ils étaient tout près de t’extirper de la terre afin de t’en faire sortir ; et alors, ils ne resteraient après toi que bien peu. »
Il a été dit que ce verset est médinois, comme cela a été mentionné au début de la sourate. Ibn ‘Abbâs rapporte : les juifs enviaient l’installation du Prophète ﷺ à Médine et dirent : « Les prophètes n’ont été envoyés qu’au pays de Shâm ; si tu es vraiment prophète, rends-toi-y donc. Si tu t’y rends, nous te croirons et nous croirons en toi. » Ce propos toucha le cœur du Prophète, en raison de son désir de les voir embrasser l’islam. Il quitta alors Médine et parcourut une étape de voyage, puis Allah fit descendre ce verset.
‘Abd ar-Raḥmân ibn Ghanm dit : le Messager d’Allah ﷺ entreprit l’expédition de Tabûk, avec pour seule intention la région de Shâm. Lorsqu’il atteignit Tabûk, le verset « Ils étaient tout près de t’extirper de la terre… » fut révélé, alors que la sourate était déjà close, et il reçut l’ordre de retourner (à Médine).
D’autres ont dit qu’il s’agit d’un verset mecquois. Mujâhid et Qatâda affirment qu’il fut révélé au sujet de la volonté des Mecquois de l’expulser. S’ils l’avaient effectivement expulsé, ils n’auraient bénéficié d’aucun délai ; cependant, Allah lui ordonna l’Hijra, et il partit. Cette opinion est la plus correcte : la sourate est mecquoise, le passage précédent relate l’histoire des Mecquois et il n’est nullement question des juifs.
L’expression « de la terre » renvoie à la terre de La Mecque, comme dans Sa parole : « Je ne cesserai de demeurer dans la terre (al-arḍ)… », c’est-à-dire la terre d’Égypte. La preuve en est Sa parole : « Que de cités, plus puissantes que ta cité qui t’a expulsé… », c’est-à-dire La Mecque ; ses habitants avaient projeté de l’en chasser, d’où l’attribution du verbe « t’a expulsé » à la ville elle-même.
Il fut encore dit que l’ensemble des mécréants avaient résolu de le déloger de la péninsule arabique en unissant leurs forces contre lui, mais Allah l’en a protégé ; et si jamais ils l’avaient expulsé