Le texte explicite du Coran traite de la hiérarchie entre les Prophètes ; nous l’avons déjà exposé dans la sourate al-Baqarah¹, ainsi que ce qui y figure au sujet de la prééminence des anges et du croyant².
Troisièmement – Parole du Très-Haut : « Nous leur avons accordé une subsistance faite de choses bonnes ». Autrement dit : des mets et des boissons savoureux.
Muqâtil dit : il s’agit du beurre clarifié, du miel, du beurre, des dattes et des sucreries ; quant à la subsistance des autres créatures, elle n’est, vous le savez, que paille, ossements, etc.
« Nous les avons favorisés par rapport à nombre de Nos créatures, d’un net avantage » : c’est-à-dire par rapport aux bêtes domestiques, au gibier, aux animaux sauvages et aux oiseaux, grâce à la domination et à la maîtrise, à la rétribution et à la récompense, à la protection, au discernement et à la pénétration intuitive.
Quatrièmement – Ce verset réfute ce qui est rapporté d’Âʾishah – qu’Allāh l’agrée – selon lequel l’Envoyé d’Allāh – paix et bénédiction d’Allāh sur lui – aurait dit : « Privez-vous des aliments délicats, car c’est uniquement par eux que le Shayṭān trouve la force de circuler dans les veines ». Nombre de soufis se fondent sur cette parole pour délaisser les bonnes nourritures ; or elle est dénuée de fondement, puisque le Coran la contredit et que la Sunna authentique enseigne le contraire, comme cela a été établi en divers endroits.
Abû Ḥāmid al-Ṭûsî rapporte : Sahl se nourrissait un certain temps de feuilles de jujubier, et il mangea la poudre de feuilles de figuier pendant trois années.
Ibrâhîm ibn al-Bannâ raconte : « J’accompagnai Dhû n-Nûn d’Ikhmîm à Alexandrie. À l’heure où il devait rompre le jeûne, je sortis un petit pain et du sel que j’avais avec moi et lui dis : “Approche !”. Il me demanda : “Ton sel est-il pilé ?” Je répondis : “Oui”. Il dit alors : “Tu ne réussiras pas !” Je regardai sa besace ; il n’y avait qu’un peu de sawîq d’orge dont il prenait quelques pincées. »
Abû Yazîd disait : « Je n’ai rien mangé de ce que mangent les fils d’Adam pendant quarante ans. »
Nos savants commentent : Il n’est pas permis d’imposer cela à l’âme, car Allāh – Exalté soit-Il – a honoré l’être humain par le froment et a réservé ses balles à leurs troupeaux. Il ne convient donc pas de disputer la paille aux bêtes. Quant au sawîq d’orge, il engendre la colique ; et si l’homme se limite au pain d’orge et à un gros sel concassé, son tempérament se dérègle : le pain d’orge est froid et desséchant, tandis que le sel est sec et astringent, nuisible au cerveau et à la vue. Lorsque l’âme incline vers ce qui lui est profitable et qu’on le lui refuse, on contredit la sagesse du Créateur – gloire à Lui – en la repoussant ; cela se répercute ensuite sur le corps ; un tel comportement est donc contraire à la Sharʿa et à la raison. Or il est établi que le corps