Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Parole du Très-Haut :

« Votre Seigneur est Celui qui fait voguer pour vous les vaisseaux sur la mer. »

L’« izjâʼ » désigne la conduite, la mise en mouvement ; c’est dans ce sens qu’Allâh – qu’Il soit exalté – a dit : « N’as-tu pas vu qu’Allâh pousse les nuages… »

Le poète a dit :
« Ô toi, cavalier qui fais avancer ta monture,
interroge les Banû Asad à propos de ce vacarme. »

Faire voguer les navires consiste donc à les faire avancer au moyen d’un vent doux. Le terme al-fulk est ici au pluriel, comme on l’a déjà signalé. Quant au mot baḥr, il désigne toute grande masse d’eau, qu’elle soit douce ou salée ; ce nom est devenu l’appellation usuelle de la mer.

Ce verset est un rappel des bienfaits d’Allâh et de Sa grâce envers Ses serviteurs : « Votre Seigneur, Celui qui vous a comblés de tels et tels bienfaits, ne Lui associez donc rien. »

« …afin que vous recherchiez quelque chose de Sa grâce » : c’est-à-dire, grâce aux transactions commerciales, ainsi qu’il a été expliqué précédemment.

« Car Il est, certes, Miséricordieux envers vous. »

Parole du Très-Haut :

« Et lorsque le malheur vous atteint en mer, ceux que vous invoquiez en dehors de Lui disparaissent, à l’exception de Lui. Puis, lorsqu’Il vous ramène sains et saufs sur la terre ferme, vous vous détournez. Or l’homme est extrêmement ingrat. »

Le terme « aḍ-ḍurr » englobe la peur de la noyade, l’immobilisation du navire, ainsi que les effrois que sont l’agitation et la houle de la mer.

« Ḍalla » signifie : périr, se perdre ; c’est une expression de dénigrement à l’égard de quiconque prétend être une divinité en dehors d’Allâh.

Le sens du verset est le suivant : les mécréants ne voient dans leurs idoles que d’éventuels intercesseurs dotés, selon eux, d’un certain mérite. Pourtant chacun, par sa nature même, sait pertinemment – d’un savoir auquel il ne peut se soustraire – que les idoles n’ont aucun pouvoir dans les épreuves majeures. Allâh les confronte donc à la situation de la mer, où toutes les ressources humaines sont réduites à néant.

« Mais lorsque [Allâh] vous ramène en sécurité sur la terre ferme, vous vous détournez » : c’est-à-dire que vous délaissez la sincérité.

« Et l’homme est extrêmement ingrat » : ici, « l’homme » désigne le mécréant. D’autres ont dit : l’homme est, de nature, ingrat à l’égard des bienfaits, sauf celui qu’Allâh protège ; le terme « insân » est donc un nom générique.

Parole du Très-Haut :

« Vous sentez-vous donc en sécurité qu’Il ne fasse engloutir sous vous un flanc de la terre ferme, ou qu’Il n’envoie contre vous une tornade de pierres, et qu’ensuite vous ne trouviez pour vous aucun protecteur ? »

قَوْلُهُ تَعَالَى: (رَبُّكُمُ الَّذِي يُزْجِي لَكُمُ الْفُلْكَ فِي الْبَحْرِ) الْإِزْجَاءُ: السَّوْقُ، وَمِنْهُ قَوْلُهُ تَعَالَى: " أَلَمْ تَرَ أَنَّ اللَّهَ يُزْجِي سَحاباً «١» " . وَقَالَ الشَّاعِرُ: «٢» يَا أَيُّهَا الرَّاكِبُ الْمُزْجِي مَطِيَّتَهُ ... سَائِلٌ بَنِي أَسَدٍ مَا هَذِهِ الصَّوْتُ وَإِزْجَاءُ الْفُلْكِ: سَوْقُهُ بِالرِّيحِ اللَّيِّنَةِ. وَالْفُلْكُ هُنَا جَمْعٌ، وَقَدْ تَقَدَّمَ «٣» . وَالْبَحْرُ الْمَاءُ الْكَثِيرُ عَذْبًا كَانَ أَوْ ملحا، وقد غلب هذا الاسم على المشهور «٤» وَهَذِهِ الْآيَةُ تَوْقِيفٌ عَلَى آلَاءِ اللَّهِ وَفَضْلِهِ عِنْدَ عِبَادِهِ، أَيْ رَبُّكُمُ الَّذِي أَنْعَمَ عَلَيْكُمْ بِكَذَا وَكَذَا فَلَا تُشْرِكُوا بِهِ شَيْئًا. (لِتَبْتَغُوا مِنْ فَضْلِهِ) أَيْ فِي التِّجَارَاتِ. وَقَدْ تَقَدَّمَ «٥» . (إِنَّهُ كانَ بِكُمْ رَحِيماً) . [[سورة الإسراء (١٧) : آية ٦٧]] وَإِذا مَسَّكُمُ الضُّرُّ فِي الْبَحْرِ ضَلَّ مَنْ تَدْعُونَ إِلاَّ إِيَّاهُ فَلَمَّا نَجَّاكُمْ إِلَى الْبَرِّ أَعْرَضْتُمْ وَكانَ الْإِنْسانُ كَفُوراً (٦٧) قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَإِذا مَسَّكُمُ الضُّرُّ فِي الْبَحْرِ) " الضُّرُّ" لَفْظٌ يَعُمُّ خَوْفَ الْغَرَقِ وَالْإِمْسَاكَ عَنِ الْجَرْيِ. وَأَهْوَالُ حَالَاتِهِ اضْطِرَابُهُ وَتَمَوُّجُهُ. (ضَلَّ مَنْ تَدْعُونَ إِلَّا إِيَّاهُ) " ضَلَّ" مَعْنَاهُ تَلِفَ وَفُقِدَ، وَهِيَ عِبَارَةُ تَحْقِيرٍ لِمَنْ يَدَّعِي إِلَهًا مِنْ دُونِ اللَّهِ. الْمَعْنَى فِي هَذِهِ الْآيَةِ: أَنَّ الْكُفَّارَ إِنَّمَا يَعْتَقِدُونَ فِي أَصْنَامِهِمْ أَنَّهَا شَافِعَةٌ، وَأَنَّ لَهَا فَضْلًا. وَكُلُّ وَاحِدٍ مِنْهُمْ بِالْفِطْرَةِ يَعْلَمُ عِلْمًا لَا يَقْدِرُ عَلَى مُدَافَعَتِهِ أَنَّ الْأَصْنَامَ لَا فِعْلَ لَهَا فِي الشَّدَائِدِ الْعِظَامِ، فَوَقَفَهُمُ اللَّهُ مِنْ ذَلِكَ عَلَى حَالَةِ الْبَحْرِ حَيْثُ تَنْقَطِعُ الْحِيَلُ. (فَلَمَّا نَجَّاكُمْ إِلَى الْبَرِّ أَعْرَضْتُمْ) أَيْ عَنِ الْإِخْلَاصِ. (وَكانَ الْإِنْسانُ كَفُوراً) الْإِنْسَانُ هُنَا الْكَافِرُ. وَقِيلَ: وَطُبِعَ الْإِنْسَانُ كَفُورًا لِلنِّعَمِ إِلَّا مَنْ عصمه الله، فالإنسان لفظ الجنس. [[سورة الإسراء (١٧) : آية ٦٨]] أَفَأَمِنْتُمْ أَنْ يَخْسِفَ بِكُمْ جانِبَ الْبَرِّ أَوْ يُرْسِلَ عَلَيْكُمْ حاصِباً ثُمَّ لَا تَجِدُوا لَكُمْ وَكِيلاً (٦٨)
(١). راجع ج ١٢ ص ٢٨٧ فما بعد. (٢). هو رويشد بن كثير الطائي، كما في اللسان. (٣). راجع ج ٢ ص ١٩٥، وص ٤١٣. (٤). كذا في الأصول. أي البجحر الملح. [ ..... ] (٥). راجع ج ٢ ص ١٩٥، وص ٤١٣.

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