La plupart des exégètes ont dit : il s’agit de tout cavalier et de tout piéton qui se livrent à la désobéissance envers Allah, Exalté soit-Il.
Ibn ‘Abbâs, Mujâhid et Qatâdah ont soutenu qu’Iblîs possède une cavalerie et une infanterie parmi les djinns et les humains ; ainsi, tout cavalier ou marcheur qui combat dans la désobéissance à Allah fait partie de la cavalerie et de l’infanterie d’Iblîs.
Sa‘îd ibn Jubayr et Mujâhid rapportent d’Ibn ‘Abbâs : « Tout cheval qui se déplace dans la désobéissance à Allah, tout homme qui marche dans la désobéissance à Allah, toute richesse acquise illicitement et tout enfant issu de la fornication appartiennent à Satan. » Le terme « ar-rajl » est le pluriel de « râjil », tout comme « sahb » est le pluriel de « sâhib ». Ḥafṣ a lu : « wa-rajilika » en cassant la lettre jîm ; les deux formes « rajil » et « rajl » signifient « piéton ». ‘Ikrimah et Qatâdah ont lu : « wa-rijâlika », au pluriel.
Quatrième point : « Et associe-toi à eux dans les biens et les enfants » – c’est-à-dire réserve-toi une part dans cela. Sa part dans les biens consiste à les dépenser dans la désobéissance à Allah, selon Al-Ḥasan. D’autres disent : il s’agit des biens obtenus sans droit, d’après Mujâhid. Ibn ‘Abbâs a dit : cela concerne ce qu’ils déclaraient illicite parmi la bahîrah, la sâ’ibah, la waṣîlah et le ḥâm, opinion partagée par Qatâdah. Ad-Ḍaḥḥâk a dit : c’est ce qu’ils immolaient pour leurs idoles.
Quant aux enfants, il a été dit qu’il s’agit des enfants adultérins, selon Mujâhid, Ad-Ḍaḥḥâk et ‘Abdullâh ibn ‘Abbâs. D’après lui encore : cela englobe ceux qu’ils tuaient parmi leurs enfants ainsi que les crimes perpétrés à leur encontre. Il a également dit : cela consiste à leur donner des noms comme ‘Abd-al-Ḥârith, ‘Abd-al-‘Uzzâ, ‘Abd-al-Lât, ‘Abd-ash-Shams, et autres semblables. Une autre opinion veut qu’il s’agisse d’orienter leurs enfants vers l’incroyance jusqu’à en faire des juifs ou des chrétiens, à l’image des chrétiens qui immergent leurs enfants dans l’eau baptismale ; propos rapportés de Qatâdah.
Cinquième opinion – rapportée de Mujâhid : lorsqu’un homme a des rapports et n’invoque pas (le Nom d’Allah), le djinn s’enroule autour de son organe et cohabite avec lui. C’est à cela que renvoie la Parole du Très-Haut : « Aucun homme ne les a touchées avant eux, ni djinn » ; l’explication viendra.
Il est rapporté dans un ḥadith d’‘Â’ishah que le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – a dit : « Il y a parmi vous des “mughar-ribîn”. » Je demandai : « Ô Messager d’Allah, qui sont les mughar-ribûn ? » Il répondit : « Ceux auxquels les djinns se sont associés. » Al-Tirmidhî Al-Ḥakîm l’a rapporté dans « Nawâdir al-Uṣûl ».
Al-Harawî explique qu’on les appelle « mughar-ribûn » parce qu’une lignée étrangère s’est introduite parmi eux. Al-Tirmidhî Al-Ḥakîm ajoute : les djinns rivalisent avec les fils d’Âdam et se mêlent à eux ; certains d’entre eux contractent même mariage avec eux, et Bilqîs, la reine de Saba, avait l’un de ses parents issu des djinns. Son exposé viendra, si Allah le veut.