Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Ils bondissaient sur sa chaire tels des singes ; cela l’affligea. On lui dit alors : « Ce n’est que la jouissance passagère d’ici-bas qu’Allah leur a accordée. » Son chagrin se dissipa. Le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – ne possédait pourtant pas de chaire à La Mecque ; il est toutefois possible qu’il y ait vu, en songe, la chaire qui se trouve à Médine. Cette troisième interprétation est également rapportée par Sahl ibn Saʿd – qu’Allah l’agrée. Celui-ci expliqua : « Dans cette vision, le Messager d’Allah voyait les Banû Umayya bondir sur sa chaire comme des singes ; il en fut si peiné qu’il ne retrouva plus jamais un rire complet à partir de ce jour jusqu’à sa mort. » Le verset descendit alors pour préciser que leur prise de pouvoir et leur montée sur la chaire constitueraient, de la part d’Allah, une fitna (épreuve) et une mise à l’épreuve pour les gens.

Al-Ḥasan ibn ʿAlî, dans le sermon relatif à l’allégeance qu’il prêta à Muʿâwiya, récita : « Je ne sais ; peut-être est-ce pour vous une tentation et une jouissance pour un temps déterminé. » (Coran 21 : 111)

Ibn ʿAṭiyya commente : « Cette interprétation mérite examen, car ni ʿUthmân, ni ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzîz, ni Muʿâwiya n’entrent dans cette vision. »

Puis – qu’Il soit exalté – dit : « et l’arbre maudit dans le Coran ». Il s’agit ici d’une inversion de l’ordre : autrement dit ; « Nous n’avons fait de la vision que Nous t’avons montrée, pas plus que de l’arbre maudit mentionné dans le Coran, qu’une fitna pour les gens. »

La cause de cette épreuve fut que, lorsqu’ils furent menacés par cet arbre, Abû Jahl, par moquerie, s’écria : « Voici que Muḥammad vous menace d’un feu qui brûle même la pierre, puis prétend qu’il y pousse des arbres ! Or le feu consume les arbres. Nous ne connaissons de zaqqûm que les dattes mêlées de beurre. » Il ordonna alors à une servante d’apporter des dattes et du beurre, puis dit à ses compagnons : « Mangez donc votre zaqqûm ! »

On rapporte aussi que l’auteur de la phrase « Nous ne connaissons de zaqqûm que les dattes au beurre » fut Ibn az-Zibaʿrâ, lorsqu’il déclara : « Qu’Allah multiplie le zaqqûm chez vous ! » Car, dans la langue du Yémen, le zaqqûm désigne justement les dattes au beurre. Il se peut que l’un et l’autre aient proféré ces paroles. Certains esprits faibles en furent également troublés.

Allah – Très-Haut – informa alors Son Prophète – paix et bénédictions sur lui – qu’Il n’avait institué l’Isrâ’ et l’évocation de l’arbre de Zaqqûm que comme épreuve et examen : que mécroie celui pour qui la mécréance a été décrétée, et que croie celui à qui la foi a été prédestinée.

Il est rapporté que, le matin même de l’Isrâ’, l’on dit à Abû Bakr aṣ-Ṣiddîq – qu’Allah l’agrée : « Ton compagnon prétend qu’il est allé, cette nuit, à Bayt al-Maqdis. » Il répondit : « S’il l’a dit, il a certes dit vrai. » On lui demanda : « Le croiras-tu avant même de l’entendre de sa propre bouche ? » Il répondit : « Où sont donc vos esprits ? Je le crois quand il me parle de la Révélation céleste ; comment ne le croirais-je pas au sujet de Bayt al-Maqdis, alors que le ciel est bien plus éloigné ? »

عَلَى مِنْبَرِهِ نَزْوَ الْقِرَدَةِ، فَسَاءَهُ ذَلِكَ فَقِيلَ: إِنَّمَا هِيَ الدُّنْيَا أُعْطُوهَا، فَسُرِّيَ عَنْهُ، وَمَا كَانَ لَهُ بِمَكَّةَ مِنْبَرٌ وَلَكِنَّهُ يَجُوزُ أَنْ يَرَى بِمَكَّةَ رُؤْيَا الْمِنْبَرِ بِالْمَدِينَةِ. وَهَذَا التَّأْوِيلُ الثَّالِثُ قَالَهُ أَيْضًا سَهْلُ بْنُ سَعْدٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ. قَالَ سَهْلٌ إِنَّمَا هَذِهِ الرُّؤْيَا هِيَ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ كَانَ يَرَى بَنِي أُمَيَّةَ يَنْزُونَ عَلَى مِنْبَرِهِ نَزْوَ الْقِرَدَةِ، فَاغْتَمَّ لِذَلِكَ، وَمَا اسْتَجْمَعَ ضَاحِكًا مِنْ يَوْمئِذٍ حَتَّى مَاتَ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ. فَنَزَلَتِ الْآيَةُ مُخْبِرَةً أَنَّ ذَلِكَ مِنْ تَمَلُّكِهِمْ وَصُعُودِهِمْ يَجْعَلُهَا اللَّهُ فِتْنَةً لِلنَّاسِ وَامْتِحَانًا. وَقَرَأَ الْحَسَنُ بْنُ عَلِيٍّ فِي خُطْبَتِهِ فِي شَأْنِ بَيْعَتِهِ لِمُعَاوِيَةَ: " وَإِنْ أَدْرِي لَعَلَّهُ فِتْنَةٌ لَكُمْ وَمَتاعٌ إِلى حِينٍ «١» " . قَالَ ابْنُ عَطِيَّةَ: وَفِي هَذَا التَّأْوِيلِ نَظَرٌ، وَلَا يَدْخُلُ فِي هَذِهِ الرُّؤْيَا عُثْمَانُ وَلَا عُمَرُ بْنُ عَبْدِ الْعَزِيزِ وَلَا مُعَاوِيَةُ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَالشَّجَرَةَ الْمَلْعُونَةَ فِي الْقُرْآنِ) فِيهِ تَقْدِيمٌ وَتَأْخِيرٌ، أَيْ مَا جَعَلْنَا الرُّؤْيَا الَّتِي أَرَيْنَاكَ وَالشَّجَرَةَ الْمَلْعُونَةَ فِي الْقُرْآنِ إِلَّا فِتْنَةً لِلنَّاسِ. وَفِتْنَتُهَا أَنَّهُمْ لَمَّا خُوِّفُوا بِهَا قَالَ أَبُو جَهْلٍ اسْتِهْزَاءً: هَذَا مُحَمَّدٌ يَتَوَعَّدُكُمْ بِنَارٍ تُحْرِقُ الْحِجَارَةَ، ثُمَّ يَزْعُمُ أَنَّهَا تُنْبِتُ الشَّجَرَ وَالنَّارُ تَأْكُلُ الشَّجَرَ، وَمَا نَعْرِفُ الزَّقُّومَ إِلَّا التَّمْرَ وَالزُّبْدَ، ثُمَّ أَمَرَ أَبُو جَهْلٍ جَارِيَةً فَأَحْضَرَتْ تَمْرًا وَزُبْدًا وَقَالَ لِأَصْحَابِهِ: تَزَقَّمُوا. وَقَدْ قِيلَ: إِنَّ الْقَائِلَ مَا نَعْلَمُ الزَّقُّومَ إِلَّا التَّمْرَ وَالزُّبْدَ ابْنُ الزِّبَعْرَى حَيْثُ قَالَ: كَثَّرَ اللَّهُ مِنَ الزَّقُّومِ فِي دَارِكُمْ، فَإِنَّهُ التَّمْرُ بِالزُّبْدِ بِلُغَةِ الْيَمَنِ. وَجَائِزٌ أَنْ يَقُولَ كِلَاهُمَا ذَلِكَ. فَافْتُتِنَ أَيْضًا لِهَذِهِ الْمَقَالَةِ بَعْضُ الضُّعَفَاءِ، فَأَخْبَرَ اللَّهُ تَعَالَى نَبِيَّهُ عَلَيْهِ السَّلَامُ أَنَّهُ إِنَّمَا جَعَلَ الْإِسْرَاءَ وَذِكْرَ شَجَرَةِ الزَّقُّومِ فِتْنَةً وَاخْتِبَارًا لِيَكْفُرَ مَنْ سَبَقَ عَلَيْهِ الْكُفْرُ وَيُصَدِّقَ مَنْ سَبَقَ لَهُ الْإِيمَانُ. كَمَا رُوِيَ أَنَّ أَبَا بَكْرٍ الصِّدِّيقَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قِيلَ لَهُ صَبِيحَةَ الْإِسْرَاءِ: إِنَّ صَاحِبَكَ يَزْعُمُ أَنَّهُ جَاءَ الْبَارِحَةَ مِنْ بَيْتِ الْمَقْدِسِ فَقَالَ: إِنْ كَانَ قَالَ ذَلِكَ فَلَقَدْ صَدَقَ. فَقِيلَ لَهُ: أَتُصَدِّقُهُ قَبْلَ أَنْ تسمع منه؟ فقال: أبن عُقُولُكُمْ؟ أَنَا أُصَدِّقُهُ بِخَبَرِ السَّمَاءِ، فَكَيْفَ لَا أُصَدِّقُهُ بِخَبَرِ بَيْتِ الْمَقْدِسِ، وَالسَّمَاءُ أَبْعَدُ مِنْهَا بكثير.
(١). راجع ج ١١ ص ٣٥٠.

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