Parole du Très-Haut :
« Et lorsque Nous t’avons dit : “Ton Seigneur a certes entouré les gens”… »
Ibn ʿAbbâs (qu’Allâh l’agrée) a dit : par « les gens » il faut entendre ici les habitants de La Mecque, et l’« encerclement » signifie leur destruction, c’est-à-dire qu’Allâh les fera périr. Le verbe est exprimé au passé pour marquer la certitude de l’événement. Cette destruction annoncée désigne ce qui se produisit le jour de Badr et lors de la Conquête de La Mecque.
On a également dit : le sens de « Ton Seigneur a entouré les gens » est que Sa puissance les cerne de toutes parts, de sorte qu’ils sont dans Sa poigne et incapables d’échapper à Sa volonté ; c’est l’opinion de Mujâhid et d’Ibn Abî Najîḥ.
Al-Kalbî a dit : il s’agit de l’omniscience d’Allâh qui englobe les gens.
On a encore avancé que le verset signifie qu’Allâh protège Son Envoyé des gens afin qu’ils ne puissent le tuer avant qu’il n’ait transmis le Message de son Seigneur ; autrement dit : « Nous ne t’avons pas envoyé pour être leur gardien ; ta mission est de transmettre. Exécute-la avec zèle, car Nous te préserverons et te garderons ; ne les crains pas et poursuis l’ordre que Nous te donnons, Notre puissance entourant toute chose. » Tel est le sens retenu par Al-Ḥasan, ʿUrwah, Qatâdah et d’autres.
Parole du Très-Haut :
« Et Nous n’avons fait de la vision que Nous t’avons montrée qu’une tentation pour les gens… »
Après avoir signalé que la révélation des versets coraniques comporte une dimension d’avertissement, le texte évoque ici le signe de l’Isrâʾ, mentionné au début de la sourate.
Dans le Ṣaḥîḥ d’al-Bukhârî et le Jâmiʿ d’at-Tirmidhî, Ibn ʿAbbâs (qu’Allâh l’agrée) commente la parole divine : « Et Nous n’avons fait de la vision que Nous t’avons montrée qu’une tentation pour les gens » ; il dit : il s’agit d’une vision réelle que le Prophète — paix et bénédictions d’Allâh sur lui — vit de ses propres yeux la nuit où il fut transporté jusqu’à Bayt al-Maqdis.
Et il déclara à propos de « l’arbre maudit dans le Coran » qu’il s’agit de l’arbre du Zaqqûm.
Abû ʿÎsâ at-Tirmidhî dit : « Ce ḥadith est authentique. » Outre Ibn ʿAbbâs, ʿÂʾishah, Muʿâwiyah, al-Ḥasan, Mujâhid, Qatâdah, Saʿîd ibn Jubayr, ad-Ḍaḥḥâk, Ibn Abî Najîḥ et Ibn Zayd ont soutenu la même interprétation. L’épreuve consista dans l’apostasie de certaines personnes qui avaient embrassé l’Islam lorsque le Prophète — paix sur lui — leur annonça qu’il avait été transporté de nuit.
On a dit aussi qu’il ne s’agissait que d’un songe. Mais ce verset invalide cette thèse, car une vision nocturne ne constitue pas une tentation et nul ne l’aurait contestée.
Toujours d’après Ibn ʿAbbâs, la « vision » mentionnée dans ce verset serait celle où le Messager d’Allâh — sur lui la paix — se vit entrer à La Mecque l’année de Ḥudaybiyah ; on l’en empêcha et les musulmans en furent troublés, si bien que le verset fut révélé. L’année suivante il y entra effectivement et Allâh révéla : « En vérité, Allâh a confirmé la vision faite à Son Messager en toute vérité… » (Cor. 48 / 27). Cette interprétation est toutefois faible, car la sourate est mecquoise alors que cette vision eut lieu à Médine.
Dans une troisième version encore, il est rapporté qu’il — paix et bénédictions sur lui — vit en rêve les Banû Marwân bondissant