Parole du Très-Haut :
« Et rien ne Nous a empêchés d’envoyer les signes si ce n’est que les premiers les ont traités de mensonge. »
Le propos comporte une ellipse ; son estimation est : « Rien ne Nous a dissuadés d’envoyer les signes qu’ils ont réclamés, sinon le fait qu’ils finiraient par les démentir et seraient alors voués à la perdition, tout comme ceux qui les avaient précédés. » C’est ainsi que l’ont compris Qatâdah, Ibn Jurayj et d’autres. Allah — qu’Il soit exalté — différa donc le châtiment des négateurs de Quraych, sachant qu’il y avait parmi eux des hommes qui croiraient plus tard et d’autres qui naîtraient croyants.
Il a déjà été rapporté dans la sourate « Les Bestiaux » et ailleurs qu’ils demandèrent que le mont Ṣafā soit changé pour eux en or et que les montagnes se retirent alentour. Jibrîl descendit alors et dit : « Si tu le veux, ce que ton peuple a demandé se réalisera ; toutefois, s’ils ne croient toujours pas, ils ne bénéficieront d’aucun délai. Et si tu le veux, nous leur laissons encore du temps. » Le Prophète répondit : « Non, accorde-leur encore un délai. »
Dans la phrase, la première particule « an » est à la place de l’accusatif, objet du verbe « empêcher », tandis que la seconde « an » se trouve à la place du nominatif. Quant à la préposition « bi » dans « bi-l-âyât », elle est surérogatoire.
Le sens global est : « Rien ne Nous retient d’envoyer les signes sinon le démenti des peuples anciens ». Or Allah, exalté soit-Il, ne saurait être empêché de quoi que ce soit ; il s’agit là d’une hyperbole indiquant qu’Il s’abstient de le faire, comme si un empêchement s’y opposait.
Puis Il précisa ce qu’Il fit à ceux qui demandèrent les signes sans y croire :
« Nous avons accordé aux Thamûd la chamelle, [signe] manifeste » : c’est-à-dire un signe évident, lumineux, prouvant la véracité de Ṣâliḥ et la puissance d’Allah, exalté soit-Il, comme il a déjà été expliqué.
« Mais ils furent injustes à son égard » : ils agirent injustement en la traitant de mensonge ; certains dirent : ils la nièrent, refusant de croire qu’elle venait d’Allah, si bien qu’Il les extermina par le châtiment.
« Et Nous n’envoyons les signes que pour effrayer » : cinq explications ont été données :
- Ce sont les leçons et miracles que Dieu accorda aux mains des messagers, preuves d’avertissement pour effrayer les négateurs.
- Il s’agit des signes annonciateurs de la vengeance divine, afin d’inspirer la crainte de la désobéissance.
- La variation des états : de l’enfance à la jeunesse, puis à la maturité et enfin à la vieillesse ; que l’homme médite ces changements et redoute l’issue de son affaire ; c’est l’opinion d’Aḥmad ibn Ḥanbal, qu’Allah lui fasse miséricorde.
- Le Coran lui-même.
- La mort subite et généralisée, selon al-Ḥasan.
« Et [rappelle] quand Nous t’avons dit : “Ton Seigneur a cerclé les gens de Sa puissance.” Et Nous n’avons fait de la vision que Nous t’avons montrée qu’une épreuve pour les gens, de même que l’arbre maudit mentionné dans le Coran. Nous les effrayons, mais cela ne fait qu’accroître leur rébellion outre-mesure. »