Ibn ʿAṭiyya et al-Wāḥidī (qu’Allah leur fasse miséricorde) l’ont également rapporté.
On a dit : le verset fut révélé lorsque les musulmans dirent : « Ô Messager d’Allah, autorise-nous à les combattre, car leur persécution à notre égard a trop duré. » Il répondit : « Je n’ai pas encore reçu l’ordre (divin) de combattre. » Alors Allah — Exalté soit-Il — fit descendre : « Et dis à Mes serviteurs de prononcer ce qu’il y a de meilleur. » C’est l’avis d’al-Kalbî.
D’autres ont dit : le sens est : « Dis à Mes serviteurs qui reconnaissent que Je suis leur Créateur alors qu’ils adorent les idoles, qu’ils prononcent la parole la meilleure : la parole de l’unicité (kalimatu t-tawḥîd) et l’attestation de la prophétie. »
Il a également été dit : le sens est : « Dis à Mes serviteurs croyants que, lorsqu’ils débattent de l’unicité avec les mécréants, ils doivent dire la parole la plus excellente », comme Il a dit : « Et n’insultez pas ceux qu’ils invoquent en dehors d’Allah, de peur qu’ils n’insultent Allah par hostilité et sans science. »
Al-Ḥasan a dit : il s’agit, lorsque le mécréant devient excessif, de lui dire : « Qu’Allah te guide ! Qu’Allah te fasse miséricorde ! » — et ceci avant que l’ordre du jihâd ne soit donné.
D’après une autre opinion, le sens est : « Ordonnez ce qu’Allah a ordonné et interdisez ce qu’Allah a interdit »; selon cette interprétation, l’âya est générale et s’adresse aussi bien au croyant qu’au mécréant, c’est-à-dire : « Dis-le à tous. » Allah est Plus Savant.
Un groupe a déclaré : par ce verset, Allah — Très-Haut — ordonne aux croyants, dans leurs rapports mutuels, d’adopter la plus belle éthique : douceur dans la parole, humilité, renoncement aux incitations de Satan. Le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — a dit : « Soyez, ô serviteurs d’Allah, des frères. » C’est l’explication la plus adéquate, et le verset demeure muhkam (non abrogé).
Sa parole — Exalté soit-Il — : « Certes, Satan sème la discorde entre eux » signifie : par la corruption, la mise en place de l’inimitié et les suggestions (pernicieuses). Ce sujet a déjà été traité à la fin de la sourate al-Aʿrâf et dans Yûsuf.
On dit : « nazagha baynanâ », c’est-à-dire : « il a semé la corruption entre nous », selon al-Yazîdî. D’autres ont expliqué que le terme « nazgh » désigne l’instigation.
« Certes, Satan a toujours été pour l’homme un ennemi déclaré », c’est-à-dire d’une hostilité manifeste ; cela a déjà été exposé dans al-Baqarah.
Il est rapporté dans le hadith : « Un groupe s’était assis pour évoquer Allah — Glorifié et Très-Haut. Satan vint pour rompre leur assemblée, mais les anges l’en empêchèrent. Il se rendit alors auprès d’un autre groupe, assis non loin de là, qui n’évoquait pas Allah ; il sema la discorde entre eux, si bien qu’ils se querellèrent et se levèrent les uns contre les autres. Les participants au dhikr dirent : “Levons-nous pour réconcilier nos frères.” Ils se levèrent, interrompant ainsi leur cercle, et Satan s’en réjouit. » Voilà un aspect de son inimitié.