Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Le terme « al-mastûr » (le Voilé) signifie : Allah a scellé leurs cœurs de sorte qu’ils n’en comprennent rien et ne saisissent pas la sagesse qui s’y trouve; telle est l’explication de Qatâda.

Al-Ḥasan a dit : du fait qu’ils se détournent de ta récitation et qu’ils restent indifférents à ton égard, c’est comme s’il existait entre toi et eux un voile qui les empêche de te voir, au point que l’on dirait que leurs cœurs sont recouverts de couvertures.

On a également dit : ce verset fut révélé au sujet d’un groupe qui nuisaient au Messager d’Allah – paix et salut sur lui – lorsqu’il récitait le Coran : Abû Jahl, Abû Sufyân, an-Naḍr b. al-Ḥâriṯ, Umm Ǧamîl l’épouse d’Abû Lahab, et Ḥuwayṭib. Allah – glorifié soit-Il – dissimula alors Son Messager – paix et salut sur lui – à leurs regards au moment même de la récitation; ils passaient devant lui sans le voir. C’est ce qu’ont rapporté az-Zaǧǧâǧ et d’autres. Cela correspond exactement au premier avis et paraît être le sens le plus évident du verset – Allah est plus Savant.

Quant à Sa Parole : « mastûran », deux explications sont avancées :

  1. Le voile est invisible pour vous ; vous ne le percevez pas.
  2. Le voile cache à vos yeux ce qui se trouve derrière lui ; « mastûran bihi » signifie alors « qui couvre ».

« Nous avons placé sur leurs cœurs des enveloppes qui les empêchent de le comprendre, et dans leurs oreilles une lourdeur ; et lorsque tu évoques ton Seigneur, Lui seul, dans le Coran, ils tournent le dos, fuyant. » (al-Isrâʾ, 17 : 46)

« Akinna » (pluriel de « kinân ») désigne ce qui recouvre une chose; le terme a déjà été mentionné dans la sourate al-Anʿâm.

« An yafqahûhu » : c’est-à-dire « afin qu’ils ne le comprennent pas », ou « par aversion pour qu’ils le comprennent », c’est-à-dire qu’ils ne saisissent pas ce qu’il renferme d’ordres, d’interdictions, de sagesses et de significations. Ceci constitue une réfutation des Qadariyya.

« Wa fî âdhânihim waqran » : un assourdissement, une lourdeur – sous-entendu : qui les empêche de l’entendre.

« Wa-idhâ dhakarta rabbaka fîl-qurʾâni waḥdahu » : c’est-à-dire lorsque tu dis « Lâ ilâha illâ Allah » en récitant le Coran.

Abûl-Ǧawzâʾ Aws b. ʿAbdillâh a dit : « Rien ne chasse davantage les démons du cœur que la parole Lâ ilâha illâ Allah », puis il récita : « Et lorsque tu évoques ton Seigneur, Lui seul, dans le Coran, ils tournent le dos, fuyant. »

ʿAlî b. al-Ḥusayn a dit : il s’agit de Sa parole : « Bismi-llâhi r-Raḥmâni r-Raḥîm »; cela a déjà été exposé à propos de la basmala.

« Ils tournent le dos, fuyant » : certains disent qu’il s’agit des polythéistes; d’autres, des démons.

« Nufûran » est le pluriel de « nâfir », comme « shuhûd » est le pluriel de « shâhid », et « quʿûd » celui de « qâʿid ». Le mot est à l’accusatif en tant que complément circonstanciel. Il est également permis de l’analyser comme un mafʿûl muṭlaq placé ailleurs que dans sa position d’origine, puisque le verbe « wallaw » a ici le sens de « se sont écartés vivement ».

الْمَسْتُورُ طَبَعَ اللَّهُ عَلَى قُلُوبِهِمْ حَتَّى لَا يَفْقَهُوهُ وَلَا يُدْرِكُوا مَا فِيهِ مِنَ الْحِكْمَةِ، قَالَهُ قَتَادَةُ. وَقَالَ الْحَسَنُ: أَيْ أَنَّهُمْ لِإِعْرَاضِهِمْ عَنْ قِرَاءَتِكَ وَتَغَافُلِهِمْ عَنْكَ كَمَنْ بَيْنَكَ وَبَيْنَهُ حِجَابٌ فِي عَدَمِ رُؤْيَتِهِ لَكَ حَتَّى كَأَنَّ عَلَى قُلُوبِهِمْ أَغْطِيَةٌ. وَقِيلَ: نَزَلَتْ فِي قَوْمٍ كَانُوا يُؤْذُونَ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذَا قَرَأَ الْقُرْآنَ، وَهُمْ أَبُو جَهْلٍ وَأَبُو سُفْيَانَ وَالنَّضْرُ بْنُ الْحَارِثِ وَأُمُّ جَمِيلٍ أَمْرَأَةُ أَبِي لَهَبٍ وَحُوَيْطِبٌ، فَحَجَبَ اللَّهُ سُبْحَانَهُ وَتَعَالَى رَسُولَهُ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَنْ أَبْصَارِهِمْ عِنْدَ قِرَاءَةِ الْقُرْآنِ، وَكَانُوا يَمُرُّونَ بِهِ وَلَا يَرَوْنَهُ، قَالَهُ الزَّجَّاجُ وَغَيْرُهُ. وَهُوَ مَعْنَى الْقَوْلِ الْأَوَّلِ بِعَيْنِهِ، وَهُوَ الْأَظْهَرُ فِي الْآيَةِ، وَاللَّهُ أَعْلَمُ. وَقَوْلُهُ: (مَسْتُوراً) فِيهِ قَوْلَانِ: أَحَدُهُمَا- أَنَّ الْحِجَابَ مَسْتُورٌ عَنْكُمْ لَا تَرَوْنَهُ. وَالثَّانِي: أَنَّ الْحِجَابَ سَاتِرٌ عَنْكُمْ مَا وَرَاءَهُ، وَيَكُونُ مستورا به بمعنى ساتر. [[سورة الإسراء (١٧) : آية ٤٦]] وَجَعَلْنا عَلى قُلُوبِهِمْ أَكِنَّةً أَنْ يَفْقَهُوهُ وَفِي آذانِهِمْ وَقْراً وَإِذا ذَكَرْتَ رَبَّكَ فِي الْقُرْآنِ وَحْدَهُ وَلَّوْا عَلى أَدْبارِهِمْ نُفُوراً (٤٦) قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَجَعَلْنا عَلى قُلُوبِهِمْ أَكِنَّةً) " أَكِنَّةً" جمع كنان، وهي ما يستر الشَّيْءَ. وَقَدْ تَقَدَّمَ فِي " الْأَنْعَامِ «١» " (أَنْ يَفْقَهُوهُ) أَيْ لِئَلَّا يَفْقَهُوهُ، أَوْ كَرَاهِيَةَ أَنْ يَفْقَهُوهُ، أَيْ أَنْ يَفْهَمُوا مَا فِيهِ مِنَ الْأَوَامِرِ وَالنَّوَاهِي وَالْحِكَمِ وَالْمَعَانِي. وَهَذَا رَدٌّ «٢» عَلَى الْقَدَرِيَّةِ. (وَفِي آذانِهِمْ وَقْراً) أَيْ صَمَمًا وَثِقَلًا. وَفِي الْكَلَامِ إِضْمَارٌ، أَيْ أَنْ يَسْمَعُوهُ. (وَإِذا ذَكَرْتَ رَبَّكَ فِي الْقُرْآنِ وَحْدَهُ) أَيْ قُلْتَ: لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَأَنْتَ تَتْلُو الْقُرْآنَ. وَقَالَ أَبُو الْجَوْزَاءِ أَوْسُ بْنُ عَبْدِ اللَّهِ: لَيْسَ شي أَطْرَدُ لِلشَّيَاطِينِ مِنَ الْقَلْبِ مِنْ قَوْلِ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ، ثُمَّ تَلَا " وَإِذا ذَكَرْتَ رَبَّكَ فِي الْقُرْآنِ وَحْدَهُ وَلَّوْا عَلى أَدْبارِهِمْ نُفُوراً" . وَقَالَ عَلِيُّ بْنُ الْحُسَيْنِ: هُوَ قَوْلُهُ بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيمِ. وَقَدْ تَقَدَّمَ هَذَا في البسملة «٣» . (وَلَّوْا عَلى أَدْبارِهِمْ نُفُوراً) قيل: يعنى بذلك المشركين. وقيل: الشياطين. و " نُفُوراً" جَمْعُ نَافِرٍ، مِثْلُ شُهُودٍ جَمْعِ شَاهِدٍ، وَقُعُودٍ جَمْعِ قَاعِدٍ، فَهُوَ مَنْصُوبٌ عَلَى الْحَالِ. ويجوز أن يكون مصدورا عَلَى غَيْرِ الصَّدْرِ، إِذْ كَانَ قَوْلُهُ " وَلَّوْا" بمعنى نقروا،
(١). راجع ج ٦ ص ٤٠٤. (٢). في ج: يرد. (٣). راجع ج ١ ص ٩ فما بعد. [ ..... ]

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