Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Ceux-là sont ceux sur les cœurs desquels, ainsi que sur leur ouïe et leur vue, Allah a apposé un sceau [1], et le verset se trouvant dans la sourate Al-Jâthiyah :
« As-tu vu celui qui a pris pour divinité sa passion ? Allah l’a égaré en connaissance de cause, a scellé son ouïe et son cœur, et a placé sur sa vue un voile » [3].

Le Prophète – que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui – lorsqu’il récitait ces versets, se mettait à l’abri des polythéistes.

Kaʿb – qu’Allah l’agrée – raconte : « J’en informai un homme du Shâm ; il se rendit ensuite en terre byzantine où il demeura quelque temps, puis il s’enfuit. On se lança alors à sa poursuite ; il récita ces versets et les poursuivants marchaient à côté de lui sur la route sans pouvoir le voir. »

Al-Thaʿlabî dit : « Cette narration rapportée de Kaʿb, je l’ai moi-même contée à un habitant de Rayy. Celui-ci fut fait prisonnier au Daylam ; il y resta un certain temps puis s’échappa. On partit à sa recherche ; il récita les versets jusqu’à ce que les vêtements de ses poursuivants frôlent les siens sans qu’ils ne le voient. »

J’ajoute : à ces versets, on peut joindre le début de la sourate Yâ-Sîn jusqu’à Sa parole : « …et ils ne voient point ».

En effet, la Sîra rapporte – au sujet de l’émigration du Prophète ﷺ, quand ʿAlî, qu’Allah l’agrée, demeura dans son lit – que le Messager d’Allah sortit, prit une poignée de poussière et qu’Allah, le Puissant et Majestueux, voila les regards (des Quraychites) de sorte qu’ils ne le virent pas. Il se mit alors à jeter cette poussière sur leurs têtes tout en récitant les versets de Yâ-Sîn :
« Yâ-Sîn. Par le Coran plein de sagesse ! Tu es certes, parmi les envoyés, sur une voie droite, révélation du Tout-Puissant, du Très-Miséricordieux… » – jusqu’à Sa parole – « Et Nous avons placé devant eux une barrière et derrière eux une barrière, Nous les avons couverts, si bien qu’ils ne voient point. »
Lorsque le Prophète ﷺ eut terminé ces versets, il n’y avait pas un seul homme parmi eux sans poussière sur la tête ; puis il s’en alla vers l’endroit qu’il voulait atteindre.

J’ajoute encore : il m’est arrivé dans notre contrée d’al-Andalus, au fort de Manthûr – dépendance de Cordoue – une chose semblable. Alors que je fuyais l’ennemi et m’étais retiré dans un endroit isolé, deux cavaliers se lancèrent bientôt à ma poursuite. J’étais assis dans une plaine découverte, sans rien qui me dissimule, récitant le début de Yâ-Sîn et d’autres passages du Coran. Ils passèrent près de moi puis revinrent sur leurs pas, l’un disant à l’autre : « C’est un daybala », voulant dire : un démon. Allah – exalté soit-Il – aveugla leurs regards et ils ne me virent pas. Louange abondante à Allah pour ce bienfait.

Et l’on a dit : il s’agit du voile.

أُولئِكَ الَّذِينَ طَبَعَ اللَّهُ عَلى قُلُوبِهِمْ وَسَمْعِهِمْ وَأَبْصارِهِمْ «١» ، وَالْآيَةِ الَّتِي فِي الْجَاثِيَةِ «٢» " أَفَرَأَيْتَ مَنِ اتَّخَذَ إِلهَهُ هَواهُ وَأَضَلَّهُ اللَّهُ عَلى عِلْمٍ وَخَتَمَ عَلى سَمْعِهِ وَقَلْبِهِ وَجَعَلَ عَلى بَصَرِهِ غِشاوَةً «٣» " الْآيَةَ. فَكَانَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ إِذَا قَرَّأَهُنَّ يَسْتَتِرُ مِنَ الْمُشْرِكِينَ. قَالَ كَعْبٌ رَضِيَ اللَّهُ تَعَالَى عَنْهُ: فَحَدَّثْتُ بِهِنَّ رَجُلًا مِنْ أَهْلِ الشَّامِ، فَأَتَى أَرْضَ الرُّومِ فَأَقَامَ بِهَا زَمَانًا، ثُمَّ خَرَجَ هَارِبًا فَخَرَجُوا فِي طَلَبِهِ فَقَرَأَ بِهِنَّ فَصَارُوا يَكُونُونَ مَعَهُ عَلَى طَرِيقِهِ وَلَا يُبْصِرُونَهُ. قَالَ الثَّعْلَبِيُّ «٤» : وَهَذَا الَّذِي يَرْوُونَهُ عَنْ كَعْبٍ حَدَّثْتُ بِهِ رَجُلًا مِنْ أَهْلِ الرِّيِّ فَأُسِرَ بِالدَّيْلَمِ، فَمَكَثَ زَمَانًا ثُمَّ خَرَجَ هَارِبًا فَخَرَجُوا فِي طَلَبِهِ فَقَرَأَ بِهِنَّ حَتَّى جَعَلَتْ ثِيَابُهُنَّ لَتَلْمِسُ ثِيَابَهُ فَمَا يبصرونه. قلت: ويزاد إلى هذه الآية أَوَّلُ سُورَةِ يس إِلَى قَوْلِهِ " فَهُمْ لَا يُبْصِرُونَ «٥» " . فَإِنَّ فِي السِّيرَةِ فِي هِجْرَةِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَمُقَامِ عَلِيٍّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ فِي فِرَاشِهِ قَالَ: وَخَرَجَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَأَخَذَ حَفْنَةً مِنْ تُرَابٍ فِي يَدِهِ، وَأَخَذَ اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ عَلَى أَبْصَارِهِمْ عَنْهُ فَلَا يَرَوْنَهُ، فَجَعَلَ ينثر ذلك التراب على رؤوسهم وَهُوَ يَتْلُو هَذِهِ الْآيَاتِ مِنْ يس: " يس. وَالْقُرْآنِ الْحَكِيمِ. إِنَّكَ لَمِنَ الْمُرْسَلِينَ. عَلى صِراطٍ مُسْتَقِيمٍ. تَنْزِيلَ الْعَزِيزِ الرَّحِيمِ." - إِلَى قَوْلِهِ- " وَجَعَلْنا مِنْ بَيْنِ أَيْدِيهِمْ سَدًّا وَمِنْ خَلْفِهِمْ سَدًّا فَأَغْشَيْناهُمْ فَهُمْ لَا يُبْصِرُونَ" . حَتَّى فَرَغَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مِنْ هَذِهِ الْآيَاتِ، وَلَمْ يَبْقَ مِنْهُمْ رَجُلٌ إِلَّا وَقَدْ وَضَعَ عَلَى رَأْسِهِ تُرَابًا، ثُمَّ انْصَرَفَ إِلَى حَيْثُ أَرَادَ أَنْ يَذْهَبَ. قُلْتُ: وَلَقَدِ اتَّفَقَ لِي بِبِلَادِنَا الْأَنْدَلُسِ بِحِصْنِ مَنْثُورٍ «٦» مِنْ أَعْمَالِ قُرْطُبَةَ مِثْلُ هَذَا. وَذَلِكَ أَنِّي هَرَبْتُ أَمَامَ الْعَدُوِّ وَانْحَزْتُ إِلَى نَاحِيَةٍ عَنْهُ، فَلَمْ أَلْبَثْ أَنْ خَرَجَ فِي طَلَبِي فَارِسَانِ وَأَنَا فِي فَضَاءٍ مِنَ الْأَرْضِ قَاعِدٌ لَيْسَ يَسْتُرُنِي عَنْهُمَا شي، وَأَنَا أَقْرَأُ أَوَّلَ سُورَةِ يس وَغَيْرَ ذَلِكَ مِنَ الْقُرْآنِ، فَعَبَرَا عَلَيَّ ثُمَّ رَجَعَا مِنْ حَيْثُ جَاءَا وَأَحَدُهُمَا يَقُولُ لِلْآخَرِ: هَذَا دَيْبَلَةٌ «٧» ، يَعْنُونَ شَيْطَانًا. وَأَعْمَى اللَّهُ عَزَّ وَجَلَّ أَبْصَارَهُمْ فَلَمْ يَرَوْنِي، وَالْحَمْدُ لِلَّهِ حَمْدًا كَثِيرًا عَلَى ذلك. وقيل: الحجاب
(١). راجع ص ١٩١ من هذا الجزء. (٢). في أو ج وى: الشريعة. وهى من أسماء الجاثية. (٣). راجع ج ١٦ ص ١٦٦ فما بعد. (٤). في أوج وى:" الكلبي". (٥). راجع ج ١٥ ص ٩. (٦). كذا في الأصول. (٧). لفظة فرانسيية، معناها: جنى. ولعله كذلك في لغة اللاتين.

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