Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

[Sourate Al-Isrâ’ (17) : verset 45]
« Et lorsque tu récites le Coran, Nous plaçons entre toi et ceux qui ne croient pas en l’Au-delà un voile impalpable. »

D’après Asmâ’ bint Abî Bakr — qu’Allâh les agrée, elle et son père — : lorsque fut révélée la sourate « Que périssent les deux mains d’Abû Lahab », la borgne Umm Jamîl bint Harb arriva en poussant des hurlements, une pierre à la main, en scandant :
« Au réprouvé nous avons désobéi,
Son ordre nous avons rejeté,
Et sa religion nous avons exécrée. »

Le Prophète — que les bénédictions et la paix d’Allâh soient sur lui — était assis dans la mosquée, Abû Bakr — qu’Allâh l’agrée — étant à ses côtés. Quand Abû Bakr la vit, il dit :
« Ô Messager d’Allâh, la voilà qui arrive, et je crains qu’elle ne te voie ! »
Le Prophète répondit :
« Elle ne me verra pas. »
Il récita alors des versets du Coran, se plaçant sous leur protection, notamment :
« Et lorsque tu récites le Coran, Nous plaçons entre toi et ceux qui ne croient pas en l’Au-delà un voile impalpable. »

Umm Jamîl se posta devant Abû Bakr sans apercevoir le Messager d’Allâh et s’écria :
« Ô Abû Bakr, on m’a rapporté que ton compagnon m’a satirisée ! »
Il répondit :
« Par le Seigneur de cette Maison, il ne t’a pas satirisée. »
Elle tourna alors les talons en disant : « Quraysh sait bien que je suis la fille de son chef ! »

Sa‘îd ibn Jubayr — qu’Allâh l’agrée — rapporte : après la révélation de « Que périssent les deux mains d’Abû Lahab, et qu’il périsse », l’épouse d’Abû Lahab vint trouver le Prophète — paix et bénédictions sur lui — alors qu’Abû Bakr se tenait auprès de lui. Abû Bakr dit :
« Ne vaudrait-il pas mieux t’écarter d’elle afin qu’elle ne te fasse pas entendre ce qui pourrait te blesser ? C’est une femme grossière. »
Le Prophète répondit :
« Il sera placé entre elle et moi une barrière. »
Elle ne le vit donc pas.
Elle dit alors à Abû Bakr :
« Ô Abû Bakr, ton compagnon nous a satirisés ! »
Il répondit :
« Par Allâh, il ne déclame ni ne compose de poésie. »
Elle rétorqua : « Et toi, tu es un homme véridique ! » puis repartit.
Abû Bakr demanda :
« Ô Messager d’Allâh, ne t’a-t-elle donc pas vu ? »
Il répondit :
« Non. Un ange n’a cessé de se tenir entre elle et moi, me dissimulant, jusqu’à ce qu’elle s’en aille. »

Ka‘b — qu’Allâh l’agrée — a dit au sujet de ce verset : le Prophète — paix et bénédictions sur lui — se protégeait des polythéistes par trois versets : celui qui se trouve dans Al-Kahf : « Nous avons placé des voiles sur leurs cœurs afin qu’ils ne le comprennent pas, et dans leurs oreilles une surdité », ainsi que le verset qui se trouve dans An-Nahl

[[سورة الإسراء (١٧) : آية ٤٥]] وَإِذا قَرَأْتَ الْقُرْآنَ جَعَلْنا بَيْنَكَ وَبَيْنَ الَّذِينَ لَا يُؤْمِنُونَ بِالْآخِرَةِ حِجاباً مَسْتُوراً (٤٥) عَنْ أَسْمَاءَ بِنْتِ أَبِي بَكْرٍ رَضِيَ اللَّهُ تَعَالَى عَنْهُمَا قَالَتْ: لَمَّا نَزَلَتْ سُورَةُ " تَبَّتْ يَدا أَبِي لَهَبٍ «١» " أَقْبَلَتِ الْعَوْرَاءُ أُمُّ جَمِيلِ بِنْتُ حَرْبٍ وَلَهَا وَلْوَلَةٌ وَفِي يَدِهَا فِهْرٌ «٢» وَهِيَ تَقُولُ مُذَمَّمًا عَصَيْنَا ... وَأَمْرَهُ أَبَيْنَا وَدِينَهُ قَلَيْنَا «٣» وَالنَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَاعِدٌ فِي الْمَسْجِدِ وَمَعَهُ أَبُو بَكْرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ، فَلَمَّا رَآهَا أَبُو بَكْرٍ قَالَ: يَا رَسُولَ اللَّهِ، لَقَدْ أَقْبَلَتْ وَأَنَا أَخَافُ أَنْ تَرَاكَ! قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: " إِنَّهَا لَنْ تَرَانِي" وَقَرَأَ قُرْآنًا فَاعْتَصَمَ بِهِ كَمَا قَالَ. وَقَرَأَ " وَإِذا قَرَأْتَ الْقُرْآنَ جَعَلْنا بَيْنَكَ وَبَيْنَ الَّذِينَ لَا يُؤْمِنُونَ بِالْآخِرَةِ حِجاباً مَسْتُوراً" . فَوَقَفَتْ عَلَى أَبِي بَكْرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ وَلَمْ تَرَ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَتْ: يَا أَبَا بَكْرٍ، أُخْبِرْتُ أَنَّ صَاحِبَكَ هَجَانِي! فَقَالَ: لَا وَرَبِّ هَذَا الْبَيْتِ مَا هَجَاكِ. قَالَ: فَوَلَّتْ وَهِيَ تَقُولُ: قَدْ عَلِمَتْ قُرَيْشُ أَنِّي ابْنَةُ سَيِّدِهَا. وَقَالَ سَعِيدُ بْنُ جُبَيْرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ: لَمَّا نَزَلَتْ " تَبَّتْ يَدا أَبِي لَهَبٍ وَتَبَّ" جَاءَتِ امْرَأَةُ أَبِي لَهَبٍ إِلَى النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَمَعَهُ أَبُو بَكْرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ، فَقَالَ أَبُو بَكْرٍ: لَوْ تَنَحَّيْتَ عَنْهَا لِئَلَّا تُسْمِعَكَ مَا يُؤْذِيكَ، فَإِنَّهَا امْرَأَةٌ بَذِيَّةٌ. فَقَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: " إِنَّهُ سَيُحَالُ بَيْنِي وَبَيْنَهَا" فَلَمْ تَرَهُ. فَقَالَتْ لِأَبِي بَكْرٍ: يَا أَبَا بَكْرٍ، هَجَانَا صَاحِبُكَ! فَقَالَ: وَاللَّهِ ما ينطق بالشعر ولا يقوله. فقالت: وإنك لَمُصَدِّقَةٌ، فَانْدَفَعَتْ رَاجِعَةً. فَقَالَ أَبُو بَكْرٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ: يَا رَسُولَ اللَّهِ، أَمَا رَأَتْكَ؟ قَالَ: " لَا. مَا زَالَ مَلَكٌ بَيْنِي وَبَيْنَهَا يَسْتُرُنِي حَتَّى ذَهَبَتْ" . وَقَالَ كَعْبٌ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ فِي هَذِهِ الْآيَةِ: كَانَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَسْتَتِرُ مِنَ الْمُشْرِكِينَ بِثَلَاثِ آيَاتٍ: الْآيَةِ الَّتِي فِي الْكَهْفِ " إِنَّا جَعَلْنا عَلى قُلُوبِهِمْ أَكِنَّةً أَنْ يَفْقَهُوهُ وَفِي آذانِهِمْ وَقْراً «٤» " ، والآية التي في النحل
(١). راجع ج ٢٠ ص ٢٣٤. (٢). الفهر (بالكسر): الحجر ملء الكف. وقيل: هو الحجر مطلقا. (٣). هذا ما ورد في سيرة ابن هشام. والتي في نسخ الأصل: مذمما أتينا ... ودينه قلينا. (٤). راجع ج ١١ ص ٤ فما بعد

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