« Il n’est nul être – ni djinn, ni être humain, ni arbre, ni pierre, ni motte d’argile, ni quoi que ce soit – qui entende la voix du muezzin sans qu’il ne témoigne en sa faveur le Jour de la Résurrection. »
Ce ḥadith a été rapporté par Ibn Mâjah dans ses Sunan, et par Mâlik dans son Muwaṭṭaʾ d’après Abû Saʿîd al-Khuḍrî – qu’Allâh l’agrée.
Al-Bukhârî a également rapporté, d’après ʿAbd Allâh – qu’Allâh l’agrée –, la parole suivante :
« Nous entendions la glorification (tasbîḥ) de la nourriture tandis qu’on la consommait. »
Dans une autre version, Ibn Masʿûd – qu’Allâh l’agrée – a dit : « Nous mangions en compagnie du Messager d’Allâh ﷺ et nous entendions la nourriture proclamer le tasbîḥ. »
Muslim rapporte dans son Ṣaḥîḥ, d’après Jâbir b. Samura – qu’Allâh l’agrée –, que le Messager d’Allâh ﷺ a dit :
« Je connais, à La Mecque, une pierre qui me saluait avant même que je ne sois envoyé (comme Prophète) ; je la reconnais encore aujourd’hui. »
On a dit qu’il s’agissait de la Pierre Noire ; Allâh sait mieux.
Les récits allant dans ce sens sont nombreux ; nous en avons présenté un ensemble dans le recueil “al-Lumaʿ al-Luʾluʾiyyah” – commentaire des “ʿIshrîniyyât Nabawiyyah” de l’imâm al-Fâdârî – qu’Allâh lui fasse miséricorde. Le récit du tronc de palmier est également célèbre dans ce chapitre et a été rapporté par al-Bukhârî à plusieurs endroits de son ouvrage.
Dès lors que ce phénomène est établi pour un objet inanimé, il est possible pour tous les autres, sans qu’il y ait impossibilité en cela ; en effet, toute chose, de manière générale, proclame le tasbîḥ.
Al-Naḫaʿî et d’autres ont dit : cette généralité englobe aussi bien ce qui possède une âme que ce qui n’en possède pas, jusqu’au grincement de la porte. Ils se sont appuyés sur les récits que nous venons de mentionner.
On a également dit : le tasbîḥ des objets inanimés consiste en ce qu’ils incitent celui qui les contemple à dire : « Subḥân Allâh ! », du fait de leur absence de perception propre.
Le poète a dit :
« Où qu’elle se tourne, elle est accueillie par un tasbîḥ
et le cœur de celui qui la voit en tressaille de frayeur » ;
autrement dit, quiconque la voit s’exclame : « Gloire au Créateur ! »
La position correcte est que l’ensemble des créatures proclame le tasbîḥ, ainsi que l’indiquent les textes. Si ce tasbîḥ n’était qu’un “tasbîḥ indicatif”, quelle spécificité resterait-il alors à Dâwûd ? Il s’agit bien plutôt d’un tasbîḥ verbal, Allâh ayant accordé vie et faculté de parole à ces créatures, comme nous l’avons expliqué. La Sunna explicite confirme ce que le sens apparent du Coran établit quant à la glorification universelle ; il convient donc d’adopter cette opinion. Allâh est plus Savant.
Dans la récitation, al-Ḥasan, Abû ʿAmr, Yaʿqûb, Ḥafṣ, Ḥamza, al-Kisâʾî et Khalaf lisent « tafqahûna » avec le tāʾ, par égard au sujet féminin implicite ; les autres lecteurs récitent avec le yâʾ, et Abû ʿUbayd a préféré cette dernière lecture, jugeant que le verbe est séparé de son sujet féminin par un élément intercalé.
« Il est, en vérité, Très-Clément » à l’égard des péchés de Ses serviteurs en ce bas-monde,
« et Tout-Pardonneur » à l’égard des croyants dans l’au-delà.