Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Du fait que sa féminisation n’est pas réelle, il est permis de la qualifier au masculin.

Abou ʿAlî al‐Fârisî contesta toutefois cette justification et déclara : « Lorsqu’un nom féminin est traité au masculin, il convient que cela n’intervienne qu’à distance, et que l’on se montre indulgent uniquement lorsqu’un verbe, conjugué sous la forme réservée au masculin, précède le sujet féminin auquel il se rapporte. Ne vois-tu pas le vers du poète :
“Il n’est point de nuage qui ait versé sa pluie,
ni de terre qui ait fait pousser sa végétation”,
— formulation qu’ils trouvent répréhensible ? Si quelqu’un avait dit : “Une terre a fait pousser (sa verdure)”, l’expression n’eût pas été choquante. »

Abou ʿAlî ajoute : « Dans l’expression “Maqrûhan” (détestable) il est permis d’y voir soit un substitut (badal) de “sayyi´atan” (faute), soit un état (hâl) renvoyant au pronom contenu dans “ʿinda rabbika” ; l’expression “ʿinda rabbika” occuperait alors la place d’un adjectif de “sayyi´atan”.

Cinquièmement — Les savants ont tiré de ce verset la condamnation de la danse et de sa pratique.

L’imâm Abou l-Wafâ’ Ibn ʿAqîl dit : « Le Coran a expressément interdit la danse lorsqu’il proclame : “Ne marche pas sur la terre avec arrogance”, blâmant ainsi celui qui se pavane ; or la danse représente le comble de l’exubérance et de la vanité. N’avons-nous pas établi par analogie l’assimilation du nabîdh au vin, du fait qu’ils provoquent tous deux l’ivresse et le trouble ? Pourquoi, dès lors, ne pas assimiler le maniement du bâton et le chant rythmé des poèmes aux luths, flûtes et tambours, puisqu’ils se rejoignent ? Qu’il est laid, pour un homme barbu — a fortiori s’il se veut pieux — de danser et de frapper des mains au rythme des mélodies et des bâtons, surtout lorsque ces chants émanent de femmes ou de jeunes garçons ! Est-il convenable, pour celui qui a devant lui la mort, l’interrogatoire, le rassemblement, le passage sur le Sirât, et qui s’achemine inéluctablement vers l’une des deux demeures (le Paradis ou l’Enfer), de cabrioler par la danse comme le font les bêtes et de battre des mains comme les femmes ? Par Allah ! J’ai connu, au cours de ma vie, des cheikhs chez qui l’on n’a jamais aperçu la moindre dent dans un sourire — à plus forte raison dans un éclat de rire — et pourtant je les fréquentais assidûment. »

Abou l-Faraj Ibn al-Jawzî — qu’Allah lui fasse miséricorde — rapporte : « Un des maîtres m’a raconté que l’imâm al-Ghazâlî — qu’Allah l’agrée — disait : “La danse est une sottise qui se manifeste entre les deux épaules et ne disparaît qu’en recevant des coups.” »

De plus amples éclaircissements sur ce sujet viendront, si Allah le veut, dans l’exégèse de la sourate Al-Kahf et ailleurs.

تَأْنِيثُهَا غَيْرَ حَقِيقِيٍّ جَازَ أَنْ تُوصَفَ بِمُذَكَّرٍ. وَضَعَّفَ أَبُو عَلِيٍّ الْفَارِسِيُّ هَذَا وَقَالَ: إِنَّ الْمُؤَنَّثَ إِذَا ذُكِّرَ فَإِنَّمَا يَنْبَغِي أَنْ يَكُونَ مبعدة مُذَكَّرًا، وَإِنَّمَا التَّسَاهُلُ أَنْ يَتَقَدَّمَ الْفِعْلُ الْمُسْنَدُ إِلَى الْمُؤَنَّثِ وَهُوَ فِي صِيغَةِ مَا يُسْنَدُ إِلَى الْمُذَكَّرِ، أَلَا تَرَى قَوْلَ الشَّاعِرِ: فَلَا مُزْنَةَ وَدَقَتْ وَدْقَهَا ... وَلَا أَرْضَ أَبْقَلَ إِبْقَالَهَا مُسْتَقْبَحٌ عِنْدَهُمْ. وَلَوْ قَالَ قَائِلٌ: أَبْقَلَ أَرْضٌ لَمْ يَكُنْ قَبِيحًا. قَالَ أَبُو عَلِيٍّ: وَلَكِنْ يَجُوزُ فِي قَوْلِهِ " مَكْرُوهاً" أَنْ يَكُونَ بَدَلًا مِنْ " سَيِّئَةٍ" . وَيَجُوزُ أَنْ يَكُونَ حَالًا مِنَ الضَّمِيرِ الَّذِي فِي " عِنْدَ رَبِّكَ" وَيَكُونُ " عِنْدَ رَبِّكَ" فِي مَوْضِعِ الصِّفَةِ لِسَيِّئَةٍ. الْخَامِسَةُ- اسْتَدَلَّ الْعُلَمَاءُ بِهَذِهِ الْآيَةِ عَلَى ذَمِّ الرَّقْصِ وَتَعَاطِيهِ. قَالَ الْإِمَامُ أَبُو الْوَفَاءِ ابْنُ عَقِيلٍ: قَدْ نَصَّ الْقُرْآنُ عَلَى النَّهْيِ عَنِ الرَّقْصِ فَقَالَ: " وَلا تَمْشِ فِي الْأَرْضِ مَرَحاً" وَذَمَّ الْمُخْتَالَ. والرقص أشد المرح والبطر. أو لسنا الذين قسنا النبيذ على الخمر لاتفاقها فِي الْإِطْرَابِ وَالسُّكْرِ، فَمَا بَالُنَا لَا نَقِيسُ الْقَضِيبَ وَتَلْحِينَ الشِّعْرِ مَعَهُ عَلَى الطُّنْبُورِ وَالْمِزْمَارِ والطبل لاجتماعها. فَمَا أَقْبَحَ مِنْ ذِي لِحْيَةٍ، وَكَيْفَ إِذَا كان شبيه، يَرْقُصُ وَيُصَفِّقُ عَلَى إِيقَاعِ الْأَلْحَانِ وَالْقُضْبَانِ، وَخُصُوصًا إِنْ كَانَتْ أَصْوَاتٌ لِنِسْوَانٍ وَمُرْدَانٍ، وَهَلْ يَحْسُنُ لِمَنْ بَيْنَ يَدَيْهِ الْمَوْتُ وَالسُّؤَالُ وَالْحَشْرُ وَالصِّرَاطُ، صم هُوَ إِلَى إِحْدَى الدَّارَيْنِ، يَشْمُسُ «١» بِالرَّقْصِ شَمْسَ البهائم، ويصفق تصفيق النسوان، و (الله «٢» ) لقد رَأَيْتُ مَشَايِخَ فِي عُمْرِي مَا بَانَ لَهُمْ سِنٌّ مِنَ التَّبَسُّمِ فَضْلًا عَنِ الضَّحِكِ مَعَ إدمان مخاطتي لَهُمْ. وَقَالَ أَبُو الْفَرَجِ ابْنُ الْجَوْزِيِّ رَحِمَهُ اللَّهُ: وَلَقَدْ حَدَّثَنِي بَعْضُ الْمَشَايِخِ عَنِ الْإِمَامِ الْغَزَالِيِّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ أَنَّهُ قَالَ: الرَّقْصُ حماقة بين الكتفين لا تزول إلا بالعب. وَسَيَأْتِي لِهَذَا الْبَابِ مَزِيدُ بَيَانٍ فِي " الْكَهْفِ «٣» " وغيرها «٤» إن شاء الله تعالى.
(١). شمست الدابة شردت وجمعت. [ ..... ] (٢). من ج وى. (٣). راجع ص ٣٦٥ من هذا الجزء. (٤). راجع ج ١٤ ص ٥١ فما بعد.

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