L’homme est le berger – c’est-à-dire le gardien – de ses propres membres ; c’est comme si le Très-Haut avait dit : « Au sujet de tous ceux-ci l’homme sera interrogé », expression dans laquelle un complément possessif a été sous-entendu. Ce premier sens est plus percutant dans l’argumentation, car l’homme sera démenti par ses propres organes, et telle est l’extrême ignominie, comme Il – exalté soit-Il – l’a déclaré : « Aujourd’hui Nous scellerons leurs bouches, leurs mains Nous parleront et leurs pieds témoigneront de ce qu’ils acquéraient » (1), et : « Leur ouïe, leur vue et leurs peaux témoigneront contre eux de ce qu’ils œuvraient » (2).
Il a employé, pour l’ouïe, la vue et le cœur, le pronom de pluralité réservé à ceux qui raisonnent (أولئك), parce qu’il s’agit de facultés dotées de perception qu’Il présente, dans ce verset, comme étant responsables ; elles sont donc assimilées à des êtres doués de raison, d’où l’usage de ce pronom.
Sîbawayh – qu’Allâh lui fasse miséricorde – a dit, à propos de la parole divine : « Je les vis, pour moi, prosternés » : s’Il a dit « je les vis » en parlant d’étoiles, c’est qu’après les avoir décrites par l’acte de prosternation – qui relève de l’agissement de ceux qui raisonnent – Il les a désignées par le pronom réservé à ce genre d’êtres ; cela a déjà été mentionné (3). Az-Zajjāj rapporte que les Arabes emploient le pronom « ceux-là » aussi bien pour ce qui raisonne que pour ce qui ne raisonne pas, et il cite – tout comme At-Tabarî – ce vers :
« Blâme les demeures, après la halte de Lawâ,
ainsi que la vie, après ces jours-là. »
C’est une question qui mérite réflexion. Quant à ce vers, la bonne version porte « al-aqwām » ; Allâh est plus savant.
Sourate Al-Isrâ’ (17), versets 37 à 38 :
« Ne marche pas sur la terre avec ostentation ; certes, tu ne fendra pas la terre et tu n’atteindras jamais la hauteur des montagnes. – Tout cela, son mauvais côté, est détesté de ton Seigneur. »
Ces deux versets comportent cinq questions.
Premièrement – Sa parole, exalté soit-Il : « Ne marche pas sur la terre avec arrogance ». Il s’agit d’une interdiction de la vanité et d’un ordre de se montrer humble.
Al-marah : excès de joie. D’autres ont dit : l’arrogance dans la démarche. D’autres : le fait, pour l’homme, de se hausser au-dessus de sa condition. Qatâdah a dit : c’est l’orgueil dans la marche. D’aucuns ont dit : la suffisance et la vanité. D’autres enfin : la vivacité. Ces opinions sont proches les unes des autres, mais elles se répartissent en deux catégories : l’une blâmable, l’autre louable. Sont blâmables : l’orgueil, la vanité, la jactance et le fait pour l’homme de se surestimer ; sont louables : la joie et l’entrain. Allâh – Très-Haut – S’est Lui-même attribué l’un de ces derniers, comme dans le ḥadîth authentique : « Allâh est plus heureux du repentir de Son serviteur qu’un homme … », et la paresse