Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

et les conjectures, tous ces termes étant voisins de sens. L’origine du verbe « qafw » renvoie à la calomnie et à l’accusation mensongère. De là la parole du Prophète – que les prières et la paix d’Allāh soient sur lui : « Nous sommes les fils de an-Naḍr ibn Kināna ; nous ne diffamons pas notre mère et nous ne renions pas notre père », c’est-à-dire : nous ne dénigrons pas notre mère.

Al-Kumayt a dit :
« Je ne charge point l’innocent d’un péché qu’il n’a pas commis
et je ne médirai pas des femmes chastes, fût-il dit du mal de nous. »

On dit : qafawtuhu, aqfūhu ; quftuhu, aqūfuhu ; et qaffaytuhu lorsque j’ai suivi sa trace. De là sont dérivés :
– « al-qāfah » (les experts en ressemblance physique) parce qu’ils suivent les traces ;
– « qāfiyat(u) kulli shay’ », c’est-à-dire son extrémité ;
– « la qāfiyah du poème », parce qu’elle se place à la suite du vers ;
– l’un des noms du Prophète – paix et salut sur lui – « al-muqaffā », car il est venu à la fin des prophètes ;
– et « al-qāʾid », l’expert qui suit la trace des ressemblances.
On dit : qāfa al-qāʾifu yaqūfu lorsqu’il accomplit cet acte. On dit aussi : faqūtu li-l-athar – avec l’inversion de la fā et du qāf.

Ibn ʿAṭiyyah dit : Il semble que cela relève des libertés que prennent les Arabes avec certains vocables, comme lorsqu’ils disent « raʿamlī » à la place de « laʿamrī » (par ma vie).

Aṭ-Ṭabarī rapporte d’un groupe qu’ils disaient : qafā et qāfa, de la même manière que ʿatā et ʿāta. Mundhir ibn Saʿīd a considéré que qafā et qāfa sont du même ordre que jabadha et jadhaba (attirer).

En résumé, ce verset interdit la fausse déposition, la calomnie et tout ce qui s’y assimile parmi les paroles mensongères et abjectes.

Al-Kisāʾī rapporte que certains ont lu « taquf » avec ḍamma sur le qāf et sukūn sur le fā. Al-Jarrāḥ a lu « wal-faādu » en ouvrant la fā ; c’est la langue de certains, mais Abū Ḥātim et d’autres l’ont rejetée.

Deuxième point. – Ibn Khwayz Mandād a dit : « Ce verset contient la preuve de la validité du jugement par la qiyāfah (expertise de ressemblance), car lorsque le Très-Haut dit : “Ne suis pas ce dont tu n’as pas science”, il implique la licéité de ce dont nous avons science. Ainsi, tout ce que l’homme connaît réellement ou tient pour hautement probable, il lui est permis de statuer selon cela. C’est par ce principe que nous avons argumenté en faveur de la légitimité du tirage au sort et de l’évaluation approximative (kharṣ), car ils relèvent d’une forte présomption qui, par extension, est appelée science. De la même façon, l’expert en qiyāfah rattache l’enfant à son père par la ressemblance qu’il constate entre eux, tout comme le juriste rattache la branche à la racine par analogie. »

Dans le Ṣaḥīḥ, d’après ʿĀʾishah : « Le Messager d’Allāh – paix et salut sur lui – entra chez moi, réjoui, la joie rayonnant sur son visage, et dit : “N’as-tu pas vu que Mujazziz a regardé Zayd ibn Ḥārithah et Usāmah ibn Zayd, alors qu’ils étaient couverts d’une étoffe qui leur cachait la tête, seules leurs jambes étant visibles, et il a dit : “Certaines de ces jambes viennent assurément des autres ?”” »

Dans le ḥadīth rapporté par Yūnus ibn Yazīd : « Mujazziz était un expert en qiyāfah. »

وَالظُّنُونَ، وَكُلُّهَا مُتَقَارِبَةٌ. وَأَصْلُ الْقَفْوِ الْبُهْتُ وَالْقَذْفُ بِالْبَاطِلِ، وَمِنْهُ قَوْلُهُ عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ: " نَحْنُ بنو النضر ابن كِنَانَةَ لَا نَقْفُو أُمَّنَا وَلَا نَنْتَفِي مِنْ أَبِينَا" أَيْ لَا نَسُبُّ أُمَّنَا. وَقَالَ الْكُمَيْتُ: فَلَا أَرْمِي الْبَرِيءَ بِغَيْرِ ذَنْبٍ ... وَلَا أَقْفُو الْحَوَاصِنَ إِنْ قُفِينَا يُقَالُ: قَفَوْتُهُ أَقْفُوهُ، وَقُفْتُهُ أَقُوفُهُ، وَقَفَّيْتُهُ إِذَا اتَّبَعْتُ أَثَرَهُ. وَمِنْهُ الْقَافَةُ لتتبعهم الآثار وقافية كل شي آخِرُهُ، وَمِنْهُ قَافِيَةُ الشِّعْرِ، لِأَنَّهَا تَقْفُو الْبَيْتَ. وَمِنْهُ اسْمُ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ المقفى، لأنه جاء آخر الأنبياء. ومنه القائد، وَهُوَ الَّذِي يَتْبَعُ أَثَرَ الشَّبَهِ. يُقَالُ: قَافَ الْقَائِفُ يَقُوفُ إِذَا فَعَلَ ذَلِكَ. وَتَقُولُ: فَقُوتُ لِلْأَثَرِ، بِتَقْدِيمِ الْفَاءِ عَلَى الْقَافِ. ابْنُ عَطِيَّةَ: وَيُشْبِهُ أَنْ يَكُونَ هَذَا مِنْ تَلَعُّبِ الْعَرَبِ فِي بَعْضِ الْأَلْفَاظِ، كَمَا قَالُوا: رَعَمْلِي فِي لَعَمْرِي. وَحَكَى الطَّبَرِيُّ عَنْ فِرْقَةٍ أَنَّهَا قَالَتْ: قَفَا وَقَافَ، مِثْلُ عَتَا وَعَاتَ. وَذَهَبَ مُنْذِرُ بْنُ سَعِيدٍ إِلَى أَنْ قَفَا وَقَافَ مِثْلُ جَبَذَ وَجَذَبَ. وَبِالْجُمْلَةِ فَهَذِهِ الْآيَةُ تَنْهَى عَنْ قَوْلِ الزُّورِ وَالْقَذْفِ، وَمَا أَشْبَهَ ذَلِكَ مِنَ الْأَقْوَالِ الْكَاذِبَةِ وَالرَّدِيئَةِ. وَقَرَأَ بَعْضُ النَّاسِ فِيمَا حَكَى الْكِسَائِيُّ " تَقُفْ" بِضَمِّ الْقَافِ وَسُكُونِ الْفَاءِ. وَقَرَأَ الْجَرَّاحُ " وَالْفَآدُ «١» " بِفَتْحِ الْفَاءِ، وَهِيَ لُغَةٌ لِبَعْضِ النَّاسِ، وَأَنْكَرَهَا أَبُو حَاتِمٍ وَغَيْرُهُ. الثَّانِيَةُ- قَالَ ابْنُ خُوَيْزِ مَنْدَادٍ: تَضَمَّنَتْ هَذِهِ الْآيَةُ الْحُكْمَ بِالْقَافَةِ، لِأَنَّهُ لَمَّا قَالَ: " وَلا تَقْفُ مَا لَيْسَ لَكَ بِهِ عِلْمٌ" دَلَّ عَلَى جَوَازِ مَا لَنَا بِهِ عِلْمٌ، فَكُلُّ مَا عَلِمَهُ الْإِنْسَانُ أَوْ غَلَبَ عَلَى ظَنِّهِ جَازَ أَنْ يَحْكُمَ بِهِ، وَبِهَذَا احْتَجَجْنَا عَلَى إِثْبَاتِ الْقُرْعَةِ وَالْخَرْصِ، لِأَنَّهُ ضَرْبٌ مِنْ غَلَبَةِ الظَّنِّ، وَقَدْ يُسَمَّى عِلْمًا اتِّسَاعًا. فَالْقَائِفُ يُلْحِقُ الْوَلَدَ بِأَبِيهِ مِنْ طَرِيقِ الشَّبَهِ بَيْنَهُمَا كَمَا يُلْحِقُ الْفَقِيهُ الْفَرْعَ بِالْأَصْلِ مِنْ طَرِيقِ الشَّبَهِ. وَفِي الصَّحِيحِ عَنْ عَائِشَةَ: أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ دَخَلَ عَلَيَّ مَسْرُورًا تَبْرُقُ أسارير وجهه فقال: " ألم ترى أَنَّ مُجَزِّزًا نَظَرَ إِلَى زَيْدِ بْنِ حَارِثَةَ وَأُسَامَةَ بْنِ زَيْدٍ عَلَيْهِمَا قَطِيفَةٌ قَدْ غَطَّيَا رُءُوسَهُمَا وَبَدَتْ أَقْدَامُهُمَا فَقَالَ إِنَّ بَعْضَ هَذِهِ الْأَقْدَامِ لَمِنْ بَعْضٍ" . وَفِي حَدِيثِ يُونُسَ بْنِ يزيد: " وكان مجزز قائفا" .
(١). في الشواذ: الفؤاد بفتح الفاء والواو. والجراح قاضى البصرة.

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