Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Et la femme n’a pas le droit d’exécuter elle-même la peine de représailles.

Le contradicteur, toutefois, a soutenu que le « walî » visé ici est l’héritier. Or le Très-Haut a dit : « Les croyants et les croyantes sont alliés les uns des autres » ; Il a dit également : « Quant à ceux qui ont cru mais n’ont pas émigré, vous ne disposez d’aucune tutelle sur eux » ; et Il a dit encore : « Les parents consanguins sont plus proches les uns des autres, selon le Livre d’Allah ». Ces passages impliquent donc l’affirmation du droit au qiṣâṣ pour l’ensemble des héritiers.

Quant à leur argument selon lequel le mot « walî », employé au masculin singulier, exclurait la femme, il faut comprendre qu’employé au sens générique, il englobe aussi bien le masculin que le féminin ; le complément de cette discussion se trouve dans les ouvrages de divergences juridiques.

« (Sulṭânan) » : c’est-à-dire une autorité ; s’il le veut, il met à mort, s’il le veut, il pardonne, et s’il le veut, il perçoit la diyya. C’est l’avis d’Ibn ʿAbbâs, ad-Ḍaḥḥâk, Ashhab et ash-Shâfiʿî. Ibn Wahb rapporte de Mâlik : « Le sulṭân est l’ordre d’Allah. » Ibn ʿAbbâs a dit : « Le sulṭân est la preuve. » D’autres ont dit : « Le sulṭân est la faculté d’exiger (le droit) jusqu’à ce qu’on le lui remette. » Ibn al-ʿArabî déclare : « Ces avis sont proches les uns des autres ; le plus clair est celui de Mâlik : c’est l’ordre d’Allah. » Or cet ordre divin n’est pas venu de manière explicite, d’où la divergence des docteurs : Ibn al-Qâsim, rapportant de Mâlik, ainsi qu’Abû Ḥanîfa, ont retenu la mise à mort exclusivement ; Ashhab a opté pour le choix laissé au walî, comme nous l’avons indiqué plus haut, opinion qu’a également adoptée ash-Shâfiʿî. Ce point a été déjà développé dans la sourate al-Baqarah.

Deuxième question : la parole du Très-Haut : « Qu’il ne commette pas d’excès dans le meurtre. » Trois explications en ont été données :

  1. qu’il ne tue personne d’autre que le meurtrier – avis d’al-Ḥasan, ad-Ḍaḥḥâk, Mujâhid et Saʿîd ibn Jubayr ;
  2. qu’il ne tue pas deux personnes en échange d’un seul tué, comme le faisaient les Arabes ;
  3. qu’il ne mutile pas le meurtrier – avis de Ṭalq ibn Ḥabîb. Tous ces sens sont visés, car ils relèvent d’un excès interdit. Ce sujet a été traité de façon exhaustive dans la sourate al-Baqarah.

La majorité lit « yusrif » (avec yâʾ), renvoyant au walî ; Ibn ʿÂmir, Ḥamza et al-Kisâʾî lisent « tusrif » (avec tâʾ), lecture de Ḥudhayfa. Al-ʿAlâʾ ibn ʿAbd al-Karîm rapporte de Mujâhid qu’il s’adresse au premier meurtrier : « Ne commets pas d’excès, ô meurtrier. » Aṭ-Ṭabarî estime que l’adresse vise le Prophète – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui – et, après lui, les gouvernants : « Ne mettez à mort que le meurtrier. » Dans le muṣḥaf d’Ubayy on lit : « Ne commettez pas d’excès dans le meurtre. »

وَلَيْسَ لَهَا الِاسْتِيفَاءُ. وَقَالَ الْمُخَالِفُ: إِنَّ الْمُرَادَ ها هنا بِالْوَلِيِّ الْوَارِثُ، وَقَدْ قَالَ تَعَالَى: " وَالْمُؤْمِنُونَ وَالْمُؤْمِناتُ بَعْضُهُمْ أَوْلِياءُ بَعْضٍ «١» " ، وَقَالَ: " وَالَّذِينَ آمَنُوا وَلَمْ يُهاجِرُوا مَا لَكُمْ مِنْ وَلايَتِهِمْ «٢» مِنْ شَيْءٍ"، وَقَالَ: " وَأُولُوا الْأَرْحامِ بَعْضُهُمْ أَوْلى بِبَعْضٍ فِي كِتابِ اللَّهِ" فَاقْتَضَى ذَلِكَ إِثْبَاتَ الْقَوَدِ لِسَائِرِ الْوَرَثَةِ، وَأَمَّا مَا ذَكَرُوهُ مِنْ أَنَّ الْوَلِيَّ فِي ظَاهِرِهِ عَلَى التَّذْكِيرِ وَهُوَ وَاحِدٌ، كَأَنَّ مَا كَانَ بِمَعْنَى الْجِنْسِ يَسْتَوِي الْمُذَكَّرُ وَالْمُؤَنَّثُ فِيهِ، وَتَتِمَّتُهُ فِي كُتُبِ الْخِلَافِ. (سُلْطاناً) أَيْ تَسْلِيطًا إِنْ شَاءَ قَتَلَ وَإِنْ شَاءَ عَفَا، وَإِنْ شَاءَ أَخَذَ الدِّيَةَ، قَالَهُ ابْنُ عَبَّاسٍ رَضِيَ اللَّهُ تَعَالَى عَنْهُمَا وَالضَّحَّاكُ وَأَشْهَبُ وَالشَّافِعِيُّ. وَقَالَ ابْنُ وَهْبٍ قَالَ مَالِكٌ: السُّلْطَانُ أَمْرُ اللَّهِ. ابْنُ عَبَّاسٍ: السُّلْطَانُ الْحُجَّةُ. وَقِيلَ: السُّلْطَانُ طَلَبُهُ حَتَّى يُدْفَعَ إِلَيْهِ. قَالَ ابْنُ الْعَرَبِيِّ: وَهَذِهِ الْأَقْوَالُ مُتَقَارِبَةٌ، وَأَوْضَحُهَا «٣» قَوْلُ مَالِكٍ: إِنَّهُ أَمْرُ اللَّهِ. ثُمَّ إِنَّ أَمْرَ اللَّهِ عَزَّ وَجَلَّ لَمْ يَقَعْ نَصًّا فَاخْتَلَفَ الْعُلَمَاءُ فِيهِ، فَقَالَ ابْنُ الْقَاسِمِ عَنْ مَالِكٍ وَأَبِي حَنِيفَةَ: الْقَتْلُ خَاصَّةً. وَقَالَ أَشْهَبُ: الْخِيرَةُ، كَمَا ذَكَرْنَا آنِفًا، وَبِهِ قَالَ الشَّافِعِيُّ. وَقَدْ مَضَى فِي سُورَةِ " الْبَقَرَةِ «٤» " هَذَا الْمَعْنَى. الثَّانِيَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (فَلا يُسْرِفْ فِي الْقَتْلِ) فِيهِ ثَلَاثَةُ أَقْوَالٍ: لَا يَقْتُلُ غَيْرَ قَاتِلِهِ، قَالَهُ الْحَسَنُ وَالضَّحَّاكُ ومجاهد وصعيد بْنُ جُبَيْرٍ. الثَّانِي: لَا يَقْتُلُ بَدَلَ وَلِيِّهِ اثْنَيْنِ كَمَا كَانَتِ الْعَرَبُ تَفْعَلُهُ. الثَّالِثُ: لَا يُمَثَّلُ بِالْقَاتِلِ، قَالَهُ طَلْقُ بْنُ حَبِيبٍ، وَكُلُّهُ مُرَادٌ لِأَنَّهُ إِسْرَافٌ مَنْهِيٌّ عَنْهُ. وَقَدْ مَضَى فِي " الْبَقَرَةِ «٥» " الْقَوْلُ فِي هَذَا مُسْتَوْفًى. وَقَرَأَ الْجُمْهُورُ " يُسْرِفْ" بِالْيَاءِ، يُرِيدُ الْوَلِيَّ، وَقَرَأَ ابْنُ عَامِرٍ وَحَمْزَةُ وَالْكِسَائِيُّ " تُسْرِفْ" بِالتَّاءِ مِنْ فَوْقٍ، وَهِيَ قِرَاءَةُ حُذَيْفَةَ. وَرَوَى الْعَلَاءُ بْنُ عَبْدِ الْكَرِيمِ عَنْ مُجَاهِدٍ قَالَ: هُوَ لِلْقَاتِلِ الْأَوَّلِ، وَالْمَعْنَى عِنْدَنَا فَلَا تُسْرِفْ أَيُّهَا الْقَاتِلُ. وَقَالَ الطَّبَرِيُّ: هُوَ عَلَى مَعْنَى الْخِطَابِ لِلنَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَالْأَئِمَّةِ مِنْ بَعْدِهِ. أَيْ لَا تَقْتُلُوا غَيْرَ الْقَاتِلِ. وَفِي حَرْفِ أُبَيٍّ " فلا تسرفوا في القتل" .
(١). راجع ج ٨ ص ٢٠٢ وص ٥٥ وص ٥٨. (٢). راجع ج ٨ ص ٢٠٢ وص ٥٥ وص ٥٨. (٣). في ج: أظهرها. (٤). راجع ج ٢ ص ٢٤٤ فما بعد. (٥). راجع ج ٢ ص ٢٤٤ فما بعد.

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