« Et ne tuez pas vos enfants par crainte de la misère. Nous leur accordons subsistance, ainsi qu’à vous. Les tuer serait certes une énorme faute. » (Sourate al-Isrâ’, 17 : 31)
Il s’y rattache deux questions :
- La première – Le propos détaillé sur ce verset a déjà été exposé dans la sourate al-An‘âm, louange à Allâh.
« Al-imlâq » désigne la pauvreté et l’absence totale de biens. On dit : « amlaka l-rajulu », c’est-à-dire : il ne lui reste plus rien sinon les « malâqât », ces grosses pierres polies. Le poète hudhali décrit un chasseur :
« Le destin lui fit rencontrer un petit “uqaydir” aux habits usés,
qui, lorsque le gibier paissait sur les “malâqât”, guettait son heure. »
La « malqa » (pl. « malâqât ») est une grande pierre lisse. « L’uqaydir » est le diminutif de « al-aqdar », l’homme de petite taille. Quant à « ḥashîf » appliqué aux vêtements, il signifie « vieux, usé ». Le verbe « sâmat » veut dire : passer, se présenter.
Shammar précise que le verbe « amlaka » est tantôt intransitif, tantôt transitif : « amlaka » signifie « il devint pauvre », et l’on dit aussi : « amlaka ’d-dahru mâ biyadihî » – « le temps a fait disparaître ce qu’il possédait ».
Le poète Aws dit :
« Les malheurs qui s’abattent font disparaître tout ce que je détiens. »
- La deuxième question concerne Sa parole : « khiṭa’an kabîran » (une faute énorme).
– La majorité des lecteurs récitent « khiṭ’an » : khâ kasrah, ṭâ’ soukûn, hamza brève.
– Ibn ‘Âmir lit « khaṭa’an » : khâ fatḥah, ṭâ’ fatḥah, hamza brève ; c’est aussi la lecture d’Abû Ja‘far Yazîd.
Ces deux lectures proviennent du verbe « khaṭi’a » lorsqu’on commet sciemment un péché.
Ibn ‘Arafah dit : on emploie « khaṭi’a fî dhanbihî khaṭa’an » lorsqu’on s’en rend coupable, et « akhṭa’a » lorsqu’on suit consciemment ou non une voie erronée. Il ajoute que « khaṭi’a » peut, selon l’usage, tenir lieu de « akhṭa’a ».
Al-Azhari précise : « khaṭi’a – yakhṭa’u – khiṭ’an » quand on prémédite l’erreur, à l’instar de « athima – ya’thamu – ithman ». Quant à « akhṭa’a », il s’emploie lorsqu’il n’y a pas de préméditation : « ikhṭâ’an, khaṭa’an ».
Le poète dit :
« Laisse-moi donc, c’est mon erreur comme ma droiture ;
c’est mon affaire, même si j’ai gaspillé mes biens. »