Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Il s’y trouve quatre questions :

Premièrement – La parole du Très-Haut :
« Ne tiens pas ta main enchaînée à ton cou ».
Il s’agit d’une figure de style par laquelle on décrit l’avare qui, du fond de son cœur, ne parvient pas à détacher la moindre partie de son bien ; on le compare au captif dont les fers empêchent toute action de la main.

Dans les Ṣaḥīḥ de al-Bukhârî et de Muslim, d’après Abû Hurayrah – qu’Allah l’agrée –, on rapporte que le Messager d’Allah – paix et bénédictions d’Allah sur lui – donna l’exemple de l’avare et de l’aumônier :
« Ils ressemblent à deux hommes revêtus chacun d’une cotte de mailles en fer ; leurs bras sont collés à leur poitrine et à leurs clavicules. Chaque fois que l’aumônier fait l’aumône, la cotte s’élargit jusqu’à couvrir le bout de ses doigts et disparaît toute trace sur lui. Quant à l’avare, chaque fois qu’il songe à faire l’aumône, la cotte se resserre et chaque anneau reprend sa place. »
Abû Hurayrah – qu’Allah l’agrée – ajoute : « J’ai vu le Messager d’Allah – paix et bénédictions sur lui – faire ainsi de ses deux doigts dans l’ouverture de son vêtement ; si seulement tu l’avais vu essayer d’élargir l’armure alors qu’elle ne s’élargissait pas. »

Deuxièmement – Sa parole, exalté soit-Il :
« Et ne l’étends pas non plus à outrance. »
L’extension de la main est employée comme image de la dilapidation des biens : la main fermée retient ce qu’elle contient, tandis que la main ouverte laisse tout s’échapper.

Tout cet enseignement s’adresse en apparence au Prophète – paix et bénédictions sur lui –, mais ce sont en réalité les membres de sa communauté qui sont visés ; tel est un procédé courant dans le Coran, car, le Prophète étant leur chef et leur intermédiaire auprès de leur Seigneur, on s’exprime à son sujet pour parler d’eux, selon l’usage arabe.

Par ailleurs, le Prophète – paix et bénédictions sur lui – ne réservait rien pour le lendemain ; il allait jusqu’à attacher une pierre sur son ventre par manque de nourriture. Nombre de Compagnons dépensaient aussi la totalité de leurs biens dans le sentier d’Allah : il ne les blâmait pas, ne les désapprouvait pas, en raison de la solidité de leur certitude et de la finesse de leur clairvoyance.

Allah – exalté soit-Il – n’a interdit que l’excès dans la dépense, le fait de sortir tout l’argent que l’on possède, lorsque l’on craint ensuite le regret de ce qui a quitté la main. Quant à celui qui se fie à la promesse d’Allah, glorifié soit-Il, et à la magnificence de la récompense pour ce qu’il dépense, il n’est pas visé par ce verset. Allah est plus savant.

On a également dit que cet ordre est adressé au Prophète – paix et bénédictions sur lui – pour sa propre personne, afin de lui enseigner la manière correcte de dépenser et de lui ordonner la voie du juste milieu.

D’après Jâbir et Ibn Mas‘ûd, « un jeune garçon vint trouver le Prophète – paix et bénédictions sur lui – et dit : “Ô Messager d’Allah, ma mère…” »

فِيهِ أَرْبَعُ مَسَائِلَ: الْأُولَى- قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَلا تَجْعَلْ يَدَكَ مَغْلُولَةً إِلى عُنُقِكَ) هَذَا مَجَازٌ عَبَّرَ بِهِ عَنِ الْبَخِيلِ الَّذِي لَا يَقْدِرُ من قلبه على إخراج شي مِنْ مَالِهِ، فَضَرَبَ لَهُ مَثَلَ الْغُلِّ الَّذِي يَمْنَعُ مِنَ التَّصَرُّفِ بِالْيَدِ. وَفِي صَحِيحِ الْبُخَارِيِّ وَمُسْلِمٍ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ قَالَ: ضَرَبَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَثَلَ الْبَخِيلِ وَالْمُتَصَدِّقِ كَمَثَلِ رَجُلَيْنِ عَلَيْهِمَا جُبَّتَانِ من حديه قَدِ اضْطَرَّتْ أَيْدِيهُمَا إِلَى ثُدِيِّهِمَا وَتَرَاقِيهِمَا فَجَعَلَ الْمُتَصَدِّقُ كُلَّمَا تَصَدَّقَ بِصَدَقَةٍ انْبَسَطَتْ «١» عَنْهُ حَتَّى تَغْشَى أَنَامِلَهُ وَتَعْفُوَ أَثَرَهُ «٢» وَجَعَلَ الْبَخِيلُ كُلَّمَا هَمَّ بِصَدَقَةٍ قَلَصَتْ «٣» وَأَخَذَتْ كُلُّ حَلْقَةٍ بِمَكَانِهَا. قَالَ أَبُو هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ: فَأَنَا رَأَيْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ «٤» يَقُولُ بِأُصْبُعَيْهِ هَكَذَا فِي جَيْبِهِ فَلَوْ «٥» رَأَيْتَهُ يوسعها ولا تتوسع «٦» . الثانية- قوله تعالى: (وَلا تَبْسُطْها كُلَّ الْبَسْطِ) ضَرَبَ بَسْطَ الْيَدِ مَثَلًا لِذَهَابِ الْمَالِ، فَإِنَّ قَبْضَ الْكَفِّ يَحْبِسُ مَا فِيهَا، وَبَسْطَهَا يُذْهِبُ مَا فِيهَا. وَهَذَا كُلُّهُ خِطَابٌ لِلنَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَالْمُرَادُ أُمَّتُهُ، وَكَثِيرًا مَا جَاءَ فِي الْقُرْآنِ، فَإِنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ لَمَّا كَانَ سَيِّدَهُمْ وَوَاسِطَتَهُمْ إِلَى رَبِّهِمْ عَبَّرَ بِهِ عَنْهُمْ عَلَى عَادَةِ الْعَرَبِ فِي ذَلِكَ. وَأَيْضًا فَإِنَّهُ عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ لَمْ يَكُنْ يَدَّخِرُ شَيْئًا لِغَدٍ، وَكَانَ يَجُوعُ حَتَّى يَشُدَّ الْحَجَرَ عَلَى بَطْنِهِ مِنَ الْجُوعِ. وَكَانَ كَثِيرٌ مِنَ الصَّحَابَةِ يُنْفِقُونَ فِي سَبِيلِ اللَّهِ جَمِيعَ أَمْوَالِهِمْ، فَلَمْ يُعَنِّفْهُمُ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَلَمْ يُنْكِرْ عَلَيْهِمْ لِصِحَّةِ يَقِينِهِمْ وَشِدَّةِ بَصَائِرِهِمْ. وَإِنَّمَا نَهَى اللَّهُ سُبْحَانَهُ وَتَعَالَى عَنِ الْإِفْرَاطِ فِي الْإِنْفَاقِ، وَإِخْرَاجِ مَا حَوَتْهُ يَدُهُ مِنَ الْمَالِ مَنْ خِيفَ عَلَيْهِ الْحَسْرَةُ عَلَى مَا خَرَجَ مِنْ يَدِهِ، فَأَمَّا مَنْ وَثِقَ بِمَوْعُودِ اللَّهِ عَزَّ وَجَلَّ وَجَزِيلِ ثَوَابِهِ فِيمَا أَنْفَقَهُ فَغَيْرُ مُرَادٍ بِالْآيَةِ، وَاللَّهُ أَعْلَمُ. وَقِيلَ: إِنَّ هَذَا الْخِطَابُ لِلنَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي خَاصَّةِ نَفْسِهِ، عَلَّمَهُ فِيهِ كَيْفِيَّةَ الْإِنْفَاقِ، وَأَمَرَهُ بِالِاقْتِصَادِ. قَالَ جَابِرٌ وَابْنُ مَسْعُودٍ: جَاءَ غُلَامٌ إِلَى النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ: إن أمي
(١). أي انتشرت عنه الجبة. (٢). أي أثر مشية لسبوغها. (٣). أي انضمنت وارتفعت. (٤). العرب تجعل القول عبارة عن جميع الافعال وتطلقه على غير الكلام واللسان، فتقول: قال بيده، أي أخذ. وقال برجله، أي مشى. وكل ذيك على المجاز والاتساع. (٥). في ج وهـ: وتقد رأيته. (٦). جواب لو محذوف، أي لتعجبت.

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