Je t’ai nourri quand tu n’étais qu’un nouveau-né,
et je t’ai élevé jusqu’à ta pleine jeunesse ;
tu te sustentais de ce que je gagnais pour toi
et t’abreuvais de mes efforts.
Quand, au cours d’une nuit, la maladie s’abattait sur toi,
je ne fermais pas l’œil, veillant sans répit, agité d’inquiétude pour ton mal.
C’était comme si l’affliction t’atteignant me frappait, moi, non toi ;
et mes yeux se noyaient de larmes.
Mon âme craignait pour toi la mort pourtant elle sait
que la mort est un terme fixé.
Puis, lorsque tu parvins à l’âge et à la stature
que j’avais toujours espérées pour toi,
tu fis de ma récompense dureté et rudesse,
comme si c’était toi le bienfaiteur, le prodigue de faveurs !
Plût au ciel que, puisque tu n’as pas respecté les droits de ma paternité,
tu te fusses comporté, à mon égard, comme le voisin proche se doit d’agir :
que tu m’eusses accordé au moins le droit de voisinage,
et que tu n’eusses point été avare envers moi de tes biens !
— À ce moment, le Prophète — paix et bénédictions d’Allâh sur lui — saisit le col de l’homme (le fils) et dit :
« Toi et tes biens appartenez à ton père. »
At-Tabarânî a rapporté : « Al-Lakhmî ne transmet ce ḥadith — avec ces vers de poésie et dans sa totalité — d’après Ibn al-Munkadir que par cette chaîne de transmission, et ‘Ubayd Allâh b. Khuṣla l’a rapporté seul. Allâh est plus savant. »
[Sourate al-Isrâ’ (17), verset 25]
« Votre Seigneur connaît mieux ce qu’il y a dans vos âmes. Si vous êtes vertueux, alors Il est certes, pour ceux qui reviennent constamment à Lui, Tout-Pardonnant. »
Allâh — Très-Haut — dit :
« Votre Seigneur connaît mieux ce qu’il y a dans vos âmes »,
c’est-à-dire l’intention de miséricorde et de tendresse envers les parents, ou, au contraire, ce qui relèverait de la désobéissance filiale, voire du fait de manifester extérieurement la bienfaisance à leur égard par ostentation.
Ibn Jubayr a dit : il s’agit du mot ou de l’acte qui échappe subitement — un faux pas, un écart — que l’homme commet à l’encontre de ses parents l’un ou l’autre, sans viser par là aucun mal.
Allâh — Exalté soit-Il — dit ensuite :
« Si vous êtes vertueux »,
c’est-à-dire sincères dans votre intention de bienfaisance envers les parents, Allâh pardonne alors l’écart furtif.
Et Sa parole :
« car Il est, pour ceux qui reviennent constamment à Lui (al-awwâbîn), Tout-Pardonnant »,
constitue une promesse de pardon, à la condition de la rectitude et du retour repentant vers Lui.