Tout ce qui a été prescrit ici à leur égard demeure valable, à l’exception de l’imploration de la miséricorde pour eux après leur mort alors qu’ils étaient dans la mécréance ; car ce seul point a été abrogé par le verset cité plus haut.
On a toutefois soutenu qu’il ne s’agit pas ici d’une abrogation ; il s’agirait plutôt d’une invocation en faveur d’une miséricorde d’ordre terrestre pour des parents polythéistes tant qu’ils sont encore en vie, comme il a été expliqué précédemment. Il se peut aussi que la portée générale de ce verset ait été restreinte par celui-là, en ce qui concerne la miséricorde de l’au-delà.
D’autant plus que l’on a rapporté que la parole divine : « Et dis : “Seigneur, fais miséricorde à mes parents” » fut révélée au sujet de Sa‘d ibn Abî Waqqâṣ : il avait embrassé l’islam et sa mère, pour le contraindre, s’était jetée nue sur un sol brûlant. Lorsque Sa‘d en informa le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui –, il déclara : « Qu’elle meure donc ! », et le verset fut révélé.
D’autres ont dit que le verset est spécifique à l’invocation pour des parents musulmans. L’opinion correcte est qu’il s’agit d’une formule générale, comme nous l’avons indiqué.
Ibn ‘Abbâs rapporte que le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – a dit : « Celui qui, au soir, satisfait ses parents et s’éveille ainsi possède deux portes ouvertes du Paradis ; s’il n’y en a qu’une, alors une seule porte. Et celui qui, au soir et au matin, courrouce ses parents a deux portes ouvertes sur l’Enfer ; s’il n’y en a qu’une, alors une seule porte. » Un homme demanda : « Ô Messager d’Allah, même s’ils lui sont injustes ? » Il répondit : « Même s’ils lui sont injustes, même s’ils lui sont injustes, même s’ils lui sont injustes. »
Nous avons également rapporté avec une chaîne ininterrompue d’autorité, d’après Jâbir ibn ‘Abdillah – qu’Allah l’agrée –, qu’un homme vint trouver le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – et dit : « Ô Messager d’Allah, mon père a pris mon bien. » Le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – lui dit : « Amène-moi ton père. » L’ange Gabriel descendit alors auprès du Prophète et lui dit : « Allah – Puissant et Majestueux – te salue et te commande ceci : lorsque le vieillard viendra à toi, interroge-le sur une parole qu’il a dite dans son for intérieur, que ses propres oreilles n’ont pas entendue. »
Lorsque le vieillard se présenta, le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – lui demanda : « Qu’en est-il de ton fils qui se plaint de toi ? Veux-tu t’emparer de son bien ? » Le vieillard répondit : « Interroge-le, ô Messager d’Allah : n’ai-je pas dépensé cette richesse pour l’une de ses tantes paternelles ou maternelles, ou pour moi-même ? » Le Messager d’Allah – paix et bénédictions d’Allah sur lui – lui dit alors : « Assez ! Laisse cela. Informe-moi plutôt d’une parole que tu as dite en ton for intérieur, et que tes oreilles n’ont pas entendue. »
Le vieillard déclara : « Par Allah, ô Messager d’Allah, Allah ne cesse, par ta grâce, d’accroître notre certitude. J’ai effectivement prononcé en moi-même des paroles que mes oreilles n’ont pas entendues. » Le Prophète dit : « Dis-les, que je les entende. » Il dit : «