« Qu’il soit avili – que son nez soit couvert de poussière – l’homme auprès duquel je suis mentionné et qui ne prie pas sur moi. Qu’il soit avili l’homme qui atteint ses deux parents lorsqu’ils sont âgés, ou l’un d’eux, et qui ne les fait pas entrer au Paradis. Et qu’il soit avili l’homme à qui le mois de Ramadan parvient et s’achève avant qu’il ne lui soit pardonné. »
Ibn Abî Oways nous a rapporté, rapportant de son frère, d’après Sulaymân ibn Bilâl, d’après Muḥammad ibn Hilâl, d’après Saʿd ibn Isḥâq ibn Kaʿb ibn ʿUjrah as-Sâlimî, d’après son père – qu’Allah l’agrée – qui dit :
« Kaʿb ibn ʿUjrah – qu’Allah l’agrée – a relaté que le Prophète ﷺ dit : “Faites cercle autour du minbar.” Lorsqu’il sortit, il gravit le minbar ; arrivé sur la première marche il prononça : « Âmîn », puis il monta sur la deuxième et dit : « Âmîn », puis, lorsqu’il monta sur la troisième, il dit encore : « Âmîn ».
Quand il eut terminé et descendit du minbar, nous lui dîmes : « Ô Messager d’Allah, aujourd’hui nous avons entendu de toi quelque chose que nous n’avions jamais entendu auparavant ». Il répondit : « L’avez-vous bien entendu ? » – « Oui », répondîmes-nous. Il dit alors : « Jibrîl – paix sur lui – s’est présenté et a déclaré : “Périsse celui qui atteint le mois de Ramadan sans qu’il ne lui soit pardonné.” Je dis : Âmîn. Lorsque je montai la deuxième marche, il dit : “Périsse celui auprès duquel on mentionne ton nom et qui ne prie pas sur toi.” Je répondis : Âmîn. Lorsque je montai la troisième marche, il dit : “Périsse celui chez qui ses deux parents – ou l’un d’eux – atteignent la vieillesse sans qu’ils ne le fassent entrer au Paradis.” Je répondis : Âmîn. »
Abû Nuʿaym nous a rapporté, rapportant de Salamah ibn Wardân : j’ai entendu Anas – qu’Allah l’agrée – dire : « Le Messager d’Allah ﷺ gravit une marche du minbar et dit : “Âmîn”, puis il monta la deuxième et dit : “Âmîn”, puis il monta la troisième et dit : “Âmîn”. Lorsqu’il s’assit, ses Compagnons demandèrent : “Ô Messager d’Allah, sur quoi as-tu prononcé ces ‘Âmîn’ ?” Il répondit : “Jibrîl – paix sur lui – est venu et a dit : ‘Qu’il soit humilié celui auprès duquel on mentionne ton nom sans qu’il ne prie sur toi.’ J’ai alors dit : Âmîn. ‘Qu’il soit humilié celui qui atteint ses deux parents ou l’un d’eux et n’entre pas au Paradis.’ J’ai alors dit : Âmîn.” » – Fin du ḥadith.
Le bienheureux est donc celui qui se hâte de saisir l’occasion de la piété filiale afin de ne pas la perdre par la mort de ses parents et s’en mordre les doigts. Quant au malheureux, c’est celui qui leur désobéit, surtout après avoir été informé de l’obligation de leur rendre honneur.
Quant à la parole du Très-Haut : « Ne leur dis même pas “Ouf” », c’est-à-dire : ne leur adresse aucun mot qui témoigne ne serait-ce que du moindre agacement.
Abû Rajâʾ al-ʿUṭâridî a dit : « “Ouf” est une parole méprisante, vile, mais discrète. »
Mujâhid a dit : « Son sens est que si tu vois, chez eux dans la vieillesse, les souillures et l’urine que, tout petit, ils ont vues chez toi, ne les répugne pas et ne dis pas “Ouf”. » L’ordre divin est plus général encore. « Ouf » et « Tuf » désignent aussi la saleté sous les ongles, et l’on dit “Ouf à cela” pour toute chose qui importune ou pèse.
Al-Azhari a ajouté : « “Tuf” désigne également ce qui est insignifiant. » Certains ont même lu “Ouf” avec tanwîn (indéterminé).