sans leur autorisation.
Ibn al-Mundhir a dit : « Les grands-pères sont des pères, et les grands-mères sont des mères ; l’homme ne doit donc partir à l’expédition qu’avec leur autorisation. Je ne connais pas d’indice qui impose cette condition pour d’autres que les ascendants – tels que les frères ou le reste des proches. »
Tâwûs, quant à lui, considérait que se mettre au service de ses sœurs était préférable au combat dans la voie d’Allah – qu’Il soit exalté et glorifié.
Dixième point : Parmi l’accomplissement parfait de la piété filiale figure le fait de maintenir les liens avec ceux qu’aimaient les parents.
Ainsi, dans le Ṣaḥîḥ, d’après Ibn ʿUmar : « J’ai entendu le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – dire : “Parmi les plus grandes formes de piété filiale, il y a pour l’homme le fait d’entretenir les relations avec les proches amis de son père après que celui-ci a quitté ce monde.” »
Abû Usayd – qui avait participé à Badr – rapporte : « J’étais assis auprès du Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – lorsqu’un homme des Anṣâr vint lui demander : “Ô Messager d’Allah, me reste-t-il après la mort de mes deux parents une forme de piété filiale par laquelle je puisse leur être bienfaisant ?” Il répondit : “Oui : prier pour eux, implorer le pardon en leur faveur, exécuter leurs engagements après eux, honorer leurs amis et maintenir les liens de parenté dont tu n’as hérité que par leur intermédiaire. Voilà ce qui te reste à accomplir.” »
Le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – offrait d’ailleurs des présents aux amies de Khadîjah, par fidélité envers elle alors qu’elle était son épouse ; que dire, dès lors, de la conduite à tenir envers les parents !
Onzième point : Parole du Très-Haut :
« S’ils parviennent auprès de toi, l’un d’eux ou tous deux, à la vieillesse… »
Allah mentionne spécifiquement l’état de vieillesse, car c’est la période durant laquelle ils ont le plus besoin de ta bienfaisance : leurs forces ont décliné et leur état a changé. Il t’incombe donc, dans cette situation, de veiller à leurs besoins plus encore qu’auparavant ; ils deviennent alors une charge pour toi, et ils ont besoin que tu prennes soin d’eux dans la vieillesse comme ils prenaient soin de toi dans ton enfance. C’est pour cela que cette phase a été mise en avant.
De plus, la longue durée passée avec eux entraîne habituellement lassitude et agacement ; l’on s’impatiente, la colère apparaît, les veines du cou se gonflent contre ses parents, l’on abuse de la familiarité filiale et du manque de religiosité. Le moindre désagrément que l’on manifeste alors est ce soupir exaspéré qui trahit l’agacement. Or il a été ordonné de les aborder avec des paroles empreintes de noblesse, exemptes de tout défaut ; Allah a dit :
« Ne leur dis donc point : “Ouf !” et ne les rudoye pas, mais adresse-leur des paroles honorables. »
Muslim rapporte, d’après Abû Hurayrah : le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – a dit : « Qu’il soit repoussé, qu’il soit repoussé, qu’il soit repoussé ! » On demanda : « Qui donc, ô Messager d’Allah ? » Il répondit : « Celui qui atteint l’un de ses deux parents, ou tous les deux, dans leur vieillesse, puis n’entre pas au Paradis [par son manque de piété filiale]. »
Al-Bukhârî, dans le Livre consacré aux parents, rapporte : Musaddad nous a transmis ; Bishr ibn al-Mufaḍḍal nous a transmis ; ʿAbd ar-Raḥmân ibn Isḥâq – d’après Abû Saʿîd al-Maqburî – d’après Abû Hurayrah : le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – a dit