Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Cinquièmement – At-Tirmidhî rapporte d’après ‘Umar : « J’avais une épouse que j’aimais, mais mon père la détestait et m’ordonna de la répudier. Je refusai. Je fis part de cela au Prophète – que les bénédictions et la paix d’Allâh soient sur lui – et il dit : “Ô ‘Abd Allâh ibn ‘Umar, répudie ta femme.” » Il déclara : « Ce hadith est bon et authentique. »

Sixièmement – Dans le Sahîh, il est rapporté d’après Abû Hurayra qu’un homme vint auprès du Prophète – paix et bénédictions d’Allâh sur lui – et lui demanda : « Qui, parmi les gens, a le plus droit à ma bonne compagnie ? » Il répondit : « Ta mère. » – « Et ensuite ? » – « Ensuite, ta mère. » – « Et ensuite ? » – « Ensuite, ta mère. » – « Et ensuite ? » – « Ensuite, ton père. »
Ce hadith montre que l’amour et la compassion envers la mère doivent être trois fois supérieurs à ceux dus au père, puisque le Prophète – qu’Allâh le bénisse et le salue – a mentionné la mère trois fois et le père seulement la quatrième. Une observation attentive corrobore cette réalité : les difficultés de la grossesse, de l’accouchement, de l’allaitement et de l’éducation incombent exclusivement à la mère, tandis que le père en est exempt.

Il est rapporté de Mâlik qu’un homme lui dit : « Mon père se trouve au pays des Noirs et m’a écrit pour que je vienne auprès de lui, mais ma mère m’en empêche. » Il répondit : « Obéis à ton père sans désobéir à ta mère. » Cette réponse indique que, pour Mâlik, leur droit à la bienfaisance est équivalent.
Al-Layth, interrogé sur la même question, ordonna d’obéir à la mère, affirmant qu’elle détient les deux tiers du mérite filial. Le hadith d’Abû Hurayra atteste, quant à lui, qu’elle en possède les trois quarts ; c’est donc la preuve décisive contre ceux qui divergent.
Al-Muhâsibî, dans son ouvrage « Al-Ri‘âya », affirme qu’il n’existe pas de divergence parmi les savants : la mère a droit aux trois quarts de la bienfaisance, et le père au quart, conformément au hadith d’Abû Hurayra – qu’Allâh l’agrée. Et Allâh est plus Savant.

Septièmement – Le devoir de piété filiale n’est pas réservé aux parents musulmans ; même s’ils sont mécréants, il faut les honorer et leur faire du bien lorsqu’ils vivent sous pacte. Le Très-Haut dit : « Allâh ne vous interdit pas d’être bienfaisants envers ceux qui ne vous ont pas combattus pour la religion et ne vous ont pas expulsés de vos demeures. » (Al-Mumtahanah, 60 : 8)

Dans le Sahîh d’Al-Bukhârî, Asmâ’ rapporte : « Ma mère, polythéiste à l’époque de la trêve conclue entre Quraych et le Messager d’Allâh – que la bénédiction et la paix d’Allâh soient sur lui – vint me voir. Je consultai le Prophète – paix et bénédictions d’Allâh sur lui – et lui dis : “Ma mère est venue, animée d’un désir (soit de lien, soit de biens) ; dois-je maintenir les liens avec elle ?” Il répondit : “Oui, maintiens le lien avec ta mère.” »

الخامسة- روى الترمذي عن عُمَرَ قَالَ: كَانَتْ تَحْتِي امْرَأَةٌ أُحِبُّهَا، وَكَانَ أَبِي يَكْرَهُهَا فَأَمَرَنِي أَنْ أُطَلِّقَهَا فَأَبَيْتُ، فَذَكَرَتْ ذَلِكَ لِلنَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ: " يَا عَبْدَ اللَّهِ بْنَ عُمَرَ طَلِّقِ امْرَأَتَكَ" . قَالَ هَذَا حَدِيثٌ حَسَنٌ صَحِيحٌ. السَّادِسَةُ- رَوَى الصَّحِيحُ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ قَالَ: جَاءَ رَجُلٌ إِلَى النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقَالَ: مَنْ أَحَقُّ النَّاسَ بِحُسْنِ صَحَابَتِي؟ قَالَ: " أُمُّكَ" قَالَ: ثُمَّ مَنْ؟ قَالَ: " ثُمَّ أُمُّكَ" قَالَ: ثُمَّ مَنْ؟ قَالَ: " ثُمَّ أُمُّكَ" قَالَ: ثُمَّ مَنْ؟ قَالَ: " ثُمَّ أَبُوكَ" . فَهَذَا الْحَدِيثُ يَدُلُّ عَلَى أَنَّ مَحَبَّةَ الْأُمِّ وَالشَّفَقَةَ عَلَيْهَا يَنْبَغِي أَنْ تَكُونَ ثَلَاثَةَ أَمْثَالِ مَحَبَّةِ الْأَبِ، لِذِكْرِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ الْأُمَّ ثَلَاثَ مَرَّاتٍ وَذِكْرِ الْأَبِ فِي الرَّابِعَةِ فَقَطْ. وَإِذَا تَوَصَّلَ «١» هَذَا الْمَعْنَى شَهِدَ لَهُ الْعَيَانُ. وَذَلِكَ أَنَّ صُعُوبَةَ الْحَمْلِ وَصُعُوبَةَ الْوَضْعِ وَصُعُوبَةَ الرَّضَاعِ وَالتَّرْبِيَةِ تَنْفَرِدُ بِهَا الْأُمُّ دُونَ الْأَبِ، فَهَذِهِ ثَلَاثُ مَنَازِلَ يَخْلُو مِنْهَا الْأَبُ. وَرُوِيَ عَنْ مَالِكٍ أَنَّ رَجُلًا قَالَ لَهُ: إِنَّ أَبِي فِي بَلَدِ السُّودَانِ، وَقَدْ كَتَبَ إِلَيَّ أَنْ أَقْدُمَ عَلَيْهِ، وَأُمِّي تَمْنَعُنِي مِنْ ذَلِكَ، فَقَالَ: أَطِعْ أَبَاكَ، وَلَا تَعْصِ أُمَّكَ. فَدَلَّ قَوْلُ مَالِكٍ هَذَا أَنَّ بِرَّهُمَا مُتَسَاوٍ عِنْدَهُ. وَقَدْ سُئِلَ اللَّيْثُ عَنْ هَذِهِ الْمَسْأَلَةِ فَأَمَرَهُ بِطَاعَةِ الْأُمِّ، وَزَعَمَ أَنَّ لَهَا ثُلُثَيِ الْبِرِّ. وَحَدِيثُ أَبِي هُرَيْرَةَ يَدُلُّ عَلَى أَنَّ لَهَا ثَلَاثَةَ أَرْبَاعِ الْبِرِّ، وَهُوَ الْحُجَّةُ عَلَى مَنْ خَالَفَ. وَقَدْ زَعَمَ الْمُحَاسِبِيُّ فِي (كِتَابِ الرِّعَايَةِ) لَهُ أَنَّهُ لَا خِلَافَ بَيْنَ الْعُلَمَاءِ أَنَّ لِلْأُمِّ ثَلَاثَةَ أَرْبَاعِ الْبِرِّ وَلِلْأَبِ الرُّبْعُ، عَلَى مُقْتَضَى حَدِيثِ أَبِي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ. وَاللَّهُ أَعْلَمُ. السَّابِعَةُ- لَا يَخْتَصُّ بِرُّ الْوَالِدَيْنِ بِأَنْ يَكُونَا مُسْلِمَيْنِ، بَلْ إِنْ كَانَا كَافِرَيْنِ يَبَرُّهُمَا وَيُحْسِنُ إِلَيْهِمَا إِذَا كَانَ لَهُمَا عَهْدٌ، قَالَ اللَّهُ تَعَالَى: " لَا يَنْهاكُمُ اللَّهُ عَنِ الَّذِينَ لَمْ يُقاتِلُوكُمْ فِي الدِّينِ وَلَمْ يُخْرِجُوكُمْ مِنْ دِيارِكُمْ أَنْ تَبَرُّوهُمْ «٢» " . وَفِي صَحِيحِ الْبُخَارِيِّ عَنْ أَسْمَاءَ قَالَتْ: قَدِمَتْ أُمِّي وَهِيَ مُشْرِكَةٌ فِي عَهْدِ قُرَيْشٍ وَمُدَّتِهِمْ إِذْ عَاهَدُوا النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَعَ أَبِيهَا، فَاسْتَفْتَيْتُ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَقُلْتُ: إِنَّ أُمِّي قَدِمَتْ وَهِيَ رَاغِبَةٌ «٣» أَفَأَصِلُهَا؟ قَالَ: " نَعَمْ صِلِي أمك" .
(١). كذا في الأصول. (٢). راجع ج ١٨ ص ٥٨ وج ١٤ ص ٦٣. (٣). قوله راغبة: أي راغبة في برى وصلتي، أو راغبة عن الإسلام كارهة له.

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