Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Car Il n’ordonne jamais la turpitude.

Zakariyyâ ibn Sallâm rapporta qu’un homme vint trouver al-Ḥasan et lui dit qu’il avait prononcé le divorce à l’encontre de son épouse à trois reprises. Al-Ḥasan lui répondit : « Tu as certes désobéi à ton Seigneur et elle est désormais séparée définitivement de toi. » L’homme répliqua : « Allah en a ainsi décidé contre moi ! » Al-Ḥasan – qui était d’une grande éloquence – lui dit alors : « Allah ne l’a pas “décidé”, c’est-à-dire qu’Il ne l’a pas ordonné », puis il récita ce verset : « Ton Seigneur a décrété que vous n’adoriez que Lui seul » (al-Isrâʾ, 23).

Deuxièmement – Allah, exalté soit-Il, a prescrit Son adoration exclusive et Son unicité, et Il a fait suivre cet ordre de la piété filiale, tout comme Il a associé la gratitude due aux parents à la gratitude qui Lui est due. Il dit : « Ton Seigneur a décrété que vous n’adoriez que Lui et que vous fassiez preuve de bienveillance envers vos père et mère » ; et Il dit encore : « Sois reconnaissant envers Moi ainsi qu’envers tes père et mère, vers Moi est la destinée » (Luqmân, 14).

Dans le Ṣaḥîḥ de al-Bukhârî, d’après ʿAbd Allâh, celui-ci rapporte : « J’ai demandé au Prophète – que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui – : “Quelle est l’œuvre la plus aimée d’Allah, Puissant et Majestueux ?” Il répondit : “La prière accomplie à son heure.” – “Et ensuite ?” – “Ensuite la bonté envers les parents.” – “Et ensuite ?” – “Le jihâd dans la voie d’Allah.” » Ainsi, le Messager d’Allah – paix et salut sur lui – a indiqué que la piété filiale est la plus vertueuse des œuvres après la prière, laquelle est le plus grand pilier de l’Islam. Il l’a placée après celle-ci au moyen de l’adverbe « ensuite » (thumma) qui marque la succession et l’intervalle.

Troisièmement – Parmi les formes de bonté envers les parents et de bienfaisance à leur égard figure le fait de s’abstenir de les injurier ou de leur manquer de respect, car cela fait partie des péchés majeurs sans aucune divergence, comme le confirme la Sunna authentique. En effet, dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, d’après ʿAbd Allâh ibn ʿAmr, le Messager d’Allah – paix et bénédictions sur lui – a dit : « Font partie des péchés capitaux le fait qu’un homme insulte ses parents. » On lui demanda : « Ô Messager d’Allah, un homme insulte-t-il réellement ses propres parents ? » Il répondit : « Oui. Il insulte le père d’un homme, celui-ci insulte alors son père ; il insulte sa mère, celui-ci insulte alors sa mère. »

Quatrièmement – La désobéissance aux parents consiste à aller à l’encontre de leurs souhaits licites, tandis que la bonté filiale réside dans le fait de se conformer à leurs souhaits. Ainsi, lorsqu’ils – ou l’un d’eux – ordonnent quelque chose à leur enfant, il lui incombe de leur obéir, pourvu que cet ordre n’implique aucun péché. Cela vaut même si la chose ordonnée appartient originairement au domaine du licite, et a fortiori si elle relève du recommandé. Certains savants ont émis l’avis que l’ordre parental concernant un acte permis le fait passer, pour l’enfant, au rang d’acte recommandé, et que leur ordre concernant un acte déjà recommandé en renforce davantage le caractère méritoire.

فَإِنَّهُ لَا يَأْمُرُ بِالْفَحْشَاءِ. وَقَالَ زَكَرِيَّا بْنُ سَلَّامٍ: جَاءَ رَجُلٌ إِلَى الْحَسَنِ فَقَالَ إِنَّهُ طَلَّقَ امْرَأَتَهُ ثَلَاثًا. فَقَالَ: إِنَّكَ قَدْ عَصَيْتَ رَبَّكَ وَبَانَتْ مِنْكَ. فَقَالَ الرَّجُلُ: قَضَى اللَّهُ ذَلِكَ عَلَيَّ! فَقَالَ الْحَسَنُ وَكَانَ فَصِيحًا: مَا قَضَى اللَّهُ ذَلِكَ أَيْ مَا أَمَرَ اللَّهُ بِهِ، وَقَرَأَ هَذِهِ الْآيَةَ: " وَقَضى رَبُّكَ أَلَّا تَعْبُدُوا إِلَّا إِيَّاهُ" . الثَّانِيَةُ- أَمَرَ اللَّهُ سُبْحَانَهُ بِعِبَادَتِهِ وَتَوْحِيدِهِ، وَجَعَلَ بِرَّ الْوَالِدَيْنِ مَقْرُونًا بِذَلِكَ، كَمَا قَرَنَ شُكْرَهُمَا بِشُكْرِهِ فَقَالَ: " وَقَضى رَبُّكَ أَلَّا تَعْبُدُوا إِلَّا إِيَّاهُ وَبِالْوالِدَيْنِ إِحْساناً" . وَقَالَ: " أَنِ اشْكُرْ لِي وَلِوالِدَيْكَ إِلَيَّ الْمَصِيرُ «١» " . وَفِي صَحِيحِ الْبُخَارِيِّ عَنْ عَبْدِ اللَّهِ قَالَ: سَأَلْتُ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَيُّ الْعَمَلِ أَحَبُّ إِلَى اللَّهِ عَزَّ وَجَلَّ؟ قَالَ: " الصَّلَاةُ عَلَى وَقْتِهَا" قَالَ: ثُمَّ أَيُّ؟ قَالَ: " ثُمَّ بِرُّ الْوَالِدَيْنِ" قَالَ ثُمَّ أَيُّ؟ قَالَ: " الْجِهَادُ فِي سَبِيلِ اللَّهِ" فَأَخْبَرَ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَنَّ بِرَّ الْوَالِدَيْنِ أَفْضَلُ الْأَعْمَالِ بَعْدَ الصَّلَاةِ الَّتِي هِيَ أَعْظَمُ دَعَائِمِ الْإِسْلَامِ. وَرَتَّبَ ذَلِكَ " بِثُمَّ" الَّتِي تُعْطِي التَّرْتِيبَ وَالْمُهْلَةَ. الثَّالِثَةُ- مِنَ الْبِرِّ بِهِمَا وَالْإِحْسَانِ إِلَيْهِمَا أَلَّا يَتَعَرَّضَ لِسَبِّهِمَا وَلَا يَعُقَّهُمَا، فَإِنَّ ذَلِكَ مِنَ الْكَبَائِرِ بِلَا خِلَافٍ، وَبِذَلِكَ وَرَدَتِ السُّنَّةُ الثَّابِتَةُ، فَفِي صَحِيحِ مُسْلِمٍ عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَمْرٍو أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ: " إِنَّ مِنَ الْكَبَائِرِ شَتْمَ الرَّجُلِ وَالِدَيْهِ" قَالُوا: يَا رَسُولَ اللَّهِ، وَهَلْ يَشْتُمُ الرَّجُلُ وَالِدَيْهِ؟ قَالَ " نَعَمْ. يَسُبُّ الرَّجُلُ أَبَا الرَّجُلِ فَيَسُبُّ أَبَاهُ وَيَسُبُّ أُمَّهُ فَيَسُبُّ أُمَّهُ" . الرَّابِعَةُ- عُقُوقُ الْوَالِدَيْنِ مُخَالَفَتُهُمَا فِي أَغْرَاضِهِمَا الْجَائِزَةِ لَهُمَا، كَمَا أَنَّ بِرَّهُمَا مُوَافَقَتُهُمَا عَلَى أَغْرَاضِهِمَا. وَعَلَى هَذَا إِذَا أَمَرَا أَوْ أَحَدُهُمَا وَلَدَهُمَا بِأَمْرٍ وَجَبَتْ طَاعَتُهُمَا فِيهِ، إِذَا لَمْ يَكُنْ ذَلِكَ الْأَمْرُ مَعْصِيَةً، وَإِنْ كَانَ ذَلِكَ الْمَأْمُورُ بِهِ مِنْ قَبِيلِ الْمُبَاحِ فِي أَصْلِهِ، وَكَذَلِكَ إِذَا كَانَ مِنْ قَبِيلِ الْمَنْدُوبِ. وَقَدْ ذَهَبَ بَعْضُ النَّاسِ إِلَى أَنَّ أَمْرَهُمَا بِالْمُبَاحِ يُصَيِّرُهُ فِي حَقِّ الْوَلَدِ مَنْدُوبًا إِلَيْهِ وَأَمْرَهُمَا بِالْمَنْدُوبِ يَزِيدُهُ تأكيدا في ندبيته.
(١). راجع ج ١٤ ص ٦٥.

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