Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Des émirs investis de pouvoir, telle est également l’explication donnée par Ibn ʿUzayz. Le verbe « taʾammara ʿalayhim » signifie : « il exerça son autorité sur eux, il les domina ».

Al-Ḥasan, ainsi que Qatāda, Abū Ḥaywa al-Shāmī, Yaʿqūb, Khārija d’après Nāfiʿ, Ḥammād b. Salama d’après Ibn Kathīr, ʿAlī et Ibn ʿAbbās – selon des chaînes divergentes – ont également lu :
« Āmarnā » (آمَرْنا), avec allongement de la voyelle initiale et sans redoublement, c’est-à-dire : « Nous avons multiplié ses tyrans et ses gouverneurs », ainsi que l’explique al-Kisāʾī.

Abū ʿUbayda dit : « Āmartuhu » avec allongement, et « ʾammartuhu » avec redoublement, sont deux formes dialectales signifiant toutes deux : « je l’ai rendu nombreux / je l’ai fait prospérer ». De là, le ḥadith : « Le meilleur des biens est une jument prolifique (muhra māʾmūra) ou un verger de palmiers fécond (sikka maʾbūra) [1] », c’est-à-dire possédant de nombreuses portées et une reproduction abondante.

Ibn ʿUzayz ajoute de même : « Āmarnā » et « ʾamarnā » ont le même sens, à savoir : « Nous avons fait pulluler ». On rapporte encore d’al-Ḥasan et de Yaḥyā b. Yaʿmar la lecture « ʾamirnā » (أَمِرْنا), avec voyelle brève et cassure de la mīm, sur le schème « faʿilnā » ; elle est également attribuée à Ibn ʿAbbās.

Qatāda et al-Ḥasan commentent : le sens en est « Nous avons multiplié », opinion que rapportent Abū Zayd et Abū ʿUbayd. Al-Kisāʾī la rejette cependant et affirme : on n’emploie le verbe pour l’idée de multiplicité qu’avec l’allongement : « Āmarnā » ; il précise que son origine serait « ʾaʾmarnā », qui a subi un allègement de la hamza, comme le rapporte al-Mahdawī.

Dans le Ṣiḥāḥ, on lit : Abū l-Ḥasan a dit : « ʾamara mālahu » (avec kasra) signifie « il en accroît la richesse » ; « ʾamira l-qawm », c’est-à-dire : « le groupe se multiplia ». Le poète dit :
« ʾamirūna lā yarithūna sahma l-quʿududi » [2]
(Ils sont innombrables, ils ne laissent rien aux plus infimes !).
Quant à « Āmara-llāhu mālahu » (avec allongement), ath-Thaʿlabī commente : on appelle toute chose abondante « ʾamir » ; le verbe en est « ʾamira l-qawmu yaʾmarūna amran » lorsqu’ils deviennent nombreux.

Ibn Masʿūd rapporte : « Au temps de l’ignorance, quand un clan se multipliait, nous disions : ʾamara amru banī fulān (l’affaire des fils d’Untel s’est amplifiée) ».

Et Labīd déclame :
« Tous les fils de noble femme ont pour sort final…
si peu nombreux qu’ils deviennent, quand bien même ils croîtraient en effectif ;
s’ils suscitent l’envie, ils dépérissent, et quand ils se répandent (ʾamirū)
un jour ils retournent à la perdition et à l’infortune » [3].

[1] C.-à-d. riche en mises bas ou en récoltes.
[2] Vers attribué à al-Aʿshā ; le ḥemistiche initial est : « Ṭarfun wa lādūna kulla mubārakin… ».
[3] Extrait d’un poème de Labīd b. Rabīʿa.

أُمَرَاءَ مُسَلَّطِينَ، وَقَالَهُ ابْنُ عُزَيْزٍ. وَتَأَمَّرَ عَلَيْهِمْ تَسَلَّطَ عَلَيْهِمْ. وَقَرَأَ الْحَسَنُ أَيْضًا وَقَتَادَةُ وَأَبُو حَيْوَةَ الشَّامِيُّ وَيَعْقُوبُ وَخَارَجَةُ عَنْ نَافِعٍ وَحَمَّادُ بْنُ سَلَمَةَ عَنِ ابْنِ كَثِيرٍ وَعَلِيٍّ وَابْنِ عَبَّاسٍ بِاخْتِلَافٍ عَنْهُمَا " آمَرْنَا" بِالْمَدِّ وَالتَّخْفِيفِ، أَيْ أَكْثَرْنَا جَبَابِرَتَهَا وَأُمَرَاءَهَا، قَالَهُ الْكِسَائِيُّ. وَقَالَ أَبُو عُبَيْدَةَ: آمَرْتُهُ بِالْمَدِّ وَأَمَّرْتُهُ، لُغَتَانِ بِمَعْنَى كَثَّرْتِهِ، وَمِنْهُ الْحَدِيثُ " خَيْرُ الْمَالِ مُهْرَةٌ مَأْمُورَةٌ أَوْ سِكَّةٌ مَأْبُورَةٌ «١» " أَيْ كَثِيرَةُ النِّتَاجِ وَالنَّسْلِ. وَكَذَلِكَ قَالَ ابْنُ عُزَيْزٍ: آمَرْنَا وَأَمَرْنَا بِمَعْنًى وَاحِدٍ، أَيْ أَكْثَرْنَا. وَعَنِ الْحَسَنِ أَيْضًا وَيَحْيَى بْنِ يَعْمَرَ " أَمِرْنَا" بِالْقَصْرِ وَكَسْرِ الْمِيمِ عَلَى فَعِلْنَا، وَرُوِيَتْ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ. قَالَ قَتَادَةُ وَالْحَسَنُ: الْمَعْنَى أَكْثَرْنَا، وَحَكَى نَحْوَهُ أَبُو زَيْدٍ وَأَبُو عُبَيْدٍ، وَأَنْكَرَهُ الْكِسَائِيُّ وَقَالَ: لَا يُقَالُ مِنَ الْكَثْرَةِ إِلَّا آمَرْنَا بِالْمَدِّ، قَالَ وَأَصْلُهَا " أَأْمَرْنَا" فَخُفِّفَ، حَكَاهُ الْمَهْدَوِيُّ. وَفِي الصِّحَاحِ: وَقَالَ أَبُو الحسن أمر ماله (بالكسر) أي أكثره وَأَمِرَ الْقَوْمُ أَيْ كَثُرُوا، قَالَ الشَّاعِرُ: أَمِرُونَ لَا يَرِثُونَ سَهْمَ الْقُعْدُدِ «٢» وَآمَرَ اللَّهُ مَالَهُ: (بِالْمَدِّ) : الثَّعْلَبِيُّ: وَيُقَالُ لِلشَّيْءِ الْكَثِيرِ أَمِرٌ، وَالْفِعْلُ مِنْهُ: أَمِرَ الْقَوْمُ يَأْمَرُونَ أَمْرًا إِذَا كَثُرُوا. قَالَ ابْنُ مَسْعُودٍ: كُنَّا نَقُولُ فِي الْجَاهِلِيَّةِ لِلْحَيِّ إِذَا كَثُرُوا: أَمِرَ أَمْرُ بَنِي فُلَانٍ، قال لبيد: كل بنى حرة مَصِيرُهُمْ ... قَلَّ وَإِنْ أَكْثَرَتَ مِنَ الْعَدَدِ إِنْ يُغْبَطُوا يَهْبِطُوا وَإِنْ أَمِرُوا ... يَوْمًا يَصِيرُوا لِلْهُلْكِ والنكد «٣»
(١). السكة: الطريقة المصطفة من النخل. والمأبورة: الملقحة، يقال: أبرت النخلة وأبرتها، فهي مأبورة ومؤبرة. السكة سكة الحرث، والمأبورة المصلحة له. المراد: خير المال نتاج وزرع. (ابن الأثير). (٢). هذا عجز بيت للأعشى وصدره: طرفون ولادون كل مبارك الزرف والزريف: الكثير الإباء إلى الجد الأكبر. والقعدد: القليل الإباء إلى الجد الأكبر. (٣). يقول: إن غبطوا يوما فأنهم يموتون. و" يهبزوا" هاهنا يموتوا. ويروى:" إن غبطوا يعبطوا" يموتوا عبطة، كأنهم يموتون من غير مرض. (راجع الديوان). في ج وى: والفند.

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