Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

La noyade des mécréants. – Ce verset, par la latitude même de ses termes, peut également s’appliquer à ceux auxquels aucune mission n’est parvenue : les « gens de la période d’interruption » (ahl al-fatrah) dont certains savants ont admis l’éventuelle existence. Quant au récit selon lequel Allah, Exalté soit-Il, leur enverrait, le Jour de la Résurrection, un messager – ainsi qu’aux déments et aux enfants –, il n’est pas authentique ; il ne s’accorde d’ailleurs pas avec ce qu’enseigne la Loi révélée, à savoir que l’Au-delà n’est pas une demeure de charge légale.

Al-Mahdawî a dit : « Il a été rapporté d’Abû Hurayrah qu’Allah, Puissant et Majestueux, ressuscitera le Jour de la Résurrection un messager pour les gens de la fitrah, pour le muet, le sourd-muet et le sourd ; obéira à ce messager celui d’entre eux qui, en ce bas-monde, désirait lui obéir. » Puis il récita le verset. Ce hadith est rapporté par Maʿmar, d’après Ibn Tâwûs, d’après son père, d’après Abû Hurayrah, et al-Nahhâs l’a cité.

Je (l’auteur) dis : ce récit est mawqûf ; on en rapportera une version marfûʿ à la fin de la sourate Ṭâ Hâ, si Allah – Très-Haut – le veut, mais elle n’est pas authentique. Certains ont tiré de ce verset que, si les habitants des îles entendent parler de l’islam et y croient, ils ne seront pas tenus responsables de ce qui précède, et c’est exact. Quant à celui que l’appel n’a pas atteint, il ne mérite pas le châtiment d’après la raison. Et Allah sait mieux.

[Sourate al-Isrâ’ (17), verset 16] :
« Quand Nous voulons détruire une cité, Nous ordonnons à ses gens opulents. Ils y commettent alors la perversité ; la Parole se réalise contre elle et Nous l’anéantissons d’un anéantissement total. »

Il y a là trois questions :

  1. Dans le verset précédent, Allah – Très-Haut – a informé qu’Il ne détruit pas les cités avant d’avoir envoyé les Messagers, non point parce qu’il Lui serait blâmable de le faire, mais parce qu’Il en a fait la promesse, et Il ne revient pas sur Sa promesse. Ainsi, lorsqu’Il veut anéantir une cité tout en demeurant fidèle à Sa parole, Il ordonne à ses gens fortunés de s’adonner à la perversité et à l’injustice, de sorte que la Parole de destruction se réalise contre elle. Cela t’enseigne que celui qui périt ne le fait que de par Sa Volonté ; c’est Lui qui fait survenir les causes et les conduit à leurs fins afin que se vérifie la Parole prononcée auparavant par Allah – Très-Haut.
  2. Au sujet de Sa Parole : « Amarnâ » (Nous avons ordonné), Abû ʿUthmân an-Nahdî, Abû Rajâ’, Abû l-ʿÂliyah, ar-Rabîʿ, Mujâhid et al-Ḥasan l’ont lue « ammarnâ » (en insistant sur la lettre mîm) ; c’est la lecture de ʿAlî – qu’Allah l’agrée –, c’est-à-dire : « Nous avons donné pouvoir à leurs pervers », lesquels ont alors désobéi dans la cité ; lorsqu’ils se comportent ainsi, Nous les détruisons. Abû ʿUthmân an-Nahdî lit également « ammarnâ » (mîm redoublé) : « Nous les avons désignés comme… »
غَرَقِ الْكُفَّارِ. وَهَذِهِ الْآيَةُ أَيْضًا يُعْطِي احْتِمَالُ أَلْفَاظِهَا نَحْوَ هَذَا فِي الَّذِينَ لَمْ تَصِلْهُمْ رِسَالَةٌ، وَهُمْ أَهْلُ الْفَتَرَاتِ الَّذِينَ قَدْ قَدَّرَ وُجُودَهُمْ بَعْضُ أَهْلِ الْعِلْمِ. وَأَمَّا مَا رُوِيَ مِنْ أَنَّ اللَّهَ تَعَالَى يَبْعَثُ إِلَيْهِمْ يَوْمَ الْقِيَامَةِ وَإِلَى الْمَجَانِينِ وَالْأَطْفَالِ فَحَدِيثٌ لَمْ يَصِحُّ، وَلَا يَقْتَضِي مَا تُعْطِيهِ الشَّرِيعَةُ مِنْ أَنَّ الْآخِرَةَ لَيْسَتْ دَارَ تَكْلِيفٍ. قَالَ الْمَهْدَوِيُّ: وَرُوِيَ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ أَنَّ اللَّهَ عَزَّ وَجَلَّ يبعث يوم القيامة رسولا إلى أهل الفطرة وَالْأَبْكَمِ وَالْأَخْرَسِ وَالْأَصَمِّ، فَيُطِيعُهُ مِنْهُمْ مَنْ كَانَ يُرِيدُ أَنْ يُطِيعَهُ فِي الدُّنْيَا، وَتَلَا الْآيَةَ، رَوَاهُ مَعْمَرٌ عَنِ ابْنِ طَاوُسٍ عَنْ أَبِيهِ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ، ذَكَرَهُ النَّحَّاسُ. قُلْتُ: هَذَا مَوْقُوفٌ، وَسَيَأْتِي مَرْفُوعًا فِي آخِرِ سُورَةِ طَهَ إِنْ شَاءَ اللَّهُ تَعَالَى، وَلَا يَصِحُّ. وَقَدِ اسْتَدَلَّ قَوْمٌ فِي أَنَّ أَهْلَ الْجَزَائِرِ إِذَا سَمِعُوا بِالْإِسْلَامِ وَآمَنُوا فَلَا تَكْلِيفَ عَلَيْهِمْ فِيمَا مَضَى، وَهَذَا صَحِيحٌ، وَمَنْ لَمْ تَبْلُغْهُ الدَّعْوَةُ فَهُوَ غَيْرُ مُسْتَحِقٍّ لِلْعَذَابِ مِنْ جِهَةِ الْعَقْلِ، والله أعلم. [[سورة الإسراء (١٧) : آية ١٦]] وَإِذا أَرَدْنا أَنْ نُهْلِكَ قَرْيَةً أَمَرْنا مُتْرَفِيها فَفَسَقُوا فِيها فَحَقَّ عَلَيْهَا الْقَوْلُ فَدَمَّرْناها تَدْمِيراً (١٦) فِيهِ ثَلَاثُ مَسَائِلَ: الْأُولَى- أَخْبَرَ اللَّهُ تَعَالَى فِي الْآيَةِ الَّتِي قَبْلُ أَنَّهُ لَمْ يُهْلِكَ الْقُرَى قَبْلَ ابْتِعَاثِ الرُّسُلِ، لَا لِأَنَّهُ يَقْبُحُ مِنْهُ ذَلِكَ إِنْ فَعَلَ، وَلَكِنَّهُ وَعْدٌ مِنْهُ، وخلف فِي وَعْدِهِ. فَإِذَا أَرَادَ إِهْلَاكَ قَرْيَةٍ مَعَ تَحْقِيقِ وَعْدِهِ عَلَى مَا قَالَهُ تَعَالَى أَمَرَ مُتْرَفِيهَا بِالْفِسْقِ «١» وَالظُّلْمِ فِيهَا فَحَقَّ عَلَيْهَا الْقَوْلُ بالتدمير. يعلمك أن من هلك (فإنما) «٢» هَلَكَ بِإِرَادَتِهِ، فَهُوَ الَّذِي يُسَبِّبُ الْأَسْبَابَ وَيَسُوقُهَا إِلَى غَايَاتِهَا لِيَحِقَّ الْقَوْلُ السَّابِقُ مِنَ اللَّهِ تَعَالَى. الثَّانِيَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (أَمَرْنا) قَرَأَ أَبُو عُثْمَانَ النَّهْدِيُّ وَأَبُو رَجَاءٍ وَأَبُو الْعَالِيَةِ، وَالرَّبِيعُ وَمُجَاهِدٌ وَالْحَسَنُ " أَمَّرْنَا" بِالتَّشْدِيدِ، وَهِيَ قِرَاءَةُ عَلِيٍّ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ، أَيْ سَلَّطْنَا شِرَارهَا فَعَصَوْا فِيهَا، فَإِذَا فَعَلُوا ذَلِكَ أَهْلَكْنَاهُمْ. وَقَالَ أَبُو عثمان النهدي " أمرنا" بتشديد الميم، جعلناهم
(١). المحققون على ما قال ابن عباس كما في البحر: أمرناهم فعصوا وفسقوا وسيأتي. وهذا هو المطابق كقوله تعالى إن الله لا يأمر بالفحشاء. أما ما ذكره القرطبي كالزمخشري فيحتاج إلى تأويل. محققة. (٢). من ج وى.

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