Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Abou as-Souwwâr al-‘Adawî récita ce verset :
« Et Nous avons attaché à chaque homme son œuvre à son cou. »
Il dit : « Il y a pour l’homme deux déploiements et un pliage. Tant que tu respires, ô fils d’Âdam, ton registre reste ouvert ; inscris-y donc ce que tu voudras. Lorsque tu meurs, il est replié, puis, lorsque tu seras ressuscité, il sera de nouveau déployé. »

« Lis ton livre. »
Al-Hassan (qu’Allâh lui fasse miséricorde) a dit : « L’être humain lira son livre, qu’il ait été lettré ou illettré. »

« Il te suffit aujourd’hui d’être ton propre comptable. »
C’est-à-dire : ton propre juge et évaluateur.

L’un des pieux prédécesseurs a dit : « Ceci est un livre ; ta langue en est la plume, ta salive l’encre, et tes membres le parchemin. C’est toi qui l’as dicté à tes Anges gardiens ; rien n’y fut ajouté ni retranché. Et, chaque fois que tu en renieras quelque chose, un témoin tiré de toi-même s’y dressera contre toi. »

[Sourate al-Isrâ’ (17), verset 15]
« Quiconque s’engage dans la voie droite, c’est pour lui-même qu’il se guide ; quiconque s’égare, ce n’est qu’à son propre détriment qu’il s’égare. Nulle âme chargée ne portera le fardeau d’une autre. Et Nous ne châtiâmes jamais avant d’avoir envoyé un Messager. »

Parole du Très-Haut :
« Quiconque s’engage dans la voie droite, c’est pour lui-même qu’il se guide ; et quiconque s’égare, ce n’est qu’à son propre détriment qu’il s’égare. »
C’est-à-dire : chacun sera jugé pour lui-même, non pour autrui ; celui qui suit la bonne direction en recueillera la récompense, et celui qui s’égare supportera la sanction de sa mécréance.

« Nulle âme chargée ne portera le fardeau d’une autre. »
(Verset déjà commenté dans al-An‘âm.)

Ibn ‘Abbâs rapporte que ce verset a été révélé au sujet d’al-Walîd ibn al-Mughîra. Il avait dit aux habitants de La Mecque : « Suivez-moi, reniez Muhammad, et je me chargerai de vos péchés. » Alors ce verset descendit : al-Walîd ne portera pas vos fautes ; le péché de chacun retombera uniquement sur lui.

On dit : « wazara – yaziru – wizran/wizratan » : commettre un péché.
Le terme « wizr » désigne un fardeau pesant (pluriel : « awzâr »), comme dans : « Ils portent leurs fardeaux sur leurs dos », c’est-à-dire le poids de leurs fautes. De là vient le mot « wazîr » (ministre), parce qu’il porte le poids du pouvoir.

Le pronom « ha » dans « ‘alay-hâ » renvoie à l’âme : aucune âme pécheresse ne sera prise à cause du péché d’une autre, au point que la mère rencontrera son enfant, le Jour de la Résurrection, et dira :
« Ô mon fils, mon giron ne fut-il pas pour toi un tapis ? Mon sein ne fut-il pas pour toi une gourde ? Mon ventre ne fut-il pas pour toi un réceptacle ? »
Il répondra : « Bien sûr, ô ma mère. »
Elle dira : « Ô mon fils, mes fautes m’écrasent ; porte donc de moi un seul péché ! »
Il dira : « Éloigne-toi de moi, ô ma mère ! Aujourd’hui, c’est déjà de mon propre péché que je suis accablé. »

أبو السوار العدوى وقرأ هده الْآيَةَ. " وَكُلَّ إِنسانٍ أَلْزَمْناهُ طائِرَهُ فِي عُنُقِهِ" قال: هما نشرتان وزيه، أَمَّا مَا حَيِيتَ يَا ابْنَ آدَمَ فَصَحِيفَتُكَ الْمَنْشُورَةُ فَأَمِّلْ فِيهَا مَا شِئْتَ، فَإِذَا مُتَّ طُوِيَتْ حَتَّى إِذَا بُعِثْتَ نُشِرَتْ. (اقْرَأْ كِتابَكَ) قَالَ الْحَسَنُ: يَقْرَأُ الْإِنْسَانُ كِتَابَهُ أُمِّيًّا كَانَ أَوْ غَيْرَ أُمِّيٍّ. (كَفى بِنَفْسِكَ الْيَوْمَ عَلَيْكَ حَسِيباً) أَيْ مُحَاسِبًا. وَقَالَ بَعْضُ الصُّلَحَاءِ: هَذَا كِتَابٌ، لِسَانُكَ قَلَمُهُ، وَرِيقُكَ مِدَادُهُ، وَأَعْضَاؤُكَ قِرْطَاسُهُ.، أَنْتَ كُنْتَ الْمُمْلِيَ عَلَى حَفَظَتِكَ، مَا زِيدَ فِيهِ وَلَا نُقِصَ مِنْهُ، وَمَتَى أَنْكَرْتَ مِنْهُ شيئا يكون فيه الشاهد منك عليك. [[سورة الإسراء (١٧) : آية ١٥]] مَنِ اهْتَدى فَإِنَّما يَهْتَدِي لِنَفْسِهِ وَمَنْ ضَلَّ فَإِنَّما يَضِلُّ عَلَيْها وَلا تَزِرُ وازِرَةٌ وِزْرَ أُخْرى وَما كُنَّا مُعَذِّبِينَ حَتَّى نَبْعَثَ رَسُولاً (١٥) قَوْلُهُ تَعَالَى: (مَنِ اهْتَدى فَإِنَّما يَهْتَدِي لِنَفْسِهِ وَمَنْ ضَلَّ فَإِنَّما يَضِلُّ عَلَيْها) أَيْ إِنَّمَا كُلُّ أَحَدٍ يُحَاسَبُ عَنْ نَفْسِهِ لَا عَنْ غَيْرِهِ، فَمَنِ اهْتَدَى فَثَوَابُ اهْتِدَائِهِ لَهُ، وَمَنْ ضَلَّ فَعِقَابُ كُفْرِهِ عَلَيْهِ. (وَلا تَزِرُ وازِرَةٌ وِزْرَ أُخْرى) تقدم في الانعام «١» . وقا ابْنُ عَبَّاسٍ: نَزَلَتْ فِي الْوَلِيدِ بْنِ الْمُغِيرَةِ، قَالَ لِأَهْلِ مَكَّةَ: اتَّبِعُونِ وَاكْفُرُوا بِمُحَمَّدٍ وَعَلَيَّ أو زاركم، فَنَزَلَتْ هَذِهِ الْآيَةُ، أَيْ إِنَّ الْوَلِيدَ لَا يَحْمِلُ آثَامَكُمْ وَإِنَّمَا إِثْمُ كُلِّ وَاحِدٍ عَلَيْهِ. يُقَالُ: وَزَرَ يَزِرُ وِزْرًا، وَوِزْرَةً، أَيْ أَثِمَ. وَالْوِزْرُ: الثِّقَلُ الْمُثَقَّلُ وَالْجَمْعُ أَوْزَارٌ، وَمِنْهُ " يَحْمِلُونَ أَوْزارَهُمْ عَلى ظُهُورِهِمْ «٢» " أَيْ أَثْقَالَ ذُنُوبِهِمْ. وَقَدْ وَزَرَ إِذَا حَمَلَ فَهُوَ وَازِرٌ، وَمِنْهُ وَزِيرُ السُّلْطَانِ الَّذِي يَحْمِلُ ثِقَلَ دَوْلَتِهِ. وَالْهَاءُ فِي قَوْلِهِ «٣» كِنَايَةٌ عَنِ النَّفْسِ، أَيْ لَا تُؤْخَذُ نَفْسٌ آثِمَةٌ بِإِثْمِ أُخْرَى، حَتَّى أَنَّ الْوَالِدَةَ تَلْقَى وَلَدَهَا يَوْمَ الْقِيَامَةِ فَتَقُولُ: يَا بُنَيَّ أَلَمْ يَكُنْ حِجْرِي لَكَ وِطَاءٌ، أَلَمْ يَكُنْ ثَدْيِي لَكَ سِقَاءٌ، أَلَمْ يَكُنْ بَطْنِي لَكَ وِعَاءٌ، ! فَيَقُولُ: بَلَى يَا! أُمَّهْ فَتَقُولُ يَا بُنَيَّ! فَإِنَّ ذُنُوبِي أَثْقَلَتْنِي فَاحْمِلْ عَنِّي مِنْهَا ذَنْبًا وَاحِدًا! فَيَقُولُ: إِلَيْكَ عَنِّي يَا أُمَّهْ! فإنى بذنبي عنك اليوم مشغول.
(١). راجع ج ٧ ص ١٥٥. (٢). راجع ج ٦ ص ٤١٣. (٣). يبدو هنا سقط لفظ وازرة بدليل ما بعدها.

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