Le premier récit est rapporté de lui par Ath-Thaʿlabî, et le second par Al-Mahdawî ; il sera d’ailleurs cité plus loin avec une chaîne remontant au Prophète.
ʿAlî – qu’Allâh l’agrée – ainsi que Qatâdah ont dit : par « l’effacement » (al-maḥw) l’on vise la tache noire qui se trouve sur la lune, afin que la lumière lunaire soit moindre que celle du soleil et que l’on puisse ainsi distinguer la nuit du jour.
« Et Nous avons fait de l’astre du jour un signe “voyant” (mubṣirah) » : c’est-à-dire que Nous avons rendu son soleil lumineux pour la vue.
Abû ʿAmr ibn al-ʿAlâ’ a dit : c’est-à-dire qu’on voit grâce à lui.
Al-Kisâ’î a dit : l’expression vient de la langue des Arabes : « le jour est devenu voyant » lorsqu’il s’éclaire et se trouve dans un état permettant de voir.
Il a également été dit que l’expression ressemble à leurs propos : « un homme mauvais corrupteur » lorsqu’il a des compagnons mauvais, ou « un homme affaiblissant » quand ses montures sont faibles ; de même on dit « un jour voyant » lorsque ses habitants sont clairvoyants.
« Afin que vous recherchiez une grâce émanant de votre Seigneur » : il s’agit d’aller et venir pour subvenir à vos moyens d’existence. Il n’a pas mentionné le repos nocturne, se suffisant de ce qu’Il a évoqué pour le jour. Ailleurs Il a dit : « C’est Lui qui a fait pour vous de la nuit un temps de repos et du jour (un temps) éclairant. »
« Et afin que vous connaissiez le nombre des années et le calcul » : autrement dit, si Allâh n’avait pas institué cela, on n’aurait pas distingué la nuit du jour, et l’on n’aurait ni compté ni calculé.
« Et toute chose Nous l’avons exposée d’une manière détaillée » : c’est-à-dire les préceptes de la charge religieuse, comme dans Sa Parole : « explication à toute chose », et : « Nous n’avons rien omis dans le Livre. »
D’après Ibn ʿAbbâs, le Prophète – que les prières et la paix d’Allâh soient sur lui – a dit :
« Lorsque Allâh eut achevé la création et qu’il ne restait plus qu’Adam, Il créa un soleil à partir de la lumière de Son Trône et créa une lune ; ils étaient alors tous deux des soleils. Celui qu’Il avait, dans Sa science antérieure, décidé de laisser soleil, Il le forma à la taille du monde, de son orient à son occident ; quant à celui qu’Il avait décidé de faire lune, Il le créa moins grand que le soleil. Mais ce n’est qu’à cause de la hauteur extrême du ciel et de leur éloignement de la terre que leur petitesse apparaît. Si Allâh avait laissé le soleil et la lune tels qu’Il les avait créés, on n’aurait pas connu la nuit du jour ; le salarié n’aurait pas su jusqu’à quand travailler, le jeûneur jusqu’à quand jeûner, la femme comment compter sa période d’attente ; on n’aurait pas connu les heures des prières et du pèlerinage ; les dettes ne deviendraient pas exigibles ; on ignorerait le moment de semer et de planter, et celui où l’on se repose pour délasser les corps. Alors Allâh porta un regard sur Ses serviteurs – Il est plus miséricordieux envers eux qu’eux-mêmes – et Il envoya Gabriel ; celui-ci passa son aile sur la face de la lune à trois reprises alors qu’elle était encore un soleil ; il en effaça la lumière et la clarté demeura. Voilà le sens de Sa parole : « Nous avons fait de la nuit et du jour deux signes… »